Christianne Bélanger brille en Carmen

L'Orchestre symphonique de Trois-Rivières a offert une version... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'Orchestre symphonique de Trois-Rivières a offert une version concert de l'opéra Carmen de Bizet dimanche devant une salle Thompson comble.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La 37e saison de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières continue d'éblouir avec une programmation forte, mature et diversifiée. Après avoir revisité de magnifique façon le répertoire de Félix Leclerc en septembre, puis avoir exploré la culture russe en octobre, le troisième concert de la saison, dimanche après-midi, a livré une première sous la gouverne de Jacques Lacombe, soit la version concert de l'opéra Carmen.

Maestro Lacombe n'a jamais caché son penchant pour l'opéra. Il en dirige régulièrement au Canada et en Europe, et attendait l'occasion de pouvoir inclure à la programmation de «son» orchestre symphonique une version concert d'un opéra. Il a choisi Carmen, dans le ton de son automne justement consacré à la direction de cette oeuvre de Bizet, à Vancouver en septembre et à Berlin à la fin de novembre et au début de décembre.

Une «version concert» implique l'évacuation de la mise en scène (décors, costumes et interprétation théâtrale) pour mettre en vedette la partition musicale comme telle. Les musiciens sortent de la fosse pour se retrouver sur la scène, et les solistes incarnant les différents personnages les y joignent au moment où leurs voix sont requises.

Jacques Lacombe a privilégié une formule hybride entre le dépouillement total et l'opéra classique qui, de toute façon, ne pouvait se déployer à la salle Thompson. Le chef a maintenu un minimum d'entrées et de sorties de scènes et d'interactions entre les personnages, insufflant du dynamisme aux quatre actes. Cette animation minimale a permis d'éviter l'effet statique (ou même d'ennui) parfois perçu lors de concerts où les solistes restent assis, immobiles, les yeux dans le vague, en attendant leur tour.

Christianne Bélanger excellente

Jacques Lacombe a eu la très bonne idée de confier le rôle de Carmen à l'excellente mezzo-soprano Christianne Bélanger, que le public de l'OSTR avait pu connaître lors de la finale du concours annuel de l'orchestre en 2011 et lors du concert De l'opéra au Moulin rouge en ouverture de la saison 2012. Dimanche, Christianne Bélanger s'est distinguée d'abord par son talent vocal, mais également par son interprétation physique et dramatique du personnage, dans les limites d'une version concert.

À l'aise et crédible dans la peau de Carmen, la mezzo-soprano a joué son personnage avec justesse, sans excès, et on peut saluer sa diction toujours claire et compréhensible, un atout pas toujours parfaitement maîtrisé dans l'opéra et le chant lyrique en général. Évidemment, le fait que l'opéra de Bizet soit en français aide a priori à la compréhension, mais l'art de la prononciation en demeure un à greffer à celui des prouesses vocales.

C'est au néo-trifluvien Francesco Verrecchia que le rôle de Don José fut assigné. Doté d'une voix puissante et expressive, il a su faire honneur au personnage, particulièrement en deuxième partie de concert où son assurance a semblé s'affermir.

La soprano Monique Pagé et le baryton Pierre-Étienne Bergeron ont chanté Micaëla et Escamillo, alors que les autres rôles du scénario ont été interprétés par quatre membres de l'ensemble Vocalys, Louise Blanchette, Josée Martel, Jean-Marc Sigmen et Frédéric Larochelle-Martin. Le directeur musical de Vocalys et chef du Choeur de l'OSTR, Raymond Perrin, s'est même permis de se joindre à Jean-Marc Sigmen et Frédéric Larochelle-Martin pour un extrait, une apparition non annoncée dans le programme!

Le choeur de l'OSTR a une fois de plus livré la marchandise, démontrant sa versatilité - il peut aussi bien faire honneur au Messie de Haendel qu'à l'opéra Carmen de Bizet.

Petits bémols

Maestro Lacombe avait choisi de garder quelques extraits «parlés» dans sa version concert de Carmen. Bon choix pour faciliter davantage la compréhension de l'histoire... Mais plus de direction d'acteurs n'aurait pas nui pour rendre plus naturelles et moins récitées certaines répliques par certains interprètes.

Aussi, un peu de magie fut dissipée, pour moi, par le contraste entre les artistes qui connaissaient leurs pièces par coeur et les autres qui arrivaient sur scène avec leur cartable ou leur - trop gros - livre de partitions. Un peu de confusion découle de cette non-uniformité: assiste-t-on à une messe avec solistes (les cartables), ou à une répétition (on n'est pas tous prêts à 100%)? J'exagère, mais je soutiens que «le par coeur» est toujours plus séduisant pour le public, surtout quand le texte est en français...

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