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Saint-Élie-de-Légendes se fait découvrir par les siens

Dans l'ordre: Jean «Rocker» Garceau, Jacques «Jack» Langlois,...

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Dans l'ordre: Jean «Rocker» Garceau, Jacques «Jack» Langlois, Maurice Gendron, Madame Garceau et Léo Déziel, tous vedettes de la série Saint-Élie-de-Légendes que l'on découvrira les 8, 15, 22 et 29 décembre à 20 h sur les ondes de Radio-Canada. À droite, Fred Pellerin, idéateur et narrateur.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Saint-Élie-de-Caxton) Le temps était à la bonne humeur et aux réjouissances vendredi soir à Saint-Élie-de-Caxton. Au menu, une petite programmation particulière réservée aux Caxtoniens, le temps d'apprécier Saint-Élie-de-Légendes, série télévisée qui débutera mardi 20 h à Radio-Canada, oeuvre qu'une petite équipe a tissée en glissant une caméra parmi eux au cours de la dernière année.

Pour ceux qui peuplent cette série, il s'agissait d'une primeur dévoilée sur grand écran en quatre temps, quatre heures de petits bonheurs et de grands éclats de rire. De ceux qui s'accompagnent parfois d'un joyeux coup de coude sur le bras du voisin, et de ces autres qui se transforment doucement et qui culminent par une larme échappée, causée par une image ou une phrase qui s'est faufilée un peu trop rapidement jusqu'au coeur, le faisant déborder furtivement.

Réunis dans une coquette salle déjà réchauffée par le scintillement des lumières de Noël, ils étaient une cinquantaine à avoir reçu l'invitation de Fred Pellerin, la grande majorité des convives ayant été visés pour avoir prêté leur profil à cette série, d'autres étant sur place pour avoir permis de donner vie à cette fresque, comme l'équipe d'Attraction, qui produit. Sans oublier l'ami Jeannot Bournival qui a déposé ses notes sur l'oeuvre, la gérante Micheline Sarrazin au regard tranquille derrière ses lunettes rouges, et Fred Pellerin lui-même, assis à côté de la petite console technique, manette à la main, en contrôle du déroulement des images, mais pas toujours des émotions qu'elles suscitent.

L'oeil extérieur ne peut qu'être ébahi de voir comment, au patelin des lutins, le merveilleux peut gagner le réel. Épaté de constater qu'à Saint-Élie-de-Caxton, le conteur a aussi le talent de cibler les coeurs les plus purs et d'en faire des légendes de leur vivant, comme il le fait dans cette série avec les quatre aînés du village, aujourd'hui vedettes de Saint-Élie-de-Légendes.

Vendredi soir, on les avait donc tous assis aux premiers rangs. Pendant quatre heures, ils ont à peine bougé en découvrant comment on avait saisi leur profil d'un oeil affectueux. Loin encore de se douter que dans quelques semaines, aux quatre coins du Québec, tout le monde voudra avoir aussi une Madame Garceau, un Maurice, un Léo et un si bon Jack dans son voisinage. Sans oublier l'inégalable «Rocker» (Jean Garceau) dont la poésie a provoqué rires et applaudissements au beau milieu des séances de visionnement vendredi soir.

Ce sont ces gens du village qui, depuis le printemps, ont nourri l'oeuvre de Patricia Beaulieu, réalisatrice qui a le don de semer simplicité et bien-être autour d'elle, ce qui, depuis l'oeil de sa caméra, permettra aux téléspectateurs de se faufiler dans le quotidien de Saint-Élie jusqu'à avoir l'impression de se retrouver parmi tous ces gens.

Sur grand écran vendredi soir, on a assisté au retour à la musique de Jack et on a apprécié la charmante Madame Garceau qui, du haut de ses 84 ans, a accepté de remettre son habit de jardinière pour créer un nouveau potager. On a témoigné d'un petit coup de nostalgie du côté de Léo le garagiste et on s'est glissé dans le quotidien de Maurice le semeur d'éclats de rire.

D'aucun de ces épisodes, on ne ressort indemne. Or, se retrouver dans une salle où on les voit tour à tour devant nous s'esclaffer en reconnaissant l'un ou l'autre, à sourire aux références familières de tout un chacun, puis les voir successivement enlever leurs lunettes pour essuyer yeux et joues, l'émotion gagne du terrain et traverse l'écran pour venir s'installer en boule dans la gorge. Et quand l'un ou l'autre se lève pour aller flanquer à Fred une solide accolade... Il y a de ces moments.

Entre chaque épisode, la réalisatrice de la série commente, rigole, se fait pimpante et allège l'atmosphère dès qu'elle le peut. En fin de soirée, elle se dit ravie du déroulement de l'événement, mais demeure nostalgique à l'idée de quitter ce village qui, depuis mars, lui nourrit l'âme à fréquence régulière. Indéniablement, elle en revient à son affection pour cet ami qui lui a permis de s'exécuter. Celui qui, entre deux tournées de spectacles, s'est appliqué à inventer d'autres aventures en les conjuguant au présent cette fois, histoire d'entretenir et mousser les liens entre tous les siens. «Fred, c'est un grand entremetteur», souffle Patricia Beaulieu.

«Dans le village, Patricia a vraiment dépassé son mandat de réalisatrice...», commente Fred de son côté, chacun des deux ayant cette bienveillante manie de se renvoyer la balle lorsque vient le temps de récolter un brin de compliment.

Vendredi soir, entre une couple de visionnements, un joyeux souper, une bière et un café, ils avaient tous deux le regard ailleurs chacun leur moment, balayant régulièrement la salle pour s'assurer que la série a été bien reçue et que tout le monde apprécie son moment, pendant qu'autour d'eux tout le monde apprécie son moment.

Ce rendez-vous était essentiel, observe Fred Pellerin, à l'issue de la soirée.

«Je ne pouvais pas m'imaginer qu'ils découvriraient ça, chacun tout seul dans son salon», raisonne le conteur qui, au bout d'une année remplie à rebord, ressort de 2015 avec une autre belle raison d'être content. Ses Caxtoniens ayant approuvé, le reste du Québec peut bien voir maintenant. Bon visionnement.

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