Laurence Anyways et Rebelle en tête

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Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne
Montréal

Les Jutra ont dévoilé hier les finalistes en vue de la cérémonie célébrant le meilleur du cinéma québécois, avec le doux parfum des Oscar planant pour une troisième année consécutive sur l'événement.

Le film en lice cette année pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, Rebelle, se démarque bien sûr, mais est tout juste devancé par Laurence Anyways pour le total des nominations.

Le long métrage de Xavier Dolan obtient dix citations, tandis que celui de Kim Nguyen suit avec neuf, les deux films étant nommés dans les catégories les plus prestigieuses de meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario.

Une grande déception de ne pas mener dans les nominations? «Non, pas du tout», répond le producteur de Rebelle, Pierre Even, à cette question lancée un peu à la blague. «Nous n'avons pas le droit d'être déçus de rien. Nous allons aux Oscar. Bien sûr, des membres de l'équipe ne sont pas nommés. Nous sommes déçus pour eux.»

«Mais c'est neuf nominations sur une possibilité de 11, ajoute à ses côtés sa collègue productrice de Rebelle, Marie-Claude Poulin. Les Jutra, c'est notre monde qui vote dans notre industrie, on est très heureux.»

Ces deux dernières années, les films en lice aux Oscar, Monsieur Lazhar en 2012 et Incendies en 2011, avaient raflé la mise à la cérémonie des Jutra.

M. Even reconnaît que la présence à la prestigieuse cérémonie à Hollywood peut avoir un impact.

«Je ne peux pas te dire qu'il n'y en a pas. C'est certain qu'il y en a un. Je m'imagine moi-même sur un tel panel, à me dire que le film est cité aux Oscar. Mais si on regarde dans l'ensemble, il y a une belle variété», exprime le producteur.

La productrice de Laurence Anyways, Lyse Lafontaine, s'est dite «très, très heureuse» de cette reconnaissance, ajoutant que Xavier Dolan - n'ayant pu prendre part à l'annonce, hier - se réjouissait particulièrement des citations dans les catégories reliées au jeu et à la réalisation.

Elle a admis que le film n'avait pas eu les recettes espérées au box-office au Québec, avec 450 000 $ sur un objectif entre 750 000 $ et 1 million $.

«Mais aucun film québécois n'a vraiment eu les recettes anticipées, a-t-elle ajouté aussitôt. Je pense que tout le monde se penche un peu sur la question. Il y avait beaucoup de films - 32 longs métrages de fiction pour l'année. Nous nous sommes répartis le box-office entre nous et avons fait moins de parts de marchés.

«Mais en fait, c'est la part sur le marché des films indépendants, des États-Unis ou d'ailleurs, qui a chuté, a-t-elle fait valoir. Si on regarde dans les dix premiers films, ce sont presque tous des franchises.»

L'Affaire Dumont cumule pour sa part huit nominations, mais ne figure pas dans les catégories de meilleur film et du meilleur scénario.

Le film intimiste Camion se fraie un chemin dans les catégories les plus importantes, valant au cinéaste Rafaël Ouellet des citations pour le scénario et la réalisation, en plus du meilleur film et du montage, pour un total de sept citations.

Rafaël Ouellet s'est dit «content et surpris», confiant s'être attendu à «trois ou quatre nominations». «Je songeais à Julien Poulin pour le meilleur acteur et à la musique - de Viviane Audet, Robin-Joël Cool et Éric West-Millette. Le reste, c'est du bonus», a-t-il laissé tomber.

Le cinéaste s'est réjoui que ces honneurs offrent «une autre occasion pour le film de rencontrer son public».

«Je n'ai pas été toujours d'accord avec les choix des Jutra par le passé. Je ne dis pas ça parce qu'on est là cette année, mais je pense que depuis deux ou trois ans, ils ont sophistiqué leur système de sélection. Veux, veux pas, c'est une accolade de nos pairs, qui partagent la même passion que nous», a fait valoir Rafaël Ouellet.

Inch'Allah, le film d'Anaïs-Barbeau-Lavalette tourné en Jordanie, et le plus méconnu Roméo Onze, d'Ivan Grbovic, complètent les nommés dans la catégorie du meilleur film.

«C'est extraordinaire ce qui se passe. J'étais embarqué dans ce projet en ne m'attendant pas à tout ça», a exprimé Ali Ammar, l'acteur principal de Roméo Onze.

Il a souligné avoir été appelé grâce au film à faire des conférences sur les thèmes «de la différence, de l'acceptation de soi et de l'intimidation», au coeur de Roméo Onze.

Inch'Allah obtient sinon des citations plus techniques, une nomination échappant notamment à Évelyne Brochu pour la meilleure actrice.

Dans cette catégorie figurent Suzanne Clément, pour Laurence Anyways, Rachel Mwanza, pour Rebelle, Dominique Quesnel, pour Le Torrent, Micheline Bernard, pour La mise à l'aveugle, et Marilyn Castonguay, pour L'Affaire Dumont.

Cette dernière, qui incarnait la femme éprise de Michel Dumont s'étant battue pour sa libération, a parlé d'un honneur «inespéré» pour un premier grand rôle au cinéma.

«Mes gars, je suis fier de vous autres», a-t-elle ajouté à l'endroit de l'acteur Marc-André Grondin et du réalisateur Podz.

Du côté des hommes, ainsi, Marc-André Grondin est cité pour L'Affaire Dumont, en plus de Gabriel Arcand, pour Karakara, Julien Poulin, pour Camion, Victor Andrès Trelles Turgeon, pour Le Torrent, et Ali Ammar, pour Roméo Onze.

Le film Le Torrent, de Simon Lavoie, obtient six nominations, dont la meilleure musique originale (Normand Corbeil) en plus d'être en lice pour les deux prix d'interprétation.

Ésimésac, de Luc Picard, et Mars et Avril, de Martin Villeneuve, se voient chacun accorder cinq nominations, surtout dans les catégories techniques.

Le film Bestiaire de Denis Côté se retrouve dans la catégorie des documentaires, aux côtés notamment de Alphée des étoiles d'Hugo Latulippe.

La 15e Soirée des Jutra se tiendra le 17 mars prochain.

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