Le Barbier de Séville: pour les comédiens, les clins d'oeil et la légèreté

Dans l'ordre, on aperçoit les comédiens Patrick Bélanger,... (Photo: Sylvain Mayer)

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Dans l'ordre, on aperçoit les comédiens Patrick Bélanger, Patrick Lacombe, Martin Francoeur et François Gagné, ainsi que la comédienne Justine Jacques.

Photo: Sylvain Mayer

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

Le Théâtre des Gens de la place, qui célèbre son vingtième anniversaire cette saison, donne lieu actuellement à un spectacle qui rallie six des meilleurs éléments masculins de sa jeune histoire, des acteurs qui donnent d'ailleurs toute son efficacité à la comédie classique Le Barbier de Séville, quitte à lui insuffler quelques petits délires au passage.

Grâce à eux, difficile de ne pas ressortir de cette pièce de Beaumarchais avec un sourire tatoué au visage et ce, malgré une histoire somme toute plutôt anodine.

Les représentations ont débuté jeudi à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières, sous une mise en scène signée Éveline Charland qui, à l'image de sa distribution, s'est visiblement amusée en saupoudrant sa pièce de clins d'oeil anachroniques.

Ce n'est pourtant pas le propos de la pièce qui est le plus captivant. Le Barbier de Séville est une comédie tout à fait classique et, à la limite, sans grand intérêt. Mais les comédiens se glissent dans cet univers avec une intelligence du jeu qui fait la différence et qui transforme le tout en partie de plaisir.

On y rencontre le bourru et vieux médecin Bartholo (François Gagné), qui tient la jeune Rosine (Justine Jacques) quasi en otage, voulant faire de sa pupille son épouse, au grand dam de la demoiselle. C'est le comte Almaviva (Patrick Bélanger) qui, sous le charme de la belle, lui viendra toutefois en aide en jetant son dévolu sur elle et en jouant toutes ses cartes pour ravir son coeur et en faire sa propre fiancée.

Pour exaucer son souhait, il se fera aider par le valet Figaro (Patrick Lacombe), contrairement au docteur Bartholo qui, lui, fera appel à Don Bazile (Martin Francoeur). Ce dernier se révélera toutefois beaucoup trop attiré par l'appât du gain pour lui être loyal.

Le plaisir, avec des comédiens d'expérience, c'est qu'ils n'en font pas trop, mais juste assez pour toucher la cible. Le résultat est ici réjouissant. Le rythme ne fait jamais défaut, la précision est toujours au rendez-vous, les personnages sont bien définis et les textes sont tout à fait assumés.

On découvrira en premier lieu le tandem constitué de Patrick Bélanger, qu'il faisait drôlement bon revoir dans une pièce du TGP, et de Patrick Lacombe, qui a résolument un ressort comique efficace à souhait.

Autre drôle de tandem, François Laneuville et Martin Bergeron n'apparaissent que quelques minutes, en serviteurs notamment, mais tirent aisément leur épingle du jeu. Quant à Martin Francoeur (collègue au Nouvelliste), il détient une palette de mimiques assez colorée pour faire mouche à chacune de ses apparitions.

Seule présence féminine dans cet univers masculin, Rosine n'en est pas moins un personnage central, qui est incarné par une Justine Jacques en pleine possession de ses moyens. Par son profil pétillant et sa candeur juvénile, la comédienne embarque dans cette galère sans retenue et épouse un rôle qui, chez une personne moins expérimentée, aurait pu tourner à un exercice trop caricatural.

Le tout prend place dans un décor qui n'occupera que la moitié de la scène, un espace qui aurait pu paraître un peu dénudé au départ, mais qui prendra sa pleine mesure quand on retournera l'élément de décor pour en proposer un nouveau, doté d'un escalier intéressant pour les déplacements. Ce cadre est d'ailleurs magnifié par des éclairages élégants.

Côté trame sonore, on a opté pour quelques notes classiques qui cadrent bien avec l'univers, tout en réservant quelques surprises au détour en adaptant les chansons de la pièce à la sauce tégépienne, jusqu'à prendre le risque de jouer avec le texte pour entonner certaines pièces sur des airs tout à fait contemporains cette fois.

Dans l'ensemble, la pièce plaira sans contredit à ceux qui ont le goût d'une brise de douce folie à l'approche des fêtes et qui sont sensibles à la subtilité du jeu des comédiens.

Ces éléments donnent pleine valeur à cette production. La comédie ne remplira toutefois pas les attentes de ceux qui ont besoin d'un propos un tant soit peu plus substantiel pour y retrouver complètement leur compte.

La pièce sera présentée de nouveau jeudi, vendredi et samedi, 20 h.

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