De la peinture, forte comme la vie

La peintre Marie-Sol Saint-Onge présente sa toute première... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La peintre Marie-Sol Saint-Onge présente sa toute première exposition trifluvienne présentement et jusqu'au 3 janvier, dans le café du cinéma Le Tapis rouge.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans un coin du café que le cinéma Le Tapis rouge réserve à ses expositions d'art visuel, un dessin, le premier que Marie-Sol Saint-Onge a réalisé après avoir affronté la quadruple amputation consécutive à son combat contre la bactérie mangeuse de chair en 2012. Sur les murs autour, ses toiles réalisées depuis l'été dernier qui témoignent de sa nouvelle démarche artistique et d'une nouvelle vie.

Le parc d'amusement... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le parc d'amusement

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

La traversée... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.1

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La traversée

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

L'exposition s'intitule Contraste et elle sera présentée dans le lobby du cinéma trifluvien jusqu'au 3 janvier prochain.

«J'ai exposé précédemment grâce à l'humoriste Philippe Bond qui m'a invitée à présenter des toiles dans le quartier 10-30 à Brossard en parallèle du spectacle qu'il présentait, relate-t-elle. Mais une exposition qui a été conçue comme telle et surtout, présentée à Trois-Rivières, chez moi, c'est ma première. Pour moi, c'est tellement significatif de pouvoir montrer mes toiles aux gens d'ici, eux qui m'ont tant encouragée. Je suis vraiment très heureuse.»

Marie-Sol Saint-Onge était artiste peintre avant la maladie qui a emporté une partie de ses bras et de ses jambes. Ses nouvelles conditions de vie, qui n'ont en rien altéré son besoin viscéral de s'exprimer à travers la peinture, l'ont forcée à une autre vision: des toiles de petites dimensions plus conformes à ses limites physiques. Comme à quelque chose, malheur est bon, avec la contrainte est venue une nouvelle démarche.

«J'ai toujours peint, mais pour le compte des autres. Être confrontée à une toile blanche, faire des oeuvres individuelles selon mon inspiration, je me disais que je ferais ça rendue à la retraite; disons que la vie en a décidé autrement. C'est une approche complètement différente de ce que je connaissais. Je le fais strictement pour moi: j'ai même l'impression d'être égoïste! C'est nouveau de travailler à simplement exprimer les émotions qui m'habitent.»

Elle a choisi le titre de Contraste comme un reflet des toiles mêmes mais aussi de ce qu'est sa vie en montagnes russes émotionnelles. «Je goûte la vie comme jamais, j'apprécie les beautés dans le monde qui m'entoure. Je m'aperçois que mon existence est faite du contraste entre les beautés de la vie et les difficultés que j'affronte constamment.»

Sous-bois... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Sous-bois

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

L'ascension... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 2.1

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L'ascension

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Les toiles de l'artiste sont de composition simple, inspirées de la bande dessinée avec une évidente géométrie de base mais marquées aussi de formes précises et de dégradés qu'on imagine complexes à réaliser.

«J'a été surprise de voir que je pouvais encore faire des dégradés, comme avant. Par contre, j'utilisais beaucoup le fusil à peinture, ce que je ne peux plus faire. Mais j'ai découvert que je suis encore capable de les réaliser au pinceau, même en le tenant avec une pince.»

«Je me sens en mesure de m'exprimer pleinement, de peindre les toiles que je souhaite. Il n'y a que l'aspect de la dimension où je me sens limitée. Les grands formats que j'aimerais faire, j'en suis incapable parce que l'exercice de peindre est très exigeant musculairement. Les prothèses sont lourdes. Je vais revenir aux toiles de quatre pieds par quatre pieds un jour, mais il y a du travail physique à faire avant d'en arriver là.»

Singulière... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Singulière

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

L'observatoire... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 3.1

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L'observatoire

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Cette «première» exposition constitue une étape très importante pour l'artiste, un jalon essentiel dans sa démarche pour se réapproprier sa vie et son art. Elle souhaite qu'un jour, plus ou moins lointain, les gens puissent voir ses toiles et s'exclamer de plaisir avant même de savoir que celle qui les a réalisées n'a plus de mains.

«Ici, les gens me connaissent et ils sont conscients du symbole de résilience que représentent mes tableaux. Je sais qu'ils donnent de l'espoir à plein de monde et juste pour ça, je suis comblée. Peut-être qu'un jour, il y a des gens qui ne connaîtront pas du tout mon histoire, qui vont voir mes toiles et qui vont les trouver aussi belles que ceux qui me connaissent.»

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