L'idéal de la précision

Le Messie de Haendel a été brillamment interprété... (Photo: Sylvain Mayer)

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Le Messie de Haendel a été brillamment interprété hier par l'OSTR, l'ensemble Vocalys, la soprano Suzie LeBlanc, la mezzo-soprano Anita Krause, le ténor Jacques Olivier Chartier et le baryton-basse Philippe Sly.

Photo: Sylvain Mayer

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Deux ans après un premier rendez-vous avec Haendel, Jacques Lacombe et Raymond Perrin ont uni hier les musiciens et les choristes qu'ils dirigent pour répéter l'expérience tant appréciée en 2010. Le chef de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières et celui du choeur Vocalys ont gagné leur pari de mener encore plus loin l'interprétation du Messie devant une salle Thompson pratiquement comble.

La soprano Suzie LeBlanc, la mezzo-soprano Anita Krause, le ténor Jacques Olivier Chartier et le baryton-basse Philippe Sly se sont joints aux musiciens et aux choristes pour livrer 43 numéros de l'oratorio composé en 1741 et particulièrement connu pour le festif Hallelujah qui clôt la deuxième de ses trois parties.

Parmi toutes les observations susceptibles d'alimenter les commentaires, nous en retiendrons deux: la qualité de la précision nécessaire au succès de ce mariage à trois, et la qualité intrinsèque de l'oeuvre, qui justifie sa place dans le panthéon des incontournables du répertoire baroque.

L'idéal de la précision d'abord. Avec son clavecin et sa majorité de cordes, le style baroque porte en soi cette espèce de rythme plus carré que rond, qui appelle à la précision, justement. Parfois un peu mécanique par rapport aux envolées du romantisme, par exemple, le baroque se reconnaît par sa netteté, sa régularité, si on peut dire. Il revenait aux 26 musiciens de l'OSTR de rendre cet esprit XVIIIe siècle.

La précision était aussi de mise pour le choeur Vocalys, toujours aussi solide. Les vocalises acrobatiques de certains numéros du Messie ne peuvent souffrir d'aucun relâchement ou d'à peu près. La justesse est primordiale dans la moindre des doubles-croches de ces riches partitions, et les 20 choristes du choeur trifluvien n'ont rien à envier à quelqu'autre «rival» que ce soit dans la maîtrise de l'oeuvre-phare qu'est Le Messie. L'équilibre parfait des quatre parties de voix et le juste dosage de la puissance du choeur sont à noter.

Enfin, les quatre solistes doivent aussi, évidemment, intégrer cette précision dans la gymnastique vocale qu'Haendel a imaginée pour eux. Particulièrement détendues et souriantes quand le contexte s'y prêtait, Suzie LeBlanc et Anita Krause ont démontré le grand niveau de leur talent, dans une attitude dénuée de flamboiement, totalement au service de la musique. Le ténor d'origine trifluvienne et le baryton-basse aux racines familiales latuquoises ont pour leur part donné raison aux différents jurys qui les ont couronnés dans nombre de concours.

Cette précision combinée des musiciens, des choristes de Vocalys et des quatre solistes, dirigée par un Jacques Lacombe en remarquable forme, a fait honneur à la succession de choeurs, d'airs, de récitatifs et d'accompagnatos du Messie.

La qualité intrinsèque de l'oeuvre, maintenant. En entrevue avec Francis Dubé en causerie préconcert, Jacques Lacombe et Raymond Perrin ont tous deux fait ressortir la qualité d'écriture du Messie de Haendel. Le chef de choeur a vanté «la palette d'écriture» dans laquelle sont immergés les choristes, alors que Maestro Lacombe a tenté d'expliquer la pérennité du succès du Messie en évoquant entre autres la maturité professionnelle du compositeur.

«Haendel a fait la synthèse de différents styles en vogue à l'époque. Aussi, il y a une ferveur dans Le Messie, une universalité dans le message, dans le langage, dans la palette d'émotions transmises. C'est une oeuvre grandiose, mais aussi tout en profondeur», a-t-il souligné, en ajoutant que de la musique du Messie émane un je-ne-sais-quoi d'intemporel, de connu, de familier.

On ne peut que donner raison aux deux hommes. C'est ce qui ressort de l'écoute du Messie intégral: un voyage, une aventure musicale peu banale, tout en harmonie et en nuances de sensibilité.

Une de mes deux étoiles de l'après-midi d'hier est décernée à Raymond Perrin, le directeur de Vocalys qui s'est déplacé de l'orgue au clavecin et du clavecin à l'orgue en continu, tout au long des 43 numéros. Un athlète du clavier, et un modèle de concentration. Bravo. La deuxième étoile va à Haendel lui-même... Monsieur Haendel, comment avez-vous réussi à composer une oeuvre si riche et belle en seulement... 25 jours?

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