Mégapixel: un festin pour les yeux

Mario Cyr a pris part à 130 productions... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Mario Cyr a pris part à 130 productions documentaires dans 54 pays.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La 4e édition de Mégapixel, au Centre des arts de Shawinigan, présentée cette année sur le thème de l'eau, est un véritable festin pour les yeux. Il s'agit en fait d'un regroupement de sept expositions photographiques, les deux principales étant celle du photographe plongeur Jean Bruneau qui illustre la faune colorée des fonds marins tropicaux des quatre coins du globe et celle du cameraman Mario Cyr, cinéaste de plusieurs expéditions du célèbre voilier Sedna IV et l'un des six spécialistes au monde des prises de vues sous-marines en eaux froides.

Les photographies, pour certaines, ont été extrêmement difficiles à réaliser. Par exemple, pour réussir l'une d'elles, illustrant une jolie crevette rose et violette, Jean Bruneau a dû prendre pas moins de 800 clichés et n'en a réussi que cinq.

Du côté de Mario Cyr, capturer des images sous-marines en eaux très froides est devenu une façon de plaider pour la survie des écosystèmes planétaires et du même coup, pour la survie même de l'humanité.

Mario Cyr, qui a parcouru les eaux et les glaces de l'Arctique et de l'Antarctique pour le National Geographic, Disney, la BBC et le Sedna IV afin de documenter l'état de l'environnement, ne cache pas son inquiétude face à l'état de la planète bleue.

S'il filme et photographie les beautés de la nature dans les zones polaires et partage ses images par le biais de documentaires et de conférences, c'est dans l'espoir, dit-il, de déclencher des réactions. Peut-être qu'en les voyant, espère-t-il, «les gens vont dire qu'il ne faut pas se séparer de ça.»

«Au début, vers 2002, 2003, quand j'étais à bord du Sedna IV, j'avais donné une conférence dans les écoles en disant qu'il ne faut pas faire ceci ou cela. Or, j'ai changé complètement de discours parce que j'ai vu que j'avais énormément plus de succès et d'écoute en montrant que ce que j'ai vu, c'est beau. Et là, ce sont les gens qui me disent qu'on ne peut plus faire ci ou cela, que les animaux vont disparaître, etc. J'ai l'impression que le discours est 100 fois mieux», dit-il.

«Avant, j'aurais tapé sur les grandes organisations mondiales, les pétrolières qui font encore énormément de pollution. Ça n'a pas changé, mais j'aime mieux plutôt dire que chacun d'entre nous est capable de faire sa petite part», fait-il valoir. «J'ai l'impression que j'ai beaucoup d'écoute de cette façon-là», analyse-t-il.

Pourtant, Mario Cyr aurait beaucoup de choses infiniment tristes à montrer, comme des ours polaires qui abandonnent deux de leurs trois petits parce qu'un nombre croissant de femelles manquent de nourriture, donc de lait pour nourrir leurs oursons, conséquence des brusques changements climatiques. Il a vu des ours polaires tachetés de brun et des ours grizzlis tachetés de blanc, des «pizzlis» comme les surnomment les biologistes, un croisement naturel qui vise la survie de l'espèce menacée par la fonte des glaces.

Pratiquer le très rare métier de cinéaste en eaux froides signifie que Mario Cyr n'est pas souvent à la maison pendant des semaines, voire des mois de temps. «Mais je me suis toujours dit que c'était comme une mission. C'est ce que j'adore faire. Mes enfants sont nés dans ça. J'ai eu souvent des doutes que j'ai manqué beaucoup de choses dans leur vie. Mais ils me disent: "Tu partais. On savait que tu allais revenir et au lieu d'avoir des histoires de Petit Chaperon rouge on aurait des histoires d'ours.''»

L'acceptation familiale de son métier très particulier a fait en sorte que des opportunités exceptionnelles se sont présentées. «En 1991, le National Geographic m'a appelé pour tourner des images de morses. Jamais personne ne l'avait fait du côté de l'Arctique», dit-il. «J'ai été le premier.»

Outre les images saisissantes de Mario Cyr et de Jean Bruneau, Mégapixel présente aussi l'exposition des photos de Jean-François Leblanc, intitulée Thingyan et composée de 24 images de la grande fête de l'eau birmane.

La société d'histoire Appartenance Mauricie se joint à l'événement en regroupant des photographies historiques de Shawinigan sous le thème «Histoire d'eau». Le Club de photo mauricien présentera aussi une exposition de son cru, de même que Geneviève Trudel qui décrit en images le milieu des affaires de Shawinigan.

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