Jardin Mécanique: musique, théâtre et ironie mordante

Le trio Jardin Mécanique dans toute la splendeur...

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Le trio Jardin Mécanique dans toute la splendeur de ses personnages. Les membres en sont, de gauche à droite: Francis Gagnon, Philippe Coulombe et Sylvain De Carufel.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La musique du groupe Jardin Mécanique a bien des accents metal et certains y verront une certaine provocation mais il ne faut assurément pas la prendre au premier degré.

Toute l'expression de ce groupe résolument hors du commun est marquée par l'ironie et une critique acerbe mais constructive du monde dans lequel nous vivons. Le public pourra en juger ce jeudi, 6 novembre, à 20 h à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan lorsque le groupe présentera la musique de son nouvel album, La Sinistre Histoire du Théâtre Tintamarre: Épisode 2.

Jardin Mécanique est composé de trois musiciens, tous Trifluviens d'origine: Philippe Coulombe, Sylvain De Carufel et Francis Gagnon. Le groupe est jeune, avec ses cinq ans d'existence, mais la complexité de sa démarche créative témoigne non seulement d'une ambition étonnante mais aussi d'une volonté solidement établie d'offrir un produit sophistiqué marqué par une qualité polymorphe.

Leur album véhicule une musique difficile à décrire à cause du fourmillement des idées et des influences. Le résultat emprunte autant à la musique classique, au rock progressif, qu'au rock metal, dans un tout débordant de sève et d'ironie mordante.

Il reste pourtant que c'est sur scène que le concept éclaté de Jardin Mécanique s'épanouit véritablement grâce à l'apport d'images diffusées sur écran géant et d'une mise en scène élaborée.

«Les côtés visuel et scénique sont très forts et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes adjoints les services de gens très qualifiés pour nous accompagner dans notre démarche, d'expliquer Philippe Coulombe. De notre côté, nous assurons la création musicale proprement dites mais c'est sur scène que notre démarche artistique prend tout son sens.»

Chacun des trois musiciens adopte un personnage issu de leur imagination mais nourri aussi de références multiples. Sorti d'un quelconque XIXe siècle britannique chacun représente des facettes innommables de l'être humain. Empruntant résolument au mouvement steampunk, Jardin Mécanique présente une vision un peu apocalyptique de notre monde.

«Nos personnages sont pathologiques et on les a imaginés dans l'Angleterre victorienne peut-être à cause du côté austère et rigide des moeurs d'une époque marquée par de grandes inégalités sociales qui a beaucoup de similitudes avec maintenant, finalement. Tout cela est présenté avec beaucoup d'ironie et une bonne dose d'humour.

Notre critique sociale n'est pas à prendre au premier degré: ce n'est pas un pamphlet. Nous portons un regard critique sur la machine économique qui nous bouffe tous mais nous nous inscrivons nous-mêmes dans cette machine parce que c'est de l'intérieur qu'on peut changer les choses.»

Il faut donc percevoir une vision positive et optimiste du monde dans ce projet théâtral et musical qui est fortement apparenté au rock progressif des années 70.

«Je suis un grand fan du rock progressif parce que mon père m'y a initié et c'est absolument vrai que la musique que nous faisons s'en rapproche, relate Philippe Coulombe. Les groupes qu'on associe à ce genre ne travaillaient pas en fonction de plaire au public mais de pousser le plus loin possible une démarche d'exploration musicale et nous sommes dans le même moule. On fait une musique sans compromis.»

Les arrangements musicaux de leurs pièces sont complexes et sophistiqués empruntant toutes sortes de voies comme la musique orchestrale qu'ils arrivent à transposer sur scène grâce àl'apport des bandes pré-enregistrées.

«On est allé chercher des spécialistes dans plusieurs domaines pour que le produit soit à la hauteur. Notre régisseuse nous suit en spectacle pour s'assurer que tous les effets visuels et sonores sont parfaitement synchronisés. Pour la mise en scène on a travaillé avec un metteur en scène de théâtre, Yannick Chapdelaine. L'album est la trame sonore du spectacle sur scène qui s'enrichit des images, des dialogues et d'interventions verbales de notre part», d'expliquer le musicien.

Pour en apprendre davantage sur le groupe, on peut consulter une série Web en 10 épisodes qui a été créée pour illustrer cette démarche. On peut la consulter sous l'onglet vidéos du site du groupe au www.jardinmecanique.com.

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