Véronique Marcotte met en scène Orange mécanique

La Trifluvienne d'origine Véronique Marcotte mettra en scène... (Photo: Émilie O'Connor)

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La Trifluvienne d'origine Véronique Marcotte mettra en scène une adaptation théâtrale d'Orange mécanique.

Photo: Émilie O'Connor

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'auteure et metteure en scène Véronique Marcotte se souvient avoir vu une affiche du film Orange mécanique de Stanley Kubrick au Cégep, avec un étrange pressentiment. L'étudiante d'alors n'a pas assisté à la projection du film à ce moment. Elle ne l'a vu que des années plus tard, quand elle a accepté de mettre en scène une adaptation théâtrale de cette oeuvre devenue culte en son genre, d'abord parue en roman sous la plume d'Anthony Burgess en 1962.

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Le rôle principal d'Alex est incarné par Maxime Le Flaguais (au centre sur la photo, en répétition).

Photo: La Presse

«Il y a deux ans, Denis Bouchard m'a appelée pour me proposer de mettre en scène Orange mécanique. Je ne me sentais pas prête à faire du théâtre. Ça fait 13 ans que je fais du style plus variétés, et c'était pour ça, pour la variété, que j'avais approché Denis Bouchard», commence à raconter la Trifluvienne en faisant référence à sa relation professionnelle avec celui qu'on pourrait qualifier de mentor pour elle dans le développement de ses activités de mise en scène.

En parallèle à son cheminement d'auteure, Véronique Marcotte a orchestré la réalisation de nombre de galas et événements en Mauricie et ailleurs. Sa feuille de route mentionne entre autres ses expériences de directrice artistique de la Fête du Canada à Ottawa en 2009, et d'assistante de Denis Bouchard pour la mise en scène du spectacle d'ouverture des fêtes du 400e de Québec. La Mauricienne a aussi signé la mise en scène des cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux du Québec à Shawinigan l'été dernier.

Quand l'idée d'explorer le volet théâtre s'est présentée, la jeune femme a voulu solidifier sa démarche en se nourrissant d'ateliers et de formations. Et elle a finalement décidé de plonger.

Orange mécanique est loin de la comédie sentimentale... Le roman et le film dépeignent l'univers sinistre et brutal d'un groupe de jeunes mené par le personnage d'Alex, qui multiplient les actes de violence - viols, passages à tabac et bagarres compris. Incarcéré, Alex servira de cobaye à des expériences visant la baisse de la criminalité. Est-ce que le caractère plutôt dur du propos a contribué aux hésitations de Véronique Marcotte quand on lui a proposé d'en créer une adaptation théâtrale?

«Ce n'est pas le côté violent de l'oeuvre qui m'a fait hésiter. C'est son côté mythique», répond-elle en parlant du film de 1971. «Ça fait des années qu'à travers mes romans je travaille les enjeux de la santé mentale, qui sont parfois violents. Je trouve que le personnage d'Alex vient rejoindre la psychologie de certains personnages de mes livres», confie l'auteure de Dortoirs esseulés, Les revolvers sont des choses qui arrivent, Tout m'accuse, Aime-moi et Coïts (dernier tome de la série L'Orphéon, lancé le 23 janvier).

Orange mécanique avait été adapté pour la scène à Paris en 2006. L'adaptation québécoise est signée Alexandre Goyette. «C'est un show de création où tout est à bâtir. On veut s'éloigner de Kubrick», indique Véronique Marcotte qui a confié le rôle d'Alex au comédien Maxime LeFlaguais.

Sylvain Marcel, Roger La Rue, Félix-Antoine Tremblay, Marianne Thomas, Geneviève Langlois et Danny Gilmore complètent la distribution de la pièce qui sera présentée à L'Olympia de Montréal du 13 au 16 février, à L'Impérial de Québec du 20 au 23 février, puis au Théâtre du Casino du Lac-Leamy les 12 et 13 avril.

Un propos encore actuel

«Ça fesse... La scène du viol dure neuf minutes. Elle est difficile à supporter à plusieurs niveaux: elle est difficile physiquement pour les acteurs qui sont brûlés quand ils la finissent, et elle est épuisante émotivement», commente la metteure en scène en évoquant le contenu de la pièce et son traitement en version théâtrale.

Pour Véronique Marcotte, la violence infusée dans Orange mécanique «n'est pas gratuite, mais nécessaire. Elle transmet la vision qu'a Alex de l'être humain et de la violence».

Même si le roman date de 51 ans et le film de 42, Véronique Marcotte considère leur propos encore actuel. «C'est un regard intemporel sur l'être humain et sur son côté obscur. C'est un regard qui s'interroge encore et encore sur la ligne entre le bien et le mal, sur notre droit par rapport à l'être humain en face de nous. Cinquante ans plus tard, tu peux mettre ça au théâtre et ce n'est pas un langage qui distorsionne, ce sont les mêmes interrogations», formule-t-elle.

«Je développe une nouvelle façon de créer qui ressemble à la façon dont j'écris. Plus que dans la variété, je dois analyser le texte, la psychologie des personnages», observe la prolifique trentenaire qui fera la tournée des salons du livre ce printemps et lancera un autre roman à l'automne.

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