Un nouvel univers fantastique

Le Trifluvien Victor OH Morasse propose aux amateurs... (Photo: Sylvain Mayer)

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Le Trifluvien Victor OH Morasse propose aux amateurs de fantastique La trilogie du Araffin, dont il vient de publier le premier tome intitulé La grâce blanche.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Trifluvien Victor OH Morasse n'avait que 13 ans quand il a publié sa première nouvelle fantastique à compte d'auteur. Aujourd'hui qu'il a le double de cet âge, le jeune homme écrit toujours autant, et a su s'attirer les faveurs de la maison R2 Éditions, qui publie ces jours-ci les débuts de sa Trilogie du Araffin.

Le premier tome, intitulé La grâce blanche, permet d'entrer dans son univers peuplé de prêtres fous, d'anges de mort et d'un peuple Blanc «qui sacrifie les innocents».

On y suit notamment les pas de Dahlia, une jeune fille qui vit hors du temps, prisonnière au monastère de Hurle-Ciel. Rapidement, elle sera toutefois libérée par des guerriers qui l'entraîneront sur une embarcation aux pouvoirs particuliers où elle fera la rencontre de Riva, un Araffin, peuple créateur du monde.

«Ça fait longtemps que j'ai ce peuple en tête et que je développe sa culture», dit l'auteur. Il en connaît d'ailleurs tellement bien la philosophie qu'à répétition, il ajoute des notes en bas de page de manière didactique pour en expliquer les caractéristiques, donnant du coup l'illusion d'un peuple qui a réellement existé.

Dans les 409 pages de ce premier tome, le lecteur visitera un univers où la magie originale des Araffins est disparue. «Tout ce qui reste, c'est le kraul, une fine poussière qui est dans les éléments», explique-t-il. Conséquemment, la motivation des peuples sera grande pour extraire et exploiter cette ressource et exercer son contrôle.

Plongé dans sa fiction, ce n'est qu'en relisant son histoire complétée qu'il a détecté dans ses pages une critique sociale qui n'était pourtant pas son objectif de départ.

On parle ici d'exploitation des ressources à tout prix, de recherche du pouvoir, de la connaissance, de «tout ce qui est extérieur à soi», dit-il. «En écrivant le premier tome, je n'avais pas cette préoccupation-là mais le fait de créer des parallèles, c'est comme entré dans ma conscience et ça fait partie maintenant de ce que je suis en train de développer pour les deux autres.»

À ce jour, Victor OH Morasse a une centaine de pages écrites pour le deuxième tome, et il a en tête les grandes lignes du troisième. Or cette trilogie constitue une autre heureuse surprise survenue en cours d'écriture, lui qui pensait au départ écrire un seul roman.

«Quand mes personnages ont commencé à n'en faire qu'à leur tête, j'ai compris que mon histoire ne pouvait pas se terminer dans ce livre. Il y avait trop d'éléments à développer. C'est un beau piège», sourit-il. «La trilogie a complètement changé la direction. Il y aura des changements assez radicaux dans la motivation de certains personnages.»

La voie de la psychologie

Victor OH Morasse n'a pas le souvenir d'avoir été un jour particulièrement interpellé par l'écriture. Elle a toujours été là. «On dirait que ça vient de nulle part. Oui, mes parents lisaient beaucoup, mais je n'ai jamais compris comment ça se faisait que j'écrivais autant. C'est quelque chose que j'ai toujours fait et qui fonctionne.»

Outre sa première nouvelle à l'âge de 13 ans, il a été rédacteur en chef du journal étudiant du Cégep de Trois-Rivières, puis auteur d'un blog pendant quatre ans et quelque 200 textes. «L'écriture a un effet sur moi. Quand j'écris, je suis complètement concentré sur ce que je fais. Rien d'autre n'est important. Mon esprit est tellement pris là-dedans que c'en est apaisant.»

C'est néanmoins en psychologie clinique qu'il s'est investi dans ses études, lui qui terminera en mai la troisième année de son doctorat. «L'écriture a toujours fait partie de ma vie mais il y a quelque chose dans la relation d'aide qui m'intéresse aussi depuis longtemps», dit-il, soulignant au passage que ses notions en psychologie contribuent, en parallèle, à développer ses personnages.

Le premier tome de sa trilogie a été écrit au cours des cinq derniers étés, le jeune homme profitant des saisons estivales hors de l'université pour baigner dans l'univers qu'il s'est forgé. Il s'est même amusé à dissimuler quelques clins d'oeil à ses lecteurs.

«J'ai caché des choses dans le livre, des références, des double-sens avec le nom des personnages et de lieux, par exemple, mais c'est très subtil.»

Chemin faisant, en étudiant la psychologie et en créant des univers fictifs, le jeune homme est devenu un observateur de premier plan. «Être observateur, ça fait partie de ma personnalité, il faut juste faire attention de ne pas devenir qu'un observateur qui ne participe plus...»

Fervent adepte de l'équilibre, le sport occupe son quotidien, lui qui est entraîneur de basket-ball depuis 10 ans au Séminaire de Trois-Rivières. Auprès de ses élèves, il porte d'ailleurs une attention particulière à leur insuffler quelques doses de confiance en soi entre deux lancers de ballons.

Il semble avoir réussi tout particulièrement avec l'un d'eux, Simon Rousseau. Avec le temps, ce dernier a grandi, a cultivé ses propres rêves et est désormais son éditeur, sourit-il. «Ça prend du courage pour partir une maison d'édition», observe M. Morasse.

«S'il y a là-dedans une parcelle de ce que j'ai fait dans le passé, je trouve que c'est un beau karma. Aujourd'hui avec lui, j'ai l'impression de participer à quelque chose et de démarrer un rêve un peu fou.»

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