Daran: un spectacle comme un intense partage

Daran a offert une prestation inspirée et intense... (Photo: François Gervais)

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Daran a offert une prestation inspirée et intense devant un bien petit auditoire à la Maison de la culture, jeudi soir.

Photo: François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même s'il y avait peu de monde pour communier, Daran a fait sienne la salle Anaïs-Allard-Rousseau jeudi soir et donné un très, très beau spectacle autour de son dernier album, L'homme dont les bras sont des branches. Un moment privilégié savouré intimement par chacun des 80 spectateurs présents.

La soirée comportait une première partie assumée avec panache, humour et talent par le Trifluvien d'origine Antoine Corriveau qui a défini les paramètres de l'intimité qui allaient, un peu plus tard, donner au spectacle de son successeur toute son efficacité.

Ce dernier est arrivé modestement avec ses trois musiciens et a immédiatement imposé son rythme au public envoûté d'emblée par Le mouvement des marées et son crescendo d'émotions culminant avec un troublant solo de guitare plaintive d'André Papanicolaou. Un départ puissant pour une prestation qui n'allait, à aucun moment, manquer d'intensité, quelle que soit la couleur adoptée par le chanteur.

«J'ai la pêche ce soir,» a-t-il confié au moment de s'adresser au public pour la première fois. S il avait fallu qu'il ne l'ait pas hier, on se demande bien à quoi pourrait ressembler une de ses prestations où il est vraiment en forme. Le musicien est apparu énergique, inspiré, habité. Complètement dans sa musique sans pour autant cesser à un seul instant d'être en contact avec le public. Un contact qui s'est contenté de musique la plupart du temps, Daran enchaînant plusieurs chansons sans marquer de véritable pause entre elles.

D'autres font parfois la même chose et on a l'impression qu'ils se débarrassent, qu'ils larguent le matériel. Hier soir, c'était complètement autre chose: quand deux chansons étaient liées l'une à l'autre, c'est qu'elles semblaient exiger cette étreinte, avoir besoin l'une de l'autre.

Daran a livré tout ça sans prétention, sans forcer quoi que ce soit. Comme si la musique lui venait naturellement de l'intérieur et qu'il s'en faisait le simple messager. Il a pourtant montré autant d'intensité et de flamme dans les plus rock de ses chansons qu'il avait de tendresse dans les plus douces. Il faut dire qu'il a une voix magnifique, extraordinairement expressive dans les aigus ce qui lui permet d'être bouleversant dans Sur les quais ou encore dans Une sorte d'église. Il a d'ailleurs repris, pour cette dernière, la version magnifique et archi-dépouillée qu'en avait faite Louis-Jean Cormier. Choix plus que judicieux pour une chanson qui n'est probablement jamais aussi belle qu'ainsi dénudée.

Le pouvoir d'expression de la voix de Daran s'est imposée toute la soirée de toutes sortes de manière. Même en anglais et même dans deux chansons destinées à la bande sonore du film Monsieur Papa de Kad Merad.

À la lumière de ce spectacle, il apparaît impérieux de se procurer le dernier album de Daran et de ne pas se priver des autres, tant qu'à y être. Hier soir à la Maison de la culture, quatre-vingt personnes ont eu droit à un spectacle exceptionnel de la part d'un artiste qui ne l'est pas moins.

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