La force libératrice

Le spectacle est d'une grande fluidité, en plus... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le spectacle est d'une grande fluidité, en plus d'être interprété magnifiquement par des danseurs totalement habités, parfaitement maîtres de leur technique et au mieux de leur forme.

Photo: Émilie O'Connor

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Le Nouvelliste

N.D.L.R.: La Corporation de développement culturel de Trois-Rivières, Le Collège Laflèche et Le Nouvelliste se sont associés dans un projet permettant la publication de critiques de spectacle. Dans le cadre d'un exercice imposé par le professeur Gyslin Demers du Collège Laflèche, les étudiants ont eu à assister à une représentation du spectacle Gravity of Center de RubberbanDance Group pour en faire une critique. Le Nouvelliste a sélectionné deux textes qui rassemblent les meilleurs éléments attendus pour une critique.

Il est étonnant de voir jusqu'à quel point la pièce Gravity of center créée en 2011 peut prendre diverses dimensions, révélant bien évidemment la beauté des gestes d'une production à l'enthousiasme communicatif.

Que de chemin parcouru pour Victor Quijada, formateur du groupe de danse RubberbandDance Group et de ses quatre danseurs qui occupent une place très particulière dans le paysage chorégraphique! Dès le départ, danser pieds nus sur la scène donnait l'impression d'une incommensurable liberté et d'un primitif original.

Le spectacle s'ouvre sur une lumière étincelante et un univers sonore où ses variations de teinte, de tonalité, de rythme, d'intensité et d'ampleur ont un écho, une vibration motrice qui éveillent une gestuelle grave et lente, empreinte de quiétude, de force et de recueillement.

Le spectateur doit d'abord faire totalement le vide en lui pour se laisser aller jusqu'à se fondre dans la répétition de mouvements onduleux et obsessionnels, pour se joindre visuellement à ses bras qui s'entrelacent, à ses corps qui s'enroulent et se déroulent, se nouent et se dénouent, s'emboîtent et se disjoignent dans un très bel élan émotionnel.

C'est un spectacle puissant et énergique qui demande beaucoup aux danseurs, car l'expressivité est continuelle. Les sentiments qui traversent les danseurs se lisent sur leurs visages aisément. Aucun artifice sur scène, juste la performance laquelle s'avère réellement remarquable! La chorégraphie, quant à elle, évoque aussi la passion, la force et la pugnacité qui animent les sentiments de révolte qui habitent les danseurs. La musique de Dj LIL'Jaz, utilisée comme support de l'oeuvre, est envoûtante et concourt, par les différents bruitages ajoutés ou superposés, à créer une atmosphère de début ou de fin du monde.

Un regret cependant, celui des temps morts qui, sans doute, avaient pour but de rompre le rythme et de reposer l'esprit. Le spectacle est servi par de beaux éclairages de couleurs, bleu, blanc, rouge qui s'écrasent de temps à autre sur le corps des danseurs ou à l'extrémité de la salle, rendant le spectacle encore plus impressionnant! Si les danseurs pouvaient parfois se montrer brutaux, se battant les uns contre les autres, ils pouvaient aussi être tendres, épousant leur sérénité, leur sagesse.

Le spectacle est d'une grande fluidité, en plus d'être interprété magnifiquement par des danseurs totalement habités, parfaitement maîtres de leur technique et au mieux de leur forme. Anne Plamondon, Elon Höglund, Emmanuelle Lêphon, Danielle Mayo et Victor Quijada ont complètement ébloui et ont tout pour plaire au grand public par leur talent et leur constance qui arrivent à libérer le sens du primitif qui habite l'homme. La danse de la survivance fait souvent naître en nous une force libératrice insoupçonnée.

Lucie Asselin

Étudiante au Collège Laflèche

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