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La Mélodie du bonheur, une belle interprétation d'un classique

Voici la famille Von Trapp, au coeur de... (Photo: Stéphane Lessard)

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Voici la famille Von Trapp, au coeur de la comédie musicale La mélodie du bonheur, présentée encore aujourd'hui à salle Thompson. Catherine B. Lavoie et Yves Soutière incarnent avec grand talent les personnages de Maria et du capitaine Von Trapp.

Photo: Stéphane Lessard

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Reprendre un classique de la culture populaire comporte le risque de décevoir. En mettant en scène une nouvelle version de La mélodie du bonheur, Denise Filiatrault a relevé le défi de rafraîchir la célèbre comédie musicale, tout en respectant l'esprit de cette histoire campée dans l'Autriche de la fin des années 1930, affectée par l'Anschluss.

Mme Filiatrault avait fait renaître ce spectacle pour le compte de Juste pour rire, qui l'a intégré dans la programmation de son festival 2010. Il a été repris l'été dernier à Québec, et entreprenait une tournée provinciale jeudi à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières, avec un nouveau capitaine Von Trapp et une scénographie adaptée.

Il s'agissait donc d'une sorte de «première», jeudi, et on ne peut que féliciter l'équipe complète, qui a su se distinguer par une interprétation de qualité dans tous les volets d'une telle production multidisciplinaire. Musique, chant, jeu et danse ont été exécutés de façon irréprochable dans un décor, des costumes et sous un éclairages parfaitement cohérents.

Première étoile de la soirée: l'interprétation de Maria par la mezzo-soprano Catherine B. Lavoie. La jeune femme a illuminé de son magnifique sourire, pur et sincère, le caractère de la jeune postulante assignée au soin des sept enfants du capitaine Georg Von Trapp, un veuf de prime abord plutôt rigide.

Non seulement Catherine B. Lavoie se démarque-t-elle par son talent vocal perfectionné par une formation de haut niveau au Conservatoire de Montréal, elle démontre une réelle aisance dans l'aspect jeu théâtral requis par son rôle. Elle se présente sur scène avec un naturel et une technique qui pourraient faire croire qu'elle a aussi étudié en théâtre. On espère la revoir dans d'autres productions!

Yves Soutière a repris le rôle attribué à Robert Marien dans les séries de représentations des étés 2010 et 2011. Le comédien a joint la troupe à la mi-février pour les répétitions en vue de la tournée amorcée cette semaine à Trois-Rivières.

Dans une performance plus que convaincante, il a réussi à traduire l'évolution d'un personnage d'abord sévère et autoritaire, qui parvient à s'attendrir et ouvrir son coeur à l'amour. L'amour pour ses enfants, grâce aux remarques et aux interventions de Maria, puis celui pour Maria, développé au contact de cette jeune femme pleine de vitalité, qui réintroduit la musique dans son foyer.

Le reste de la distribution est solide, que l'on pense au groupe de religieuses de l'abbaye de Nonnberg où Maria est postulante, ou aux sept enfants Von Trapp, particulièrement l'aînée (Liesl), un autre talent prometteur.

Et en général, on peut remercier Denise Filiatrault de ne pas avoir travesti en grosse comédie musicale clichée Broadway cette histoire qui, en parallèle à son apologie de l'importance de la famille, porte aussi en elle une dimension historique qui en approfondit le sens.

Oui, La mélodie du bonheur est la célébration de la musique et de ce qu'elle peut accomplir dans un processus de guérison et de quête de sérénité et de bonheur. Maria contribue à l'émancipation des enfants Von Trapp en les faisant chanter, ce qui constitue le coeur du scénario de la comédie musicale.

Le piège de la seule représentation chorégraphiée d'une famille chantante, avec surdose de sourires, de clins d'oeil au public et de pas de danse de style chapeau-melon-et-canne a été évité au profit de l'évolution des personnalités et des motivations des personnages.

L'épisode de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne hitlérienne et la résistance du capitaine Von Trapp à cette invasion prend aussi la place qui lui revient dans la version de Denise Filiatrault.

Une petite remarque, en terminant: on aurait aimé savoir que la musique qui soutenait l'ensemble du spectacle était interprétée en direct, et non diffusée à partir d'une trame pré-enregistrée. L'absence de programmes distribués au public se trouvait à occulter ce détail important, tout en ne mettant pas en valeur la contribution de ces musiciens cachés on ne sait où aux environs de la scène.

La mélodie du bonheur est encore présentée aujourd'hui à la salle Thompson à 15 h et  20 h. Elle sera à l'affiche les 29 et 30 mars à Drummondville, puis à Laval en avril ainsi qu'à Québec et Gatineau en juillet.

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