«C'est une écriture pianistique extrêmement exigeante», confirme le directeur artistique et chef attitré de l'OSTR Jacques Lacombe en évoquant ce concerto finalement créé à New York le 28 novembre 1909 par Rachmaninov lui-même. Le compositeur a même dû décevoir le public qui lui réclamait un rappel. Il aurait indiqué que ses doigts ne pourraient pas, mécaniquement, suivre sa volonté de rejouer après l'interprétation de ce concerto si ardu...
«Techniquement c'est difficile, mais physiquement aussi. Il faut jouer les notes, mais aussi soutenir la cadence. Ce concerto est un des principaux chevaux de bataille des pianistes de haut niveau», commente Jacques Lacombe. Celui à qui il a demandé de le jouer est un pianiste d'origine ukrainienne maintenant installé à Montréal après avoir étudié et séjourné en Allemagne et en Angleterre.
Le chef avait notamment côtoyé le jeune musicien alors que le premier était chef invité à l'Orchestre symphonique de Montréal et que le second franchissait les étapes pour conquérir le premier prix du Concours international de piano de Montréal en 2004. «Je l'avais dirigé lors de la finale et lors du concert gala. Il démontre une grande musicalité qui emporte tout le monde», commente Jacques Lacombe en parlant de Serhiy Salov, que l'on a aussi pu voir et entendre en mai dernier à la Maison de la culture avec les Jeunesses musicales du Canada.
Le brillant pianiste a joué une première fois devant public à l'âge de 11 ans en livrant le Concerto en la mineur de Grieg avec l'Orchestre national d'Ukraine, et a offert son premier récital solo l'année suivante à la salle de la Philharmonie de Donetsk, sa vile natale. On peut l'entendre sur deux disques, soit Autour de Chostakovitch, paru en 2007 et Printemps sacré des Slaves, réalisé en 2010.
La deuxième partie du concert de samedi sera consacrée à la Symphonie no 2 en mi mineur, opus 27 de Rachmaninov. Tout comme le concerto, cette symphonie en quatre mouvements sera jouée pour la première fois par les musiciens de l'OSTR. En admettant que cette oeuvre ne figure pas souvent dans les programmations d'orchestres, Jacques Lacombe fait remarquer qu'il s'agit de quelque chose de «tellement beau, facile d'accès».
En général, en préparant le programme de samedi, le chef d'orchestre n'a pu que constater que Rachmaninov «est un expert dans la compositions de vers d'oreilles. Il y a des thèmes qui reviennent dans la tête, des mélodies accrocheuses...». D'ailleurs, le compositeur né en Russie en 1873 est reconnu comme l'un des derniers grands romantiques. Ses qualités de mélodiste demeurent constantes dans les héritages qu'on attribue à ce Russe qui a migré vers l'Ouest pour fuir la Révolution et s'est éteint aux États-Unis en 1943.
Le concert de samedi s'ouvrira par l'interprétation du Thème anniversaire du Conseil québécois de la musique - 25 ans ensemble pour la musique, composé par Anthony Rozankovic, «une courte ouverture plutôt festive», décrit Jacques Lacombe.