Les Chinois séduits par les Tireux d'Roches

Les Tireux d'Roches, sur la scène du Shanghai...

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Les Tireux d'Roches, sur la scène du Shanghai Arts Festival. Dans l'ordre, on aperçoit David Robert, Jeannot Bournival, Pascal Veillette, Denis Massé, Dominic Lemieux et Luc Murphy.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

Décidément, Les Tireux d'Roches sont en train de se bâtir une carrière internationale de plus en plus intéressante. Le groupe a désormais des agents en France, en Espagne, en Angleterre et au Canada anglais, sans oublier celle qui les occupe passablement ces derniers temps, leur agente chinoise Haiying Song, qui gère aussi la carrière du jazzman Yannick Rieu.

Du 15 au 26 octobre, c'est en suivant l'itinéraire que leur avait préparé cette agente que les six membres du groupe se sont produits dans cinq festivals et une salle de spectacle dans la région de Shanghaï, chaque fois devant des publics de 500 à 5000 spectateurs.

«On ne s'attendait pas à ce que ce soit tout le temps des événements majeurs. On a nous-mêmes été assez surpris», observe le leader et fondateur du groupe, Denis Massé. «Il faut dire que tout est démesuré, là-bas. Les affiches sont géantes, l'éclairage, la sonorisation, la publicité, tout est démesuré. Même sur scène, on a l'air tout petits à côté de leurs écrans géants.»

Les membres du groupe sont revenus dans la nuit de samedi à dimanche, assurés qu'ils auront plusieurs autres rendez-vous du côté de la Chine, d'autant plus que le gérant de la salle où ils se sont produits a eu un coup de coeur pour leur répertoire. Or, il s'adonne que cet homme est le président d'un réseau de diffuseurs qui compte 300 salles de spectacles, note Denis Massé. «La tournée devrait encore grossir en 2015.»

Le leader du groupe a appris quelques mots de mandarin, ce qui lui permet de parsemer ses prestations de petites formules ici et là devant le public chinois, mais le saxophoniste Luc Murphy, lui, connaît quelques rudiments plus élaborés qu'il réserve pour les fins de spectacle, ce qui leur vaut de belles ovations, rapporte Massé. «Autrement, on veut vraiment être identifiés comme de la musique canadienne française», dit-il.

Jusqu'à présent, les publics ne s'en plaignent guère. «Même s'ils ne comprennent rien, ils aiment nous entendre parler», note le chanteur. «Là-bas, ce sont toujours des prestations de 45 à 60 minutes et on utilise beaucoup notre matériel festif. Notre spectacle ne laisse personne indifférent.» À la fin d'une prestation, il n'est d'ailleurs pas rare qu'ils se retrouvent encerclés par des fans. «Les réactions sont étonnantes à la fin des chansons, et après les spectacles, ce sont les signatures et les innombrables prises de photos», sourit-il. «La Chine, c'est vraiment un monde parallèle. C'est difficile à comprendre tout cela.»

Évidemment, note Massé, tout leur matériel est en français, quoique pour la Chine, les paroles de leurs chansons sont traduites en mandarin par leur agente avant de passer à un examen, histoire de voir si certaines opinions politiques devraient être censurées.

Autrement, ils se sentent tout à fait libres, mais dans un contexte très différent d'ici, à savoir qu'en Chine, on ne retrouve ni alcool, ni itinérance. «La bière la plus forte qu'on a trouvée était de 2,5%», sourit Denis Massé. «Et on peut faire des kilomètres pour boire un café...»

Rappelons que les portes du marché chinois se sont ouvertes au printemps dernier, au moment où ils ont participé au «China International Music Industry Expo and Festival» de Pékin, un événement qui regroupait des diffuseurs de partout.

Or, dans l'ensemble, l'année 2014 aura été assez internationale pour Les Tireux d'roches, qui ont aussi été très bien accueillis dans une tournée européenne du 15 mai au 15 juin, le tout suivi cet été d'une tournée intéressante dans l'Ouest canadien, là où il y a un grand réseau de musique folk, note Denis Massé.

«Et en même temps, au Québec, on est un groupe qui ne remplit pas ses salles... Finalement, notre réseau n'est pas chez nous, il est ailleurs», en conclut-il. Cela dit sans amertume. «En cours de carrière, on trouve ça triste, mais à un moment, on fait la paix avec ça.»

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