Des nouvelles de Jean-Paul Beaumier

Le Trifluvien d'origine Jean-Paul Beaumier était de retour... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le Trifluvien d'origine Jean-Paul Beaumier était de retour dans sa ville natale récemment, le temps d'y présenter son nouveau recueil de nouvelles, publié dans la collection Écarts des Éditions Druide.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Trifluvien d'origine Jean-Paul Beaumier était de retour dans sa ville natale dernièrement, histoire d'y présenter son cinquième recueil de nouvelles, un bouquin qui offre dix-sept brèves histoires livrées dans un heureux alliage d'humour et de tendresse.

Le recueil s'intitule Fais pas cette tête, une ligne que pourraient bien s'échanger les personnages entre eux au beau milieu de ces univers souvent surprenants. Or, la ligne pourrait tout autant s'adresser au lecteur qui risque de sourciller ou de sourire en coin à maintes reprises au fil de sa lecture.

L'auteur a choisi son titre en considérant ces deux aspects, entre autres. «Plusieurs de mes nouvelles oscillent entre le rose et le gris de la vie. C'est ma manière de dédramatiser les choses», dit-il. Autant d'épisodes qu'il décrit avec finesse tout en conservant une écriture limpide qui crée son effet.

En peu de mots, Jean-Paul Beaumier nous entraîne sur des sentiers où les destins de ses personnages s'apprêtent à prendre une nouvelle tournure, là où la vie d'un personnage atteint un point de rupture, pour le meilleur ou pour le pire. «Je suis attiré par les instants souvent fragiles»,plaide-t-il.

Entre ses pages, on visite l'état d'esprit de cette fillette qui refuse de se faire percer les oreilles, le destin de cet homme dont la voiture refuse de démarrer, de cet autre qui prendra rendez-vous chez un médecin ou du voisin qui se retrouve exaspéré devant la proximité des gens d'à côté.

Dans la majorité de ses mondes, il surprend ses lecteurs, les déjoue au passage. «Les gens entrent dans un univers et quand ils ouvrent une porte, ils ne peuvent pas savoir ce qu'ils vont y trouver», note-t-il.

De la nouvelle, il apprécie ce souffle court et direct, cette possibilité de jouer avec le rythme, de varier les sujets et leur traitement. Ce genre lui permet d'aller directement au fond des choses et de brosser des personnages à grands traits, ajoute-t-il.

L'inspiration fait une grande part du travail. «Les mots appellent les mots, les phrases appellent les phrases. L'important, c'est l'étincelle de départ. Par la suite, il faut faire confiance aux mots et s'abandonner.»

Enfin, ce n'est qu'après avoir écrit un certain nombre de nouvelles qu'un thème commun se dégage de son travail. Et à cet égard, il fait résolument confiance à l'exercice. Pour Jean-Paul Beaumier, un recueil de nouvelles n'est pas qu'une simple addition de textes. Au Canada anglais et en Amérique latine, la nouvelle est plus populaire qu'au Québec, observe-t-il, quoiqu'un petit regain semble poindre ici aussi. Cette forme correspond d'ailleurs tout à fait à l'époque actuelle, où l'on tend de plus en plus vers les formules courtes, analyse-t-il.

Pour sa part, le nouvelliste n'en a certes pas fini avec ce genre. Sur sa table de travail, il a déjà un autre recueil en chantier, parmi d'autres projets, de beaux moments en vue maintenant qu'il a du temps devant lui. Il y a trois ans, il a pris une pause professionnelle qui lui permet désormais d'écrire à temps plein.

Les marges de l'écriture

Jusqu'en 2011, l'homme avait toujours écrit en marge de sa vie professionnelle, lui qui a enseigné le français en Louisiane, puis la littérature et la linguistique pendant une année au Cégep de Trois-Rivières, avant de devenir terminologue à l'Office québécois de la langue française. Au cours des 15 dernières années, il occupait le poste de secrétaire de la Commission d'évaluation des programmes d'enseignement au niveau collégial.

Aujourd'hui, il réorganise sa vie autour de la littérature et de l'écriture avec un plaisir évident. L'homme propose ce nouveau recueil de nouvelles après avoir passé huit années sans avoir publié. Jusqu'à ce qu'il rencontre une connaissance, événement qui lui a d'ailleurs inspiré La lectrice, titre de la première nouvelle de son bouquin.

C'était à la sortie d'un spectacle. Une femme lui avait lancé qu'elle allait le lire bientôt. Dans sa nouvelle, l'homme vit le même événement, et n'a rien écrit depuis dix ans, ce qui déclenche un petit vertige en lui... «L'étincelle de départ et le texte sont très près, cette fois», sourit-il, ajoutant que dans ce contexte, le titre Fais pas cette tête aurait pu aisément s'appliquer à lui.

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