«J'ai été dépassé par l'émotion»

C'est en famille que le conteur-chanteur Fred Pellerin... (Photo: La Presse Canadienne)

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C'est en famille que le conteur-chanteur Fred Pellerin a récolté les honneurs, hier, au Salon rouge de l'Assemblée nationale

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

Il s'était écoulé une couple d'heures, hier vers 14 h, après que Fred Pellerin eut reçu l'insigne de Chevalier de l'Ordre national du Québec au Salon rouge de l'Assemblée nationale mais au bout du fil, il était encore sous le coup de l'émotion.

Pauline Marois a tenu à souligner la réciprocité... (Photo: PC) - image 1.0

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Pauline Marois a tenu à souligner la réciprocité entre Fred Pellerin et sa patrie.

Photo: PC

«Quelle charge émotive incroyable, je suis encore bouleversé. J'ai capoté avec ça. Je n'ai pas dormi de la nuit, c'était comme trop...», commente le récipiendaire. «lls te mettent la ''pin'' et vraiment, la phrase qui tue, quand les rotules te virent à l'envers, c'est quand Pauline Marois dit: Au nom du peuple du Québec je te fais chevalier. Cette phrase-là, tu cherches un siège pour t'asseoir.»

Devant lui, au-delà des nombreux ministres présents, il y avait sa conjointe, ses trois enfants, sa mère, sa belle-mère, Léo Déziel et son épouse, ainsi que Gilbert Guérin, le Caxtonien qui a soumis son dossier. Un dossier étoffé il va sans dire, qui portait entre autres les signatures de Michel Rivard, Luc Picard, Daniel Pennac, Gilles Vigneault, et Léo Déziel.

Dans le décorum de cette cérémonie, Fred Pellerin avait eu beau se préparer, avait même acheté son premier veston à vie pour l'occasion lundi matin, le jongleur par excellence de la parole en a néanmoins perdu ses mots. «Je m'étais préparé un beau texte et je l'ai reniflé pendant dix minutes...», dit-il.

«Je pense pas avoir dit une phrase complète. J'aurais aimé ça le swigner, le jazzer, fesser dans l'émotion mais le fessage s'est retourné contre moi. J'ai été dépassé par l'émotion et j'arrivais mal à me contrôler. J'ai pas les pattes pour ça.»

On lui a décerné cet honneur pour son travail, sa passion, son dévouement, son influence positive, son rayonnement. «C'est gros. Il y en a des belles récompenses, les Félix on est toujours content de les avoir mais là, ce n'est pas l'académie, c'est le peuple auquel t'appartiens qui te donne ça. J'étais viré à l'envers. Jamais été à l'envers de même», tranche-t-il.

«En fait, je suis viré à l'envers depuis un bout, parce que cette médaille-là a fait des vagues... Ça m'a viré à l'envers de plusieurs façons mettons», souligne-t-il en faisant allusion au fait qu'en juin dernier, il n'est pas allé chercher son insigne, mal à l'aise d'être honoré pendant que dans les rues, le contexte social du Québec était explosif.

Hier, il était heureux de pouvoir recevoir l'honneur qu'on lui fait, d'autant plus qu'il aime beaucoup la signification de son insigne et que son symbole est sérieusement lié à ses convictions puisqu'elle est remise à ceux qui participent «à la chose québécoise, à une québécitude, à une fierté», dit-il.

«C'est un questionnement qui m'habite beaucoup, qui est parfois un malaise, parfois de l'espoir, qui est moustaché, qui est marbré. La fierté, ça peut être déjà une frontière, une des bornes qui aideraient à la définition de ce qu'on est.»

«C'est de ça que je voulais parler. On aime un Québec qui est flou dans sa frontière géographique, dans sa frontière sémantique, dans toutes ses frontières, mais au-delà de la question du parti ou de l'allégeance, on sait qu'on est un Québec. On a de la misère à le définir sur plein de niveaux mais on sait qu'on l'aime parce que des fois, on a des frissons en commun, on a des affaires pour lesquelles on est fier en commun.»

Le moment était donc particulièrement touchant pour lui. «J'imagine que les gens qui se marient doivent vivre ça. Je sentais que c'était comme un point, ça, dans ma vie. Je sais pas pourquoi.»

Ses enfants ont compris eux aussi que le moment était particulier.

«Ils savaient que je recevais une belle médaille, parce que j'avais travaillé fort. En gros, je leur avais expliqué qu'on s'en allait dans un grand château et que la chef du pays serait là. Je leur ai mis ça accessible, mais en même temps ils étaient un peu bouleversés de me voir bouleversé. Pour eux, c'était supposé être le fun. On leur a expliqué que c'était des larmes de fun... Ils étaient beaux, ils s'étaient mis chic, c'était une belle grande sortie.»

Pour lui, cette agréable matinée lui permettait de clore un épisode qui avait été envenimé, en juin dernier, par une déclaration malheureuse de l'ex-ministre Christine St-Pierre qui avait tenté de profiter de l'occasion pour associer la violence aux carrés rouges, avant de s'excuser.

Fred Pellerin n'a jamais voulu embarquer dans ce débat. «Je n'ai rien refusé. Moi, je suis chevalier depuis le mois d'avril. Je recevais les choses de l'Ordre. Il ne manquait la ''pin'' et la cérémonie. Cette journée-là (en juin), j'ai plaidé la grippe sociale, la grippe d'un peuple. J'étais trop malade pour me rendre là.»

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