Carmen en version concert

La soprano Monique Pagé...

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La soprano Monique Pagé

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La soprano Monique Pagé avait déjà chanté la Micaëla du Carmen de Bizet il y a 20 ans. Elle reprendra le rôle ce dimanche avec l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, mais dans une version concert où, sans l'artifice des décors et des costumes, la musique prendra toute sa place.

«En version concert, c'est plus confortable pour tout le monde. On a un contact de tous les instants avec le chef et les musiciens tandis que dans un opéra, les artistes sont toujours vers la salle et sont presque toujours en action», observe celle qui a incarné un grand nombre de personnages, de la Violetta de La Traviata à la Mimi de La Bohème en passant par la Donna Elvira de Don Giovanni et la Marguerite de Faust.

«La musique de Bizet est tellement fine, raffinée, subtile. La version concert permet de se concentrer sur l'essentiel. C'est tellement bien écrit! C'est de la grande musique, qui intègre des thèmes folkloriques. Dans la version opéra, les chanteurs bougent et dansent en plus de chanter. La version concert permet d'écouter tous les détails, autant le côté folklorique que le côté raffiné», ajoute la native de Québec qui a grandi dans le secteur Grand-Mère de Shawinigan.

Monique Pagé a étudié en Arts, lettres et théâtre au Collège Shawinigan et en traduction à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Parallèlement à ce cheminement pédagogique, elle avait entamé des études en chant au Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Elle a quitté la région à 20 ans lors de la fermeture de la classe de chant de l'établissement trifluvien, pour migrer vers le conservatoire de Québec.

Sans qu'on le lui demande, Mme Pagé ajoute spontanément son témoignage au tourbillon d'appuis à la cause des conservatoires en région. «Je suis un cas typique. S'il n'y avait pas eu un conservatoire à Trois-Rivières, je n'aurais pas pu entamer mes études. Le conservatoire m'a repêchée pendant que j'étais au Cégep de Shawinigan.»

À son tour, la soprano transmet ses connaissances et son expérience à la relève, en tant que professeur au Cégep Marie-Victorin. «L'enseignement permet de faire le point sur notre art, sur nos connaissances, de se redéfinir ailleurs que sur la scène. L'enseignement me permet de continuer à évoluer moi-même», indique la chanteuse qui travaille sur deux projets d'albums, un regroupant des mélodies de Debussy et Ravel avec le pianiste Martin Dubé, et un autre où elle montrera une autre facette de sa personnalité artistique en visitant le répertoire jazz français.

Un rêve pour Jacques Lacombe

Le directeur artistique et chef de l'OSTR Jacques Lacombe a dirigé Carmen à l'Opéra de Vancouver au début de l'automne et le dirigera de nouveau à l'Opéra de Berlin à la fin de novembre et au début de décembre. Depuis son arrivée au pupitre de l'OSTR, il a confié à plus d'une reprise qu'il rêvait de diriger une version concert d'un opéra à Trois-Rivières, et c'est ce qu'il fera ce dimanche à 14 h 30 à la salle Thompson.

«Dans un monde idéal, j'aimerais même présenter un opéra avec mise en scène à Trois-Rivières... Qui sait, peut-être que ce sera possible un jour avec l'amphithéâtre!», lance Maestro Lacombe, dont l'agenda est partagé entre la direction de concerts symphoniques avec ses orchestres du New Jersey et de Trois-Rivières (et d'autres, au gré des invitations), et les productions d'opéra avec plusieurs maisons d'Europe et d'Amérique du Nord.

Carmen compte parmi les opéras qu'il a le plus souvent dirigés. «La qualité musicale de l'oeuvre se tient d'elle-même. Musicalement, c'est d'une valeur indiscutable», commente-t-il en décrivant le concept de la version concert d'un opéra, où les chanteurs interprètent les pièces sans les aspects théâtraux de la mise en scène et avec l'orchestre qui prend place sur la scène et non dans une fosse.

«En version opéra, mon travail de conception et d'interprétation musicale est modulé en fonction de la mise en scène. Il faut trouver l'équilibre en fonction de ça. En version concert, on n'a pas à se concentrer sur la mise en scène. Et pour les musiciens, le métier d'accompagnateur demande une grande discipline et une souplesse. Il faut savoir écouter les chanteurs, respirer avec eux...», compare le chef.

Dimanche, Jacques Lacombe dirigera Christianne Bélanger dans le rôle de Carmen, le trifluvien d'adoption Franscesco Verrecchia dans celui de Don José, Monique Pagé en Micaëla et Pierre-Étienne Bergeron en Escamillo. Le choeur de l'OSTR aura été préparé par Raymond Perrin, et quatre membres de Vocalys (Louise Blanchette, Josée Martel, Jean-Marc Sigmen et Frédéric Larochelle-Martin) incarneront d'autres personnages plus secondaires.

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