Concerto pour Nagano et orchestre

Plus que l'orchestre qu'il dirige, le chef Kent... (Photo: ONF)

Agrandir

Plus que l'orchestre qu'il dirige, le chef Kent Nagano est l'axe autour duquel se déploie le documentaire intitulé Montréal Symphonie et c'est probablement ce qui en fait un film très intéressant.

Photo: ONF

Partager

François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On a projeté Montréal Symphonie dans le cadre des Nouveautés de l'ONF lundi soir à la Maison de la culture. Il s'agit d'un documentaire de près d'une centaine de minutes qui nous plonge dans la vie de l'Orchestre symphonique de Montréal mais plus encore, dans la tête et le coeur du chef Kent Nagano.

Le film s'est particulièrement attardé à une saison exceptionnelle, celle de 2009-2010 qui célébrait les 75 ans de l'OSM. Un anniversaire qui correspondait au 100e anniversaire du Canadien de Montréal.

La réalisatrice Bettina Ehrhardt commence le film avec le grand concert offert par l'orchestre montréalais au Centre Bell pour poursuivre avec différents événements auxquels ont participé les musiciens montréalais: une visite au Club des petits déjeuners, une tournée au Nunavut, une autre en Europe et des concerts inédits et même étranges avec un animateur de radio comme soliste, par exemple.

Chacun de ses épisodes est animé par des entrevues avec maestro Nagano, principalement, qui parle un peu de lui mais essentiellement pour expliquer sa vision de la musique, parce que, finalement, c'est là le sujet premier du film. Pour le chef américain, la musique est partout. Elle est pratiquement un état d'esprit, une attention à tout ce qui nous entoure et auquel on peut vibrer.

L'homme, dont tout le monde reconnaît la prestance et le charisme, différentes affiches publicitaires de l'OSM qui apparaissent subrepticement d'un bout à l'autre du film en témoignent éloquemment puisque le chef en est toujours l'élément central, s'avère pourtant être près des gens, à sa noble façon.

Dans son esprit, le rôle premier d'un orchestre est de faire rayonner la musique sans privilégier un type de public. Un orchestre symphonique ne devrait pas, selon lui, faire de distinction de classes sociales, de niveaux d'éducation, de culture ou de race parmi ceux auxquels il s'adresse. C'est la raison pour laquelle il a amené l'orchestre dans la rue, auprès des gens de toutes conditions.

C'est aussi pourquoi il est allé jouer dans les salles communautaires de toutes petites localités du grand nord canadien où il s'est véritablement mis à l'écoute de la culture locale. Cela permet de découvrir l'étonnante ouverture d'esprit d'un homme déjà fascinant. Il faut aussi le voir identifier les oiseaux dans un parc à la seule écoute de leur chant ou expliquer la dynamique physique d'une vague, lui qui a été élevé dans un petit village côtier de la Californie, pour saisir à quel point la vie le passionne. On en arrive à croire que la musique n'est, pour lui, qu'une brillante manifestation de la vie.

Plus mémorable encore sont les scènes de répétitions avec son orchestre alors qu'on voit vraiment le maestro au travail. Est-il toujours aussi respectueux des membres des musiciens? On ne peut savoir mais il se montre d'une rigueur absolue, pointilleux, même, mais toujours poli et gentleman. On s'aperçoit qu'il a une vision excessivement précise de la pièce à interpréter et qu'il est sensible aux moindres détails pour arriver à transmettre l'émotion.

C'est à se demander si les musiciens arrivent à respecter à la lettre chacune de ses recommandations au moment du concert. D'ailleurs, c'est lui-même qui dit que le concert est un moment magique et inexplicable au cours duquel une chimie opère au delà des simples volontés d'individus.

Il y a, dans Montréal Symphonie, une fenêtre ouverte sur la musique classique et le chef qui rendent ce documentaire passionnant. En aurait-il été de même avec un autre directeur musical comme personnage principal? Probablement pas. Preuve que Kent Nagano est un actif inestimable pour l'OSM mais pour le monde de la musique classique en général tant au Québec qu'au Canada.

Les États-Unis d'Afrique

30 janvier, 19 h 30 Salle Anaïs-Allard-Rousseau

Trente tableaux

31 janvier, 19 h 30 Ciné-Campus

Une dernière chance

1er février, 19 h 30 Salle Anaïs-Allard-Rousseau

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer