Avenir incertain pour Médiat-Muse

Andréanne Blais est coordonnatrice de Médiat-Muse et de...

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Andréanne Blais est coordonnatrice de Médiat-Muse et de la gestion du projet de Cellule régionale d'expertise en muséologie. Elle craint la fin de ce projet qui contribue au financement des actions du regroupement.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En 2008, le ministère de la Culture et des Communications avait imaginé une solution au sous-financement des institutions muséales en mettant sur pied un projet-pilote de «cellules régionales d'expertise en muséologie». La région de la Mauricie et du Centre-du-Québec avait été désignée pour en profiter via le regroupement Médiat-Muse, mais au terme d'une quatrième année, le soutien financier de l'expérience-pilote n'est plus assuré.

Le regroupement de musées, centres d'exposition, centres d'interprétation et lieux historiques Médiat-Muse a été créé en 1987. Pendant 20 ans, il s'est développé et a agi sous la force et les initiatives de bénévoles.

En 2007-2008, le ministère de la Culture et des Communications avait approché Médiat-Muse et un autre regroupement de la Montérégie avec son idée de constitution de Cellules régionales d'expertise en muséologie (CREM), nourrie par les expressions-clés «concertation» et «mise en commun des ressources».

En 2009, l'entente était signée et Médiat-Muse soumettait un premier plan triennal au Ministère qui lui, garantissait une aide annuelle de 100 000 $ pendant trois ans. Le regroupement devait de son côté trouver des sommes équivalentes auprès du milieu.

L'expérience s'est révélée un succès en termes de réalisations et d'atteinte des objectifs. L'entente avait été renouvelée pour une quatrième année en 2012-2013 avec un soutien financier réduit à 75 000 $. Mais à compter du 31 mars prochain, plus rien n'est sûr.

Depuis 2009, le Ministère a donc octroyé 375 000 $ à Médiat-Muse, tandis que le regroupement qui représente 31 institutions est allé chercher 619 208 $ de la part des membres et de commanditaires, mais aussi d'instances comme Patrimoine Canadien et la CRÉ Mauricie et Centre-du-Québec.

L'argent accordé grâce au projet a d'abord permis l'embauche d'une coordonnatrice, Andréanne Blais, et d'une agente de développement, Irina Gato. «En 20 ans de Médiat-Muse, il n'y avait jamais eu de permanences, on ne fonctionnait que par du bénévolat en dehors de nos emplois respectifs. Tout le monde était épuisé, on vivait une certaine démobilisation quand cette solution-là est arrivée. Ça a amené un vent de fraîcheur», explique Andréanne Bais en commentant l'impact de la CREM.

Des actions concrètes

Depuis 2009, le réseau a permis à ses membres de bénéficier d'actions et de projets que certains n'auraient pu assumer de façon individuelle. Par exemple, au plan communicationnel, la promotion des institutions peut être optimisée par une présence sur le portail de Médiat-Muse, l'accès à coût modique à des gabarits de sites web, le bulletin d'information de Médiat-Muse ainsi que par des campagnes publicitaires et des stratégies de mise en marché communes. En juillet dernier, l'application mobile «29 musées au bout des doigts» a aussi été lancée.

Le développement des clientèles a également été au coeur des actions du réseau grâce au financement provenant de la CREM. En 2009, l'événement L'art de sortir et ses outils associés ont contribué à la mise en valeur des activités éducatives proposées par les musées et centres d'expositions auprès du milieu scolaire. La démarche a été répétée en août dernier. Présentement, c'est la clientèle des aînés qui est sous la loupe du développement de clientèles.

Des formations sont aussi offertes aux membres du regroupement, sur des sujets aussi variés que le webmarketing culturel, les adolescents au musée ou la gestion des bénévoles.

En attente d'une réponse

Mais voilà, la transformation du projet-pilote en une structure permanente est tout sauf garantie. «Le projet-pilote était d'une durée de trois ans, et nous avons obtenu un prolongement d'une année à 75 000 $. En novembre dernier, nous avons rencontré la direction régionale du Ministère et on s'est fait dire: «On ne sait pas». Nous sommes tout à fait conscients que le contexte économique actuel est restrictif, mais nous trouverions dommage que cette action-là soit dans les coupures», note Mme Blais, en attente d'une réponse.

«Les gens au Ministère nous ont dit que les objectifs de performance avaient été largement dépassés, et que si le programme n'était pas implanté, ce serait pour des raisons financières. Nous ne voulons pas être alarmistes; on nous a dit de garder espoir. On a aussi une très bonne écoute des députés de la région peu importe leur parti, qui nous ont reçus à bras ouverts», ajoute-t-elle, en espérant pouvoir éviter que Médiat-Muse doive revenir à sa formule bénévole, faute du soutien structuré de la CREM.

Mme Blais souligne que plusieurs des 31 institutions membres de Médiat-Muse ne reçoivent aucune autre aide que celle du réseau.

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