CHRONIQUE

Le ton Ebola

Le virus Ebola a suscité une couverture médiatique... (Associated Press)

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Le virus Ebola a suscité une couverture médiatique soutenue.

Associated Press

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Éric Langevin
Le Nouvelliste

Dans un reportage journalistique, il y a le contenu, élément essentiel de l'intérêt pour une nouvelle, mais il y a aussi le ton. Cela se remarque particulièrement depuis deux semaines dans le dossier du virus Ebola. Selon qu'on consulte un média ou l'autre, le ton donné fait toute la différence sur la perception que nous aurons de la crise qui sévit actuellement.

Cette fin de semaine, j'ai vu Sophie Langlois au Téléjournal de Radio-Canada qui se trouvait à Conarky, en Guinée, l'un des foyers du virus Ebola. Elle était au centre d'un marché de la capitale, relatant d'un ton calme les moyens pris par les autorités locales pour contrer le virus qui a fait 85 morts dans la ville jusqu'ici. Malgré tout, la journaliste rapportait qu'il se vivait une «peur, mais pas de psychose».

En contrepartie, à TVA, on nous a présenté dimanche soir un reportage sur deux Québécoises passagères d'un bateau de croisière sur lequel séjournait aussi une infirmière d'un hôpital du Texas qui a traité le cas d'un patient atteint par le virus Ebola. On notait que l'infirmière visée avait eu de la fièvre et avait été sommée de rester isolée dans sa cabine.

Or, cette fois, le ton de narration du journaliste était diablement plus dramatique que celui de Sophie Langlois. On parle pourtant ici d'un cas hypothétique - finalement négatif après analyse - mais il ne se gênait pas pour utiliser des expressions comme «périple angoissant» ou «calmer la panique».

Aux États-Unis, les réseaux américains ne ménagent pas les épithètes pour parler de cette crise. Certaines salles de nouvelles ont même mis sur pied un pupitre dédié uniquement à l'Ebola, mais pour ses impacts en sol américain. Rarement on évoque la situation en Afrique où on dénombre pourtant plus de 4000 morts.

Il existe donc le ton Ebola et les journalistes doivent savoir adopter le bon.

Après analyse non scientifique, on dirait que plus on est loin du véritable drame, plus on se sent obligé d'adopter un ton dramatique pour retenir l'attention. Personnellement, cela a l'effet contraire.

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