Yves Duteil plus près que jamais de l'essentiel

Yves Duteil est de passage à la salle... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Yves Duteil est de passage à la salle J.-A.-Thompson ce dimanche.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si la maladie l'a stoppé en 2013, elle n'a plus aucune prise sur Yves Duteil et c'est un artiste en pleine forme qui s'en vient à la salle Thompson, dimanche. Et, pour quiconque en douterait, sachez qu'il en est à rien de moins que sa troisième tournée québécoise de 2014.

Duteil est venu cet été faire la tournée du Réseau des Organisateurs de Spectacles de l'Est du Québec, et il est revenu en septembre la terminer et faire la promotion des spectacles qu'il offre présentement dans certaines des plus grosses salles québécoises, incluant la salle trifluvienne.

Duteil serait venu plus tôt dans la foulée de la sortie de son dernier album, Flagrant délice, début 2013, mais ses médecins ont alors découvert chez lui une malformation cardiaque qui a nécessité une intervention chirurgicale majeure et un rigoureux programme de rééducation.

Ses activités professionnelles ont évidemment été interrompues mais sa tournée de spectacles tant en France qu'ici, n'aura finalement été que retardée. Il insiste d'ailleurs pour spécifier que sa santé est aujourd'hui excellente et qu'il n'a plus le moindre tracas de ce côté.

«Bien sûr, pareils événements changent les priorité, le regard, convient-il. Ça implique un recentrage des activités. Le fait d'avoir quitté la mairie de la commune où j'habite n'y est pas étranger. Je me concentre davantage sur l'essentiel. J'estime être plus un artiste qu'un élu politique.»

Duteil a occupé la mairie de la commune de Précy-sur-Marne, en banlieue de Paris pendant quelque 25 années en n'étant affilié à aucun parti politique. Il a même été lauréat d'une Marianne d'or, récompense remise aux meilleurs maires de France, en 1992.

«Je suis assez content de ce que nous avons réalisé pendant ces années. Nous avons pu protéger le territoire menacé par le développement et la spéculation immobilière de façon à conserver un poumon vert dans le secteur. Nous avons conservé la qualité de notre milieu de vie et ça me tenait à coeur. Ç'a été un parcours désintéressé mais passionné. Pour moi, la gestion de la cité, c'est imprimer quelque chose comme nos rêves aux lieux où on vit.»

En quittant son poste volontairement, le poète n'a pas renoncé à ses idéaux. «Vous savez, je pense que je peux peut-être avoir davantage d'impact sur le monde qui m'entoure en chantant. Une chanson ne peut pas changer le cours du monde, mais elle peut rassembler les gens. Les artistes peuvent offrir une image plus belle de la réalité. Vous savez, ce qu'il reste des temps passés, plus que des héritages politiques, ce sont des créations artistiques. La politique s'efface devant l'histoire. On ne retient de la grande époque de Venise non pas l'épouvantable dictature que ses dirigeants ont instauré mais ses trésors artistiques.»

Il dit devoir à Félix Leclerc, à qui il a rendu hommage au Festival d'été de Québec en juillet dernier, une certaine vision de l'engagement.

«Félix était quelqu'un de bienveillant mais déterminé. Il avait un regard généreux mais a combattu farouchement pour la protection de sa langue et de sa culture. Quand je l'ai rencontré, il a eu un effet profond sur moi sans le savoir. C'est après ça que j'ai écrit La langue de chez nous et, par la suite, plusieurs chansons engagées.»

Il ne renie en rien le style intimiste et tendre qui l'a rendu célèbre. «Il y a une grandeur dans ces chansons-là aussi, bien sûr. Les chansons d'amour, ce sont celles qui vont rester. Ce n'est pas pour rien que j'en écris encore beaucoup.»

Pour ce qui est de son spectacle trifluvien, il sera composé autant de ses classiques que de nouvelles chansons de son plus récent album.

«Ce sera 50/50, je dirais. Il y aura plusieurs chansons de Flagrant délice et même une chanson complètement inédite mais en même temps, il y aura de plus vieilles chansons que les gens aiment et connaissent bien. Ce sont des repères pourle public et j'aime encore les chanter. Par contre, je n'aimerais pas un spectacle qui soit un simple alignement de chansons du passé.»

«J'ai travaillé à construire un spectacle cohérent, fluide, où les chansons se suivent naturellement, par leurs tonalités, un certain style ou des messages. Ce n'est pas le choix qui manque puisque j'ai écrit plus de 200 dans ma carrière.»

Au nombre des chansons qu'il proposera aux Trifluviens, on retrouve Le temps passé, Naître, du dernier album, mais aussi Prendre un enfant par la main ou l'incontournable La langue de chez nous.

De quoi oublier pour un moment une certaine morosité ambiante qui marque aussi bien le Québec que la France, aux dires d'Yves Duteil, mais qui n'exclut pas l'optimisme.

Une crise générale qui a ceci de bon qu'elle peut nous pousser à revenir à l'essentiel.

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