La fin du monde peut arriver

Profitant d'une mise en scène exceptionnelle qui n'a... (Photo: Émilie O'Connor)

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Profitant d'une mise en scène exceptionnelle qui n'a pas, pour autant, laissé les interprètes dans l'ombre, le groupe Mes Aïeux a présenté son tout dernier spectacle hier soir, à la salle Thompson.

Photo: Émilie O'Connor

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sauf erreur, la dernière fois que le groupe Mes Aïeux était venu à Trois-Rivières, c'était en extérieur au FestiVoix. Un spectacle résolument festif et endiablé. Hier soir, à la salle Thompson, ils ont offert la nouvelle mouture de leur talent dans un spectacle qui, malgré sa remarquable sophistication, garde l'empreinte d'un groupe foufou qui distille une profonde préoccupation sociale.

Mes Aïeux avait un album à défendre, leur dernier-né, À l'aube du printemps. Ils en ont présenté la plupart des pièces en faisant ressortir par les arrangements et de brillantes mises en scène l'esprit qui anime l'album et le groupe.

Comme plusieurs autres artistes, ils ont misé sur la technique pour donner du corps à leur spectacle. Les éclairages, oeuvre de Gabriel Pontbriand de la firme Moment Factory, sont rien de moins que fabuleux. Mais plutôt que de se noyer dans la technique, le groupe l'a utilisé comme un outil pour façonner les atmosphères de chaque chanson, livrer chaque message.

On retient plus volontiers les éclairages les plus spectaculaires, et on pense ici à l'atmosphère inquiétante qui a habillé Histoire de peur, mais chaque chanson a eu droit à sa facture particulière. Dans la subtilité autant que dans l'extravagance.

La mise en scène de ce spectacle intitulé Le tour du printemps est tout simplement fantastique.

Elle ne serait cependant qu'ornement si elle ne contribuait pas à quelque chose de plus grand qui est l'esprit de Mes Aïeux. Une attitude faite de bonhomie, d'énergie juvénile, d'une certaine naïveté, même, tout autant que de sensibilité et de lucidité. Ajouté à une sophistication nouvelle, on a le portrait d'un groupe qui évolue, qui se renouvelle et qui est nettement plus que ses quelques succès, si bons soient-ils.

Il importe aussi d'attirer l'attention sur la qualité du meneur de jeu, Stéphane Archambault. Il n'est pas le meilleur chanteur, on s'entend, mais il représente très bien ce qui fait l'indéniable charme de Mes Aïeux. Il est drôle, sympathique, pertinent et apparaît en parfait contrôle de sa prestation tout en ayant l'air d'improviser.

On en veut pour preuve la fin de la première partie alors que le groupe a interprété La stakose dans une mise en scène délirante qui a affublé chaque membre d'une perruque de juge du 19e siècle et deux d'entre eux de collants assez peu seyants, au demeurant. Archambault est descendu dans la salle pour faire réagir le public au micro, ce qui aurait pu être casse-gueule mais qui s'est révélé un des meilleurs moments de la soirée. Fou et sympathique.

Si on s'est concentré sur les chansons, fort intéressantes, du plus récent album, on n'en a pas moins revisité des classiques comme l'inévitable Dégénération, Le déni de l'évidence, Loup blanc ou Le yâbe est dans la cabane. On a même intégré une chanson très sympathique et fort bien écrite qui ne figure sur aucun album et qu'on nous a annoncé comme une exclusivité de spectacle: La fille du Dr Brochu.

Un autre joli moment d'un spectacle qui en a connu plusieurs.

En fait, c'est un des meilleurs spectacles présentés cette année sur une scène trifluvienne. Ça finit 2012 en beauté et s'il avait fallu que la fin du monde se produise (le fait que vous lisiez ces lignes nous dit que ça n'a pas eu lieu) c'eut été une façon assez savoureuse de dire adieu à la vie.

Mes Aïeux sera au Centre des arts de Shawinigan le 2 février prochain avec ce spectacle. À ne pas manquer, dites-vous?

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