Voyage dans un autre monde

Présentées dans la sobriété d'une formule en trio,... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Présentées dans la sobriété d'une formule en trio, les chansons de Loreena McKennitt n'ont en rien manqué d'intensité, bien au contraire, dans le cadre du spectacle qu'elle présentait mardi soir à la salle Thompson.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y avait à peine deux ans que la grande Loreena McKennitt était venue à Trois-Rivières. Elle avait alors rempli la salle Thompson et ses mille sièges. On peine désormais à emplir les salles et mardi soir, elle s'est produite devant 750 personnes, un chiffre tout ce qu'il y a de respectable dans les circonstances, une foule enthousiaste et comblée à en juger par les réactions à la musique intemporelle de la rousse dame.

La formule privilégiée pour ce spectacle intitulé The Stories Behind the Songs est un retour à la simplicité avec une formation à seulement trois musiciens au lieu des six du spectacle précédent. Nul n'y a perdu, les riches arrangements et surtout, l'âme insufflée aux instruments par leurs interprètes, compensant amplement pour les moins nombreux musiciens. La soliste était accompagnée de son guitariste Brian Hughes et, on a envie de dire surtout, de la flamboyante violoncelliste Caroline Lavelle, des complices de toujours. Si la guitare de Hughes s'est, le plus souvent, contentée d'être atmosphérique pour offrir un soutien à l'ensemble, c'est le violoncelle qui a pris la place de choix, mené avec passion et une troublante chaleur par une très belle interprète.

La musique de Madame McKennitt n'a, en supplément, besoin que de sa voix exceptionnelle et de ses délicats accompagnements au piano ou à la harpe troubadour pour prendre toute son intensité. À aucun moment au cours de la soirée n'a-t-on eu l'impression d'un quelconque vide à combler. Au contraire: il semblait que ce soit dans ce relatif dénuement que les chansons pouvaient atteindre à leur pleine grandeur, à toute leur puissance émotionnelle. Peut-être parce que les arrangements portaient la voix de la chanteuse plutôt que de l'ensevelir et que chaque instrument se révélait.

Il convient d'ailleurs de mentionner que le son était particulièrement bien dosé, extrêmement agréable et révélateur de l'essentiel: l'émotion portée par de très beaux instruments.

Que dire de Loreena McKennitt? si ce n'est que le temps n'a toujours pas trouvé le moyen de trahir sa voix, aussi pure et expressive qu'elle l'a toujours été. Une voix unique, chaude dans de constants aigus très ronds qui, pourtant, ne sont jamais stridents. Cette voix si expressive dans ses savantes successions de puissance et de douceur qu'elle véhicule à elle seule un côté profondément onirique qui confère mystère et magie à cette musique celtique.

L'idée du spectacle était de permettre à Mme McKennitt de parler davantage que dans les spectacles passés de l'origine de ses chansons, de ses voyages, de l'histoire de l'Irlande qui a inspirée plusieurs de ses chansons. L'idée n'est pas mauvaise, loin de là, mais il faut bien admettre que les interventions étaient inégales, certaines anecdotes justifiant assez mal la proposition d'ensemble. Par contre, l'idée s'est avérée lumineuse en fin de première partie quand une portion du spectacle a été consacrée à la famine qui a ravagé l'Irlande au milieu du XIXe siècle forçant l'émigration de millions d'habitants pendant que des millions d'autres périssaient. Les textes récités par Loreena McKennitt dont des poèmes de William Butler Yeats ont offert un touchant écho aux chansons. Le moment fut d'autant plus fort qu'on a fait allusion à Grosse Île, dans le Saint-Laurent, qui servit de lieu de quarantaine pour des milliers de nouveaux arrivants irlandais au Canada.

Bien au-delà des considérations sur la formule du spectacle, le public était venu se repaître de rêves celtiques et de musique envoûtante offerte par des interprètes remarquables et habités en parfait contrôle de leur don. Un véritable enchantement.

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