Point de fuite: une ode à la survie

Le traditionnel voyage de chasse printanière en famille... (Photo: Julia Szucs)

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Le traditionnel voyage de chasse printanière en famille chez les habitants du nord-ouest du Groenland emprunte quelques techniques de chasse traditionnelles à des peuples de la Terre de Baffin, à 1000 kilomètres de là. C'est une des choses que nous apprend le documentaire Point de fuite présenté hier soir en ouverture des Nouveautés de l'ONF 2013.

Photo: Julia Szucs

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les Nouveautés de l'ONF 2013 ont pris leur envol hier soir par la présentation de Point de fuite, un documentaire on ne peut plus pertinent sur les peuples du Grand Nord et leur mode de vie. À moins que les programmateurs soient de grands devins, le hasard avait concocté une facétie dont il a seul le secret avec cette projection dans le contexte météorologique qu'on connaît.

On a brisé la glace avec la projection d'un court-métrage d'animation tout à fait adorable en début de soirée et là encore, un film d'une inattaquable pertinence puisque La fonte propose, en deux minutes, une fantaisie sur la fonte des glaces et son influence sur les ours polaires.

Point de fuite offre un tout autre ton. Pas dramatique, loin de là, mais le document pose des questions fondamentales sur le mode de vie des populations du Grand Nord, leur évolution, leur avenir et leur survie. Il nous apprend aussi des choses fascinantes. Nous y suivons Navarana, habitante du nord-ouest du Groenland, un des endroits les plus isolés du monde, où elle part à la chasse avec une famille de la région.

Elle constate les effets indubitables du réchauffement de la planète et ses conséquences sur le mode de vie de ces gens dont l'éventuelle perte de traditions étroitement liées à leur environnement.

Cette aînée nous apprend que son peuple est lié à la Terre de Baffin d'où est parti, il y a fort longtemps, un ancêtre pour gagner la côte nord-ouest du Groenland et s'y établir, unissant ainsi les deux populations. Il a également enrichi la culture locale par l'apport d'outils ou de techniques de chasse inconnus.

Naravana nous entraîne également dans un voyage sur l'Île de Baffin où elle est allée rencontrer des populations locales pour découvrir leur chasse, bien différente de celle des siens. «Nos façons de faire sont différentes mais au fond, nous sommes les mêmes», dira-t-elle. Et sur la modernisation: «En changeant nos façons de faire, que laissons-nous derrière, perdu à jamais? Sommes-nous gagnants?»

Tout ce parcours nous offre des images prenantes, d'une beauté singulière. Elles nous plongent dans un monde complètement étranger, parfaitement inhospitalier à nos yeux méridionaux, mais d'une richesse que seuls les autochtones peuvent nous faire découvrir.

Et qu'il est bon de voir ces familles goûter la plénitude de ce mode de vie simplissime et dur. Qu'il est bon de voir ces enfants rire et s'amuser entre eux ou échanger, comme des banalités, des mots d'amour avec leurs parents pendant que ceux-ci vaquent à leurs occupations de chasseurs. Tout cela, sans mise en scène ou artifice. Ils nous servent, sans le chercher, une violente leçon sur le sens de l'existence. Le tout, dans une ambiance souvent légère et bon enfant qui contraste avec la dureté de l'environnement dans lequel le film baigne.

Un bien beau film, en somme, pour lancer l'événement qui en promet d'autres.

Prochain rendez-vous:

le vendredi 25 janvier, 19 h 30 à la Maison de la culture

Film présenté: L'industrie du ruban rose

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