Point final aux fouilles à Odanak

Étudiants en archéologie, Coralie Dallaire-Fortier et Simon Picard... (Photo: Musée des Abénakis)

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Étudiants en archéologie, Coralie Dallaire-Fortier et Simon Picard ont assisté Geneviève Treyvaud sur le chantier de fouilles archéologiques du Musée des Abénakis cet été.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Odanak) «On a fait le tour de l'occupation abénakise sur le site et on va pouvoir bien la documenter, en faire une bonne synthèse», conclut l'archéologue Geneviève Treyvaud au terme du quatrième chantier de fouilles visant à localiser un village fortifié érigé au début du XVIIIe siècle aux abords de la rivière Saint-François.

Un sceau de ballot de fourrure portant l'étampe... (Photo: Musée des Abénakis) - image 1.0

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Un sceau de ballot de fourrure portant l'étampe du roi a aussi été découvert, témoin du phénomène de la traite des fourrures.

Photo: Musée des Abénakis

Une carte tracée par Jacques Levasseur de Néré datée de 1704 témoignait de la présence d'un fort à l'emplacement actuel du Musée des Abénakis à Odanak. D'autres documents indiquaient la destruction du fort par des troupes britanniques menées par le major Rogers en 1759.

Après les sondages de 2010, trois chantiers de recherches archéologiques répartis sur autant d'étés ont confirmé l'existence du village. Des traces de pieux, de poteaux et de piquets ont révélé le contourd'une palissade, et une foule d'artéfacts ont ajouté à la documentation matérielle de l'occupation du site.

Cet été, un des objectifs était de déterminer l'axe est-ouest de la palissade dont une partie du contour avait préalablement été observée.

«On avait retrouvé une concentration de poteaux l'an dernier sur le bout sud-ouest de la palissade. Il nous manquait la partie qui allait vers l'est. On a retrouvé un alignement de quatre poteaux est-ouest», raconte Mme Treyvaud, en précisant que les pieux ont plus de 25 cm de diamètre et sont situés à plusieurs mètres d'intervalle, tandis que les poteaux (de 18 à 25 cm) se trouvent entre les pieux, et que les piquets (moins de 18 cm) sont généralement utilisés pour la structure de la maison longue, par exemple.

En parlant des poteaux, Mme Treyvaud précise que l'analyse radiocarbone de restes d'une dizaine de poteaux carbonisés ont situé leur origine à entre 1570 pour les plus vieux et 1830 pour les plus récents, plus ou moins 30 ans pour chacune de ces années.

L'archéologue et son équipe s'intéressaient aussi aux activités domestiques des occupants du fort. L'étude de deux types de «zones artisanales» a confirmé d'une part le travail du métal par les Abénakis et d'autre part, celui du traitement et de la décoration des peaux. Pour ce volet de la recherche, c'est la multitude d'artéfacts retrouvés dans le processus de fouilles qui a permis d'appuyer la théorie.

L'été dernier, on avait surtout documenté le travail du métal, notamment en découvrant des items traditionnels autochtones fabriqués à partir du recyclage de métaux européens comme celui tiré de chaudrons, par exemple. Cet été, on s'est davantage intéressé à la zone artisanale dédiée au traitement des peaux. Grattoir, alène et aiguilles ont été retrouvés avec plusieurs perles décoratives. Un sceau de ballot de fourrure portant l'étampe du roi a aussi été découvert, témoin du phénomène de la traite des fourrures.

Par ailleurs, plusieurs pierres à fusil se sont dévoilées à l'extérieur des limites du fort comme tel, ce qui serait cohérent avec l'existence d'un chemin de garde entourant le fort.

C'est donc ainsi que se termine le projet Fort d'Odanak: le passé revisité, géré par le Musée des Abénakis et rendu possible grâce aux contributions des gouvernements. Les archéologues Geneviève Treyvaud et Michel Plourde ont dirigé les travaux et rédigeront le rapport final documentant le tout, dans une optique de vulgarisation particulièrement via le Musée des Abénakis.

Les Abénakis qui auraient vécu au fort d'Odanak seraient remontés de la Nouvelle-Angleterre, principalement du Maine et du Vermont. Mme Treyvaud fait remarquer qu'au Centre-du-Québec, la communauté abénakise de Wôlinak possède également un potentiel archéologique qu'il serait intéressant d'explorer.

Les Abénakis de Wôlinak provenaient plus précisément de l'est du Maine. Ces deux occupations contemporaines pourraient être comparées sous divers aspects, comme celui de l'influence de leur origine géographique - l'une plus des montagnes et l'autre plus côtière - et celui de l'influence des occupants européens sur leur culture, l'une plus guerrière et l'autre axée sur le principe de la mission.

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