Le slameur David Goudreault adopte les vers libres

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Le jeune poète David Goudreault fait coup double, ce mois-ci, en publiant Mines à vacarme, en France, et Premiers soins, au Québec.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le slameur David Goudreault, originaire de Trois-Rivières, vient de publier un tout premier recueil de poèmes aux Écrits des Forges, la maison d'édition qu'il convoitait pour son entrée dans le monde de la poésie.

C'est en s'inspirant du milieu hospitalier qu'il propose Premiers soins, une collection de 55 poèmes qui nous entraînent dans les corridors et dans les chambres d'un centre hospitalier, là où règne un concentré de matière brute pour quiconque s'intéresse à la condition humaine. Il en résulte un recueil inspiré et inspirant qui nous happe rapidement.

C'est par le biais de son narrateur poète, qui y séjourne pour une maladie grave, que l'on entre dans cet univers. «Ce n'est pas complètement autobiographique», avise-t-il d'entrée de jeu pour écarter tout soupçon. «Ma condition de poète est ma seule condition incurable.»

David Goudreault a déjà séjourné dans un hôpital, mais sa connaissance du milieu repose davantage sur le fait qu'il compte plusieurs travailleurs du milieu dans son entourage, à commencer par sa mère infirmière, et qu'il a visité de nombreux centres hospitaliers dans ses fonctions de travailleur social, lui qui a aussi évolué pour Prévention Suicide et pour des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels.

Dans le milieu hospitalier, il a trouvé surtout un terreau fertile pour parler de l'essence de l'être humain. «Les poèmes tournent souvent autour des grandes blessures de l'âme alors pour moi, c'était un clin d'oeil à la poésie», dit-il.

Jusqu'à ce jour, le jeune poète s'est surtout fait connaître sous son profil de slameur, notamment en remportant la coupe du monde de Slam poésie à Paris, en 2011. Au-delà de la scène, la poésie en vers libres l'interpellait toutefois depuis un bon moment déjà, et la maison d'édition Les Écrits des Forges était dans sa mire. «Pour moi qui suis un gars de Trois-Rivières, il était très important d'être publié là, d'autant plus que ce sont eux qui ont publié mes premiers poèmes à l'âge de 17 ans via un concours à la polyvalente», relate-t-il.

Il a tout de même fallu qu'il s'y reprenne à deux fois pour y être admis. La maison d'édition trifluvienne avait refusé son recueil une première fois, signalant que l'intérêt pour son oeuvre y était, mais que certains aspects étaient à retravailler, note David Goudreault, qui ne s'en est pas porté plus mal. «Je suis très ouvert à la critique. Les corrections font partie du processus d'écriture», fait-il valoir. «Je l'ai perçu plus comme un défi que comme un refus catégorique.»

Habitué à écrire au quotidien et à fignoler, il a pris le temps de revoir son matériel, pour l'envoyer par la suite à une dizaine de maisons d'édition, desquelles il a reçu plusieurs réponses positives, dont une en provenance des Écrits des Forges, qu'il a évidemment choisie. Il se promet d'ailleurs de travailler de nouveau avec eux. «Je suis un jeune poulain heureux dans son écurie», sourit-il.

L'écriture est en train de damer le pion à son métier de travailleur social, qui ne l'occupe plus que deux jours par semaine désormais. Son automne est d'ailleurs particulièrement chargé. Cette semaine, en plus de son recueil aux Écrits des Forges, paraissait aussi un recueil de ses textes de slam en France, sous le titre Mines à vacarme. Pour le moment, cet ouvrage n'est pas distribué au Québec mais les gens peuvent le commander sur le site du poète.

David Goudreault est aussi à l'oeuvre actuellement à titre de parolier pour le groupe trifluvien Around Joshua et pour la chanteuse Gaële. Cette dernière sortira son nouvel album cet automne, sur lequel on retrouvera quelques titres signés par le Trifluvien. Enfin ce printemps, il espère présenter un spectacle et un nouvel album de slams et de chansons, qui sont présentement en préparation.

Parmi tous ces projets, il s'aère l'esprit. «Écrire peut provoquer quelques effets secondaires», sourit-il. «Il est très important pour moi d'avoir un certain équilibre et je suis chanceux puisque je viens de m'acheter une maison... C'est une grâce de pouvoir jouer du marteau et me salir les mains entre deux poèmes.»

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