Valérie Blais apprivoise son statut d'humoriste

Valérie Blais sera au Théâtre du Cégep de... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Valérie Blais sera au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières le samedi 18 octobre, à titre d'humoriste cette fois. L'actrice demeure toutefois pas trop loin, elle qui a tourné récemment dans le prochain film de Léa Pool, La passion d'Augustine.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Valérie Blais se sent sur son «X». Celle qui a tant foulé les planches au théâtre se fait présentement un doux plaisir en proposant son tout premier spectacle d'humour. L'idée a jailli il y a quatre ans, le contenu est présenté en période de rodage à travers le Québec depuis le mois de mars dernier et l'artiste livrera le tout le 18 octobre au Théâtre du Cégep, à Trois-Rivières.

Pour la comédienne, l'exercice a beau être emballant, il n'a pas été sans un certain vertige au départ. L'idée de se jeter dans le vide pour tester son matériel devant le public lui a demandé une certaine résignation. Il lui a d'abord fallu accepter le fait qu'en humour, le spectacle se construit aussi sur scène.

«Je pensais que j'irais en prison», lance-t-elle. «Je suis habituée de répéter pendant 150 heures dans un local. J'avais l'impression de tromper les gens, de mentir à tout le monde. Pour moi, ça ne se faisait pas.» Sa vision du métier s'est toutefois transformée. Graduellement, elle a pris ses aises, son spectacle est passé de 50 minutes à deux heures avec entracte, et elle a aimé.

Ce nouveau statut sur scène lui sourit. Valérie Blais ne s'en cache pas. À 46 ans, elle se voit bien davantage vieillir en humour que sous son chapeau d'actrice, quoiqu'elle ne renie pas pour autant son premier métier, qu'elle poursuivra avec plaisir d'ailleurs.

Mais il y a plus. Comme comédienne, Valérie Blais a toujours connu bien davantage des rôles de soutien, ceux qui font avancer l'histoire, sans avoir le plaisir de provoquer l'émotion, ce qui est plutôt réservé aux premiers rôles, explique-t-elle.

«Je n'ai pas fait beaucoup de lead, mais j'ai un tempérament de lead, une soif de lead», confie-t-elle, notant qu'à la longue, elle s'est sentie limitée. «Trop contrainte, trop confinée à répondre à des demandes qui ne correspondaient pas à ce que j'avais envie de dire», observe-t-elle.

Aujourd'hui, elle s'en donne d'autant plus à coeur joie. En humour, Valérie Blais visite les thèmes de la maternité tardive, de l'embonpoint, du bénévolat ou des générations. Elle prend un grand plaisir à faire rire les gens, ce qui, au bout du compte, répond d'ailleurs à un réel besoin au sein de la société, observe-t-elle.

Au fil de ses tournées au théâtre, il lui est arrivé souvent de faire beaucoup de route pour jouer devant 200 personnes alors qu'au même endroit, la veille, un humoriste en avait attiré quelque 700. «Je pense qu'aujourd'hui, on est dans une austérité économique, dans une époque où les cancers se multiplient, ce qui fait que les gens ont besoin d'oublier», estime-t-elle. «Quand tu ris, tu oublies, autant que quand tu éternues, tu peux oublier que ta mère est morte», image-t-elle.

Elle savait qu'elle pouvait émouvoir, elle sait aujourd'hui qu'elle peut provoquer les rires. «À mon goût à moi, c'est une coche de plus parce que tu as vraiment le sentiment de faire du bien aux gens», dit-elle. «J'aime beaucoup les gens. L'humain, les rencontres, c'est ce qui m'intéresse d'abord et avant tout.»

Au chapitre de ses heureuses rencontres, elle souligne notamment l'entourage qu'elle s'est donnée pour ce spectacle, soit Josée Fortier à la mise en scène et Marie-Andrée Labbé aux textes. Mais encore, comme sa metteure en scène devait aller travailler outre-mer au moment où elle a amorcé sa période de rodage, Valérie Blais a demandé à son ami de toujours, le comédien Éric Bernier, de prendre sa relève pendant cette absence. Il est devenu en quelque sorte l'assistant de Josée Fortier, dit-elle. «Des fois, Josée parle dans le langage des variétés et Éric a un langage du théâtre alors il me fait la traduction», dit-elle.

Comme humoriste sur scène, elle a appris tranquillement à désapprendre, à commencer par sa diction. «Je voulais toujours bien prononcer alors que Josée me disait qu'on s'en crissait que les choses ne soient pas dites correctement!», donne-t-elle en exemple, sourire en coin.

Depuis mars, non seulement elle a appris, mais elle présente aujourd'hui un calme assez impressionnant. Une parure seulement, s'empresse-t-elle toutefois de préciser. N'empêche que le trac n'a pas vraiment d'emprise sur elle. «Vomir avant d'entrer en scène, je trouve que ça ne vaut pas la peine. C'est toujours bien juste un spectacle!», raisonne-t-elle.

À cette intonation, on reconnaît illico la Valérie de Tout sur moi, dont le trio est toujours aussi proche en amitié. «Vous ne nous entendez plus, mais nous, on continue!», sourit-elle. D'ailleurs ce personnage d'exaspérée, elle le reprend ici et là dans son spectacle d'humour, tout en prenant soin de doser l'agressivité, dit-elle.

À cet effet, elle note que l'affiche de son spectacle est très révélatrice. On la voit douce et souriante avec, à sa main, un gant de boxe. «Tout est dans l'élégance, mais au besoin, je fesse!»

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