Sensibiliser par le court-métrage

Le cinéaste trifluvien Danny Draper a mis en... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le cinéaste trifluvien Danny Draper a mis en ligne Dualité, un court-métrage qui aborde la question du suicide chez les jeunes.

Photo: Émilie O'Connor

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Trifluvien Danny Draper est intarissable quand il parle de sa passion pour le septième art. Après 12 ans de travail comme cuisinier, il projette d'entreprendre une formation en cinéma afin de solidifier les compétences acquises au fil des courts-métrages qu'il a réalisés pour le plaisir.

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Le court-métrage Dualité a été tourné dans la MRC de Portneuf avec des bénévoles recrutés via Facebook et le réseau de cinéastes Kino.

Son plus récent, Dualité, porte un message qu'il souhaite voir diffuser partout au Québec. Publié sur Youtube le 12 décembre dernier, son film évoquant la question du suicide a été vu par plus de 161 140 personnes à ce jour.

«J'avais déjà un scénario il y a quatre, cinq ans, avec l'idée de la dualité de la présence de l'ange et de la mort, mais avec un personnage de mon âge. Puis est arrivé le suicide de Marjorie Raymond...», commence à raconter le cinéaste qui, à la suite de ce drame très médiatisé, a plutôt choisi de céder le rôle principal à une adolescente de 14 ans, incarnée par Kémilia Laliberté.

Le film témoigne donc du trouble de cette jeune fille qui, épuisée, jongle avec les influences des personnages symboliques de l'ange (qui représente la vie) et de la mort.

Danny Draper n'a pas été touché par le suicide d'un proche, ce qui aurait pu motiver son «besoin» de faire un film sur le sujet. «J'ai le goût de parler de sujets durs, bruts, de sujets dramatiques qui viennent me chercher. Après le décès de Marjorie Raymond, j'ai voulu laisser retomber la poussière, j'ai attendu un peu avant de démarrer le projet. Entre-temps, je suis allé sur des plateaux de tournages, pour observer, pour apprendre», relate le natif de Montréal arrivé à Trois-Rivières à l'adolescence.

«Quand j'ai décidé de démarrer le projet, j'ai appelé le Centre de prévention suicide Les deux rives pour rencontrer des intervenants, me documenter, pour qu'ils me conseillent», ajoute-t-il en insistant sur le soutien de l'intervenante Renée Quenneville qui participe aussi au film. Car au-delà de la gratification qu'il ressent devant son court-métrage et les réactions qu'il suscite, Danny Draper tient à se concentrer sur l'enjeu dont il traite.

«Nous, on a fait ce film parce que des jeunes s'enlèvent la vie. Je suis content du succès du film, mais pas trop, à cause du sujet... J'aimerais mieux ne pas être là à vous parler d'un film sur le suicide chez les jeunes», indique-t-il après avoir mentionné que 36 heures après la publication du court-métrage sur Youtube, 50 000 personnes l'avaient visionné, retenant l'attention de LCN qui l'a reçu en entrevue.

«Après 48 heures, on avait 100 000 visionnements, et après une semaine, 145 000. Je suis content parce qu'on a fait quelque chose de viral avec quelque chose de noble», commente le cinéaste en faisant référence aux vidéos qui créent des phénomènes avec des sujets ou exploits au goût parfois plus ou moins douteux.

Pour réaliser son film tourné à Saint-Thuribe dans la MRC de Portneuf, Danny Draper a réuni une équipe de gens recrutés via Facebook et le réseau de cinéastes Kino, entre autres. Tous ont accepté de participer bénévolement au projet que le scénariste et réalisateur a financé de sa poche («Le film m'a coûté 700 $ sans compter les affiches», dit-il).

Le Trilfluvien souhaite évidemment la plus grande diffusion possible de son oeuvre, afin de marteler le message que «le suicide n'est pas une option». Il ne pourrait pas soumettre sa création à certains festivals, vu qu'elle a été diffusée en intégralité sur le web.

«J'avais le choix entre la possibilité de remporter des prix, ou celle de bouleverser les gens. Les prix, ce sont les vies qu'on peut sauver», croit-il. Quand même, le film est en processus de doublage en anglais (donc inédit sur le web), question de le soumettre à des festivals.

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