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Le peintre Normand Boisvert fête 45 ans de carrière artistique

Le peintre trifluvien Normand Boisvert a temporairement installé... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le peintre trifluvien Normand Boisvert a temporairement installé ses quartiers dans un nouveau local, sur le boulevard des Forges, en attendant l'agrandissement de son atelier, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, qui viendra marquer ses 45 ans de carrière.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les amateurs qui connaissent l'atelier du peintre Normand Boisvert sur le boulevard Thibeau, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, sont sans doute surpris de le voir installé, bien que temporairement, sur le boulevard des Forges en face du centre commercial Les Rivières. Le peintre fête cette année ses 45 ans de carrière et il célèbre en procédant à un agrandissement de son atelier, ce qui explique sa présence temporaire dans un nouveau local.

Ce qui était une obligation s'avère une bénédiction puisque Normand Boisvert constate un achalandage exceptionnel dans cet espace qui profite d'une exceptionnelle visibilité. «Normalement, les acheteurs intéressés prennent spécifiquement rendez-vous et viennent à mon atelier mais les gens qui veulent simplement voir des oeuvres récentes osent moins le faire. J'ai donc l'impression de me rapprocher du public en venant ici et l'achalandage est inespéré», de commenter le peintre de 64 ans.

Un rapide calcul permet de conclure que Boisvert a débuté sa carrière à 19 ans et au cours de ses 45 ans de travail, jamais il n'a pris de pause prolongée. La peinture ne l'a jamais abandonné, ou vice-versa.

«Je suis incapable d'arrêter de peindre plus de deux semaines, calcule-t-il comme on constate une fatalité. Ça fait partie de ma vie. Je me lève et je vais dans mon atelier dès 5 heures le matin et je me lance. Pendant que je peins, plus rien n'existe, je ne réfléchis pas, je suis dans un autre monde.»

Chaque journée de boulot débute par la confection de ses couleurs, un processus qui peut prendre, à lui seul, 90 minutes. Et le lundi matin, tout aussi systématiquement, il entreprend un tableau de grand format, sa passion du moment.

«Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie des grands formats: des 36 par 48 pouces, par exemple, ou même plus. C'est plus dur physiquement mais je me sens bien dans les gestes très amples, dans l'énergie que ça exige. La peinture reflète qui je suis: c'est mon tempérament qui se manifeste dans mes tableaux. Ça peut me prendre deux ou trois jours pour compléter pareil tableau et après, je vais peindre de plus petits formats. En moyenne, je dois réaliser environ trois toiles par semaine.»

Quand on lui demande ce qui caractérise sa peinture aujourd'hui, après réflexion, il parle d'énergie, de lumière et de bonheur.

«On me reconnaît souvent par mes couleurs qui sont peut-être plus éclatantes et plus vivantes aujourd'hui. Quand je ne suis pas en forme, c'est simple, je ne peins pas. Ma peinture reflète le bonheur et quand les gens me disent que mes toiles leur font du bien, qu'elles les rendent heureux, et ça se produit souvent, c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire.»

Ce passionné des paysages québécois demeure toujours absolument fasciné par les formes et les couleurs qu'offre la nature. «Plus je vieillis, plus je suis émerveillé par les paysages de la Mauricie, de Charlevoix ou de l'Île d'Orléans, mes endroits de prédilection. J'y découvre constamment de nouvelles couleurs que je ne voyais tout simplement pas avant. Par exemple, depuis quelque temps, je suis subjugué par les verts. J'en découvre constamment de nouvelles nuances que j'essaie de reproduire en atelier.»

Il semblerait qu'il y arrive puisqu'il continue de plaire à de nombreux amateurs d'art, anciens et nouveaux. Du nombre, on retrouve des joueurs de hockey comme Raymond Bourque et Mario Lemieux qui a récemment acheté quelques toiles pour sa résidence de Mont-Tremblant. Dans les derniers jours, une avocate trifluvienne installée à New York, a fait l'acquisition de deux de ses paysages d'hiver pour sa résidence et son bureau.

Le peintre est représenté dans de nombreuses galeries: à Montréal, Québec, Baie-Saint-Paul, bien sûr, mais aussi huit galeries dans la grande région de Toronto, à Calgary, Vancouver, Boston, New York, Austin, au Texas. «La roue tourne bien pour moi, je suis chanceux. Il y a de la demande de la part de grosses galeries à New York et Los Angeles mais j'hésite: je ne veux pas être forcé de produire exclusivement pour elles au cours de la prochaine année. Je tiens à ma clientèle au Québec: je suis capricieux pour le choix de mes galeries et j'ai trouvé des endroits extraordinaires où je suis bien traité et où je veux rester.»

Après 45 ans de production, Normand Boisvert n'arrive toujours pas à distinguer la fin de son parcours. «Je veux peindre jusqu'à ma mort. J'ai besoin de ça pour vivre. Un jour, je ne sais pas quand, je vais arrêter de vendre moi-même des toiles et l'agence qui me représente, Dimension Plus, va acheter toute ma production pour en assurer la commercialisation. Je vais alors me contenter de peindre», raconte-t-il avec un petit sourire et une étincelle caractéristique dans la pupille.

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