Un accueil des plus chaleureux pour Fred Pellerin

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Le troisième opus de Fred Pellerin, intitulé Plus tard qu'on pense, a reçu un accueil chaleureux lors de son lancement, hier à Montréal.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Montréal) «Un lancement, c'est la journée où l'on dit: vas-y, envole-toi, petit cd. C'est une journée où t'invites tout le monde que t'aimes et où tu ne vois personne...» C'est en ces termes que Fred Pellerin s'exprimait la semaine dernière en prévision du lancement de son troisième album Plus tard qu'on pense.

L'événement se tenait mardi au Centre Phi de Montréal et son portrait était assez juste. Ils étaient effectivement nombreux à s'entasser dans la salle, hier, là où il a offert six des douze pièces de son nouvel opus.

Là où sont débarqués tour à tour les paroliers David Portelance, Manu Trudel et Jocelyn Bigras, les amis France Beaudoin, Guylaine Tremblay, Marco Calliari et Marie-Chantal Perron, sans oublier la trentaine de personnes de Saint-Élie-de-Caxton qui s'étaient loués un autobus pour l'occasion.

Autant de gens qui profitaient du fait qu'il vaquait à ses mille et une entrevues pour parler joyeusement dans son dos. France Beaudoin, entre autres, adore la thématique du temps de son nouvel album.

«Mais moi, je peux déjà dire que je vais aimer son prochain», sourit-elle. «C'est un tel talent, c'est sa vision d'analyser le monde... On dirait qu'il n'est pas connecté à la même place que nous, qu'il traite l'information différemment. Il est de ces gens uniques qui réussissent à peaufiner exactement le don qu'ils ont, sans essayer d'être autre chose ou de faire parce qu'il faut faire. On ne sent jamais ça chez lui. Et ça dure.»

C'est justement sur le plateau de France Beaudoin que Guylaine Tremblay a rencontré Fred Pellerin, ce qui l'a incité à aller voir son show, raconte-t-elle. «Et pour moi, j'ai assisté à la naissance d'un grand, une espèce de mélange de Vigneault, de Deschamps, de tous ceux que j'aimais en une même personne.» Elle le suit fidèlement depuis. «J'ai son disque dans ma sacoche et j'ai juste hâte d'arriver chez nous pour l'écouter. Fred tombe pile à une époque ou on a tellement besoin d'authenticité. Je trouve que sa parole est essentielle. On n'est plus capable du monde faux. Je suis une fan à vie.»

Le Trifluvien Manu Trudel, qui a écrit sur tous ses albums, était une fois de plus ravi de la nouvelle version de sa chanson Unetelle, qu'il interprète lui-même depuis un bon moment. «C'est le fun de voir vieillir une toune dans la gueule de quelqu'un d'autre. Surtout quelqu'un qui a de la gueule», commente-t-il. «La chanson vieillit bien et je trouve qu'il est audacieux dans ses choix.»

À l'écoute de sa chanson Gens du vieux rêve, la dernière pièce interprétée mardi, Jocelyn Bigras s'est retrouvé touché. C'est son père qui avait écrit cette chanson il y a une cinquantaine d'années, dit-il. «À l'époque, il avait présenté ça à Pauline Julien», raconte-t-il. Jocelyn Bigras a écrit la musique et l'a lui-même interprétée en 1995, avant de l'envoyer à Fred Pellerin par courriel. «Personne d'autre que lui pouvait la chanter. Ça me touche encore. C'est la poésie de papa qui va voyager un peu plus avec Fred. C'est magnifique.»

Mardi, avant le début de la soirée, Fred Pellerin se disait rassuré par les réactions suscitées par son troisième album, rien toutefois pour atténuer un trac bien senti. «Insupportable», lance-t-il. Jusqu'à se sentir tout petit dans ce contexte. «Je suis un petit engin, moi là...», plaide-t-il. «Je suis un petit moteur, une petite tondeuse, pas un tracteur...»

C'est qu'il n'était pas fier du résultat obtenu en après-midi lors de sa pratique. En soirée, il a néanmoins brûlé les planches avec ses quatre musiciens, dont le réalisateur Jeannot Bournival, qui partageait tout à fait le trac de son ami, même si rien n'y paraissait.

«Le premier album (Silence), il était précieux, mais en même temps, on était vert un peu. C'est un monde a été fait un peu plus éparpillé et a donné une autre affaire. Celui-là, on l'a fait cet été, au rythme Pellerin. À notre beat.» Il ne s'en est pas moins mis de la pression, dit-il. «Les deux autres ont bien marché, fallait accoter. On veut se donner le droit d'en faire un autre. Mais là, on sent un bon buzz. On sent que c'est parti.»

Mardi, les six pièces ont charmé l'audience, sans surprise pour la gérante Micheline Sarrazin qui, en retrait, regardait évoluer son protégé des quinze dernières années. «Je suis fière, oui», dit-elle. «Je le suis depuis le moment où je l'ai rencontré. De l'humain d'abord et avant tout. Fred, c'est le même individu sur scène, avec moi, avec les autres et partout, mais l'homme a évolué. Il gagne en âge. C'est un Fred mature, maintenant, et c'est d'une grande beauté. Il m'émeut, en fait. Beaucoup.» Elle aime la finesse et la douceur de ses paroles et de ses prises de position.

«Plus il vieillit et plus je trouve qu'il est porteur de quelque chose de plus grand.»

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