Lazylegz visite les élèves de Keranna

Avec le ton qu'il emprunte et les prouesses... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Avec le ton qu'il emprunte et les prouesses qu'il présente, la conférence de Luca «Lazylegz» Patuelli est à la fois énergique et touchante.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le danseur Lazylegz était de passage à l'Institut secondaire Keranna, jeudi, pour y livrer sa conférence intitulée «Pas d'excuses, pas de limites», une petite heure dont on ne ressort pas indemne. Quelque 640 élèves étaient réunis pour l'occasion, des jeunes de tous les niveaux du secondaire qui, deux fois par année, sont conviés à une activité intitulée «Coeur-matin». Celle de jeudi suscitait de fort belles réflexions.

Luca «Lazylegz» Patuelli est ce garçon de 30 ans qui s'est fait danseur professionnel malgré une arthrogrypose qui lui a valu seize chirurgies au cours des 17 premières années de sa vie et qui le laisse aujourd'hui avec une barre de métal dans le dos et aucune force dans les jambes. Voilà pourquoi il doit s'aider de prothèses et de béquilles pour se déplacer, se mouvoir et danser, ce dont il ne se prive certainement pas, comme on a pu le constater jeudi.

Plusieurs ont peut-être découvert cet artiste à l'émission Tout le monde en parle l'hiver dernier, lui qui avait aussi gagné le plateau de l'émission américaine The Ellen DeGeneres Show. Jeudi, c'était au tour des jeunes Trifluviens de constater à quel point il n'est pas question pour lui de laisser sa condition physique affecter son moral, encore moins ses passions.

Au cours de sa vie, Luca a pratiqué la natation, le plongeon, l'escalade, l'équitation, le ski et le skateboard. Pour cette dernière discipline, il utilisait ses genoux et ses bras de manière assez efficace, jusqu'à devenir un espoir en la matière. C'était avant qu'il subisse une opération qui lui a permis de déplier ses jambes, de gagner trois pouces de hauteur, mais qui l'a obligé aussi à délaisser le skateboard. C'est à ce moment qu'il a adopté la danse, une autre discipline qu'il a apprivoisée à sa manière, avec succès.

Pour cet artiste, il n'y a aucune limite à une passion si on la pratique à sa manière. C'est cette idée qu'il propage aujourd'hui via une conférence basée sur son histoire, oui, mais qui présente aussi les prouesses qui font foi de sa détermination, certains mouvements ayant été réussis qu'au bout de 12 ans d'essais.

Jeudi, pour la première fois, il était accompagné de deux autres danseurs professionnels, faisant de sa conférence un événement musical, festif et interactif. Les trois hommes ne se sont d'ailleurs pas gênés pour entraîner cinq élèves avec eux, les incitant à franchir leurs propres limites sur le plancher de danse. Le tout est fait avec tact pour que tous en ressortent gagnants.

Cela dit, entre deux prouesses, la conférence de Lazylegz est faite avec une douceur, une simplicité et une tendresse qui font de lui un être drôlement attachant, d'autant plus qu'il est assez intelligent pour éviter le ton moralisateur.

En fin de rencontre jeudi, il a néanmoins touché quelques cordes sensibles en présentant une vidéo diablement touchante portant sur un parcours de 2,5 kilomètres qu'il a effectué cet été sans prothèse ni béquille, un exploit qui lui a causé bien des difficultés et autant de douleurs, mais dont il est fier. «C'est l'un de mes plus grands accomplissements», dit-il, «parce que même si mes jambes vibraient, que je n'avais plus de contrôle sur eux et que je voulais quitter, je n'ai pas lâché.» Son rêve étant celui de marcher, il va marcher chaque année, tentant d'aller plus loin d'une fois à l'autre, se promet-il. À sa manière.

Au sortir de la conférence, les élèves se montraient admiratifs. «Ça nous apprend qu'il ne faut jamais lâcher dans la vie» note Dylan. «Quand tu vois quelqu'un qui réussit à surmonter ses limites comme lui, t'es portée à réfléchir», renchérit Kassandre.

«Il parle beaucoup de ne pas lâcher et je crois qu'il a raison», observe Marie-Anne. «Des fois, tout le monde rit de nous et on veut s'en aller, mais il faut rester.»

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