La voix plus engagée d'Étienne Drapeau

Étienne Drapeau a sorti dernièrement son quatrième album,... (Photo: Stéphane Lessard)

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Étienne Drapeau a sorti dernièrement son quatrième album, dont il signe tous les textes et toutes les musiques, le tout sous une réalisation de Guy Saint-Onge.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Du chanteur Étienne Drapeau, plusieurs gardent peut-être en mémoire l'image du joueur de hockey évincé rapidement de la cuvée Star Académie 2004. D'autres auront en tête le chanteur de ballades amoureuses des dernières années qui, sans transcender le genre, a eu le don de cumuler quelques pièces au sommet des palmarès radio.

C'est dire à quel point on peut être surpris par la verve de son discours actuel sur l'environnement, la surconsommation, les victimes de la répartition des richesses dans le monde, jusqu'à adopter un vocabulaire altermondialiste qui, ma foi, ne lui va pas mal du tout.

À 32 ans, Étienne Drapeau a le goût d'avancer encore vers le public, et de le faire de manière plus engagée que par le passé. Le lancement de son quatrième album sous le titre Le monde est beau est un peu une sortie du placard, pour lui, en ce sens. Une sortie timide, mais tangible, qui révèle ses préoccupations universelles sur la pièce-titre et sur Tous ensemble (Inch'Allah), ainsi que son affection pour la fierté québécoise et pour le fait français sur Dans ce pays et Je me souviens, ce dernier titre étant d'ailleurs un adorable clin d'oeil aux poètes et aux chansonniers d'ici.

Ceci dit, sur son album de douze pièces, l'auteur-compositeur et interprète laisse encore beaucoup d'espace aux chansons d'amour qui, dit-il, demeureront. «L'étiquette de chanteur de charme, je l'ai assumée. Je suis un amoureux de la vie, de l'amour et des femmes et je ne m'en cache pas. La chanson d'amour n'est pas toujours bien vue», déplore-t-il, «mais elle m'a très bien servi.»

Au cours des dernières années, son rôle de porte-parole pour des fondations de jeunes ainsi qu'un voyage humanitaire au Maroc ont cependant éveillé chez lui de nouvelles sensibilités face à d'autres réalités. «Je me suis mis à dévorer les lectures, les documentaires et les vidéos sur ces sujets», note-t-il. «Quand tu prends conscience de tout ça, tu ne peux pas faire comme si ça n'existait pas.»

Le jeune homme dit ne pas avoir le profil pour aborder la scène politique active mais qu'à sa mesure, il aimerait contribuer à faire changer des choses. «Je ne suis pas le prochain Paul Piché, ni le prochain Biz. Je connais mes limites, mais j'ai le goût de me servir de mon art et de mes tribunes pour véhiculer des messages qui me tiennent à coeur», dit-il.

«Le monde est beau, c'est une conscience sur le monde à une époque cynique. Il faut s'insurger, c'est important, mais chaque être humain a une responsabilité et moi, ce que je peux faire, ce sont des chansons.»

Il a néanmoins hésité à dévoiler son côté plus engagé. «Je ne m'étais jamais présenté comme ça dans le passé... Il faut avoir l'âge, la sagesse et la maturité pour ça», considère-t-il.

Une fois son album complété, il a réalisé que ses chansons les plus engagées se retrouvaient en fin d'album. «Fallait y aller doucement. La politique est un sujet sensible. Ça brasse quand tu te mets à parler de cela au Québec... Je sais que de revenir complètement avec de la grande ballade aurait été une avenue plus sûre pour moi, mais j'avais le goût de faire le pari.»

Nouvelle alliance avec Musicor

Étienne Drapeau a changé de stratégie en cours de carrière. Alors que ses deux premiers albums étaient le fruit de sa propre maison de disques, il a fait appel à Mario Pelchat pour coproduire son troisième opus, et a joint Musicor cette fois-ci.

La tournée de cet album sera la première dans laquelle il se retrouvera sur scène avec un décor et une mise en scène. «Avant, je voyais ça assez simple», sourit-il. «Je suis un vieux de la vieille. J'ai grandi avec les groupes et les chansonniers. Je croyais qu'un artiste devait être seul sur scène avec sa guitare ou son piano. Je me disais que je devais être capable d'intéresser les gens avec mes textes et mes chansons seulement mais, cette fois, j'ai eu envie d'avoir un peu de ce que les autres ont...»

La tournée de spectacles, qui devait débuter ce mois-ci au Théâtre Saint-Denis, a toutefois été retardée. L'artiste avait réservé ces dates depuis un bon moment, avant de signer avec Musicor, pour finalement convenir qu'il lui faudra un peu plus de temps pour proposer le spectacle qui se doit.

Mais encore, Étienne Drapeau vise l'Europe. «Je suis quelqu'un qui visualise tout le temps et un jour, je vais faire carrière en Europe», sourit-il.

«D'habitude, je suis assez tête dure pour arriver à mes fins...» D'ailleurs, il connaît la chanson. Après avoir flirté avec les bars pendant trois ans avant de joindre Star Académie, il n'hésiterait pas une minute à arriver dans un lieu où il est inconnu. «Aucun problème avec ça!»

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