Financement à Radio-Canada: une commission parlementaire réclamée

Alex Levasseur est le président du Syndicat des... (Photo: François Gervais)

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Alex Levasseur est le président du Syndicat des communications de Radio-Canada qui regroupe près de 1800 membres dans l'ensemble du Québec et à Moncton.

Photo: François Gervais

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de nommer une commission indépendante appelée à examiner les modes de financement de Radio-Canada et d'en fixer les balises une fois pour toutes, ce financement étant devenu un problème récurrent à la société d'État.

À trois semaines du début des audiences du CRTC sur le renouvellement des licences de Radio-Canada, le président du SCRC, Alex Levasseur, a profité de son passage à Trois-Rivières hier pour marteler son message et pour dénoncer les nouvelles coupes de 28,4 millions $ qui contraignent Radio-Canada à amputer sa programmation, un contexte qui touche invariablement les régions, souligne-t-il.

«Le financement de Radio-Canada est actuellement au même montant qu'en 1990», donne-t-il en exemple. C'est dire les baisses qui ont été accusées, considérant l'augmentation des coûts d'opération et la hausse du coût de la vie depuis 21 ans.

Il rappelle par ailleurs que, contrairement à la croyance populaire, Radio-Canada est désormais financée à 50 % par les deniers publics alors que l'autre moitié provient du privé, que ce soit de la publicité, de la vente de séries à l'étranger, de la vente de DVD ou de la location d'espaces de ses locaux.

Avec les nouvelles coupes annoncées, Radio-Canada n'aura d'autre choix que de couper encore dans les dépenses, ce qui affectera inévitablement le contenu canadien.

«Déjà à la radio de Radio-Canada en soirée, on s'aperçoit qu'il n'y a plus que des reprises des émissions de la journée», fait-il valoir. «À la télévision, une émission comme Une heure sur terre n'aura cette année que 14 émissions originales sur 52 semaines. Le reste de l'année, on diffusera des reprises des années antérieures», renchérit-il.

Dans une région comme la Mauricie, c'est l'annonce, cet été, de l'abolition du Fonds pour l'amélioration de la programmation locale (FAPL) qui a fait mal. Au-delà du Téléjournal Mauricie, on a coupé tout le reste, dit-il, un contenu majoritairement culturel.

«On fait campagne depuis plus de deux ans maintenant pour sensibiliser la population à l'importance du rôle de Radio-Canada», note M. Levasseur.

Il souligne au passage que le gouvernement canadien est en désaccord avec le mandat que Radio-Canada se donne de livrer aux citoyens une information objective.

«Le gouvernement aimerait que ce soit une télévision d'État qui prendrait le message du gouvernement et qui le livrerait ainsi... On est dans cette dynamique-là», dit-il. «Dans l'Ouest, on préfère écouter les émissions américaines et on nous dit: fermons ça (Radio-Canada).»

«On veut que le CRTC nomme une commission indépendante qui va donner des directions claires, sinon on s'en va directement vers la privation de Radio-Canada. Ce que l'on souhaite, c'est que Radio-Canada puisse avoir un financement déterminé, adéquat et prévisible d'une année à l'autre», dit-il en expliquant que sur le plan de la programmation, il devient de plus en plus difficile de s'engager dans des projets à long terme, des séries par exemple.

M. Levasseur termine en étayant ce qu'il en coûte aux Canadiens pour avoir leur télévision publique, soit 29 $ par année, par Canadien.

«Les Français donnent 87 $ par année à leur diffuseur public alors que les Allemands paient 111 $. Avec 29 $, on est dans le peloton de queue au Canada.»

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