L'iPhone comme médium artistique

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Une oeuvre de Miss Pixels

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Shawinigan) C'est en photographiant la Mini Cooper bleue de son amie avec son iPhone qu'Isabelle Gagné, alias Miss Pixels, a réalisé que l'outil qui lui servait avant tout de téléphone portait aussi en lui un potentiel de médium artistique. Trois ans après cette découverte, l'illustratrice et designer graphique présente sa démarche à l'événement Mégapixel, qui fait honneur à l'art photographique dès ce soir et jusqu'au 14 octobre à Shawinigan.

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Isabelle Gagné, alias Miss Pixels

«J'ai eu le déclic au moment où j'ai ouvert les premières applications. Ça a été un coup de foudre, parce que je n'avais pas l'intention d'aller là... Mon iPhone, c'était pour téléphoner!», raconte Miss Pixels en revenant sur cette photo de la voiture de son amie, prise avec son téléphone intelligent. En voulant faire ressortir les gouttes d'eau qui ruisselaient sur l'automobile, la designer graphique a exploré les applications permettant de traiter les images captées par l'iPhone.

Depuis, Isabelle Gagné utilise cet instrument pour créer des images qui ont été exposées en Italie, en Australie et aux États-Unis, et publiées dans des magazines comme le réputé Wired. On parle d'iPhoneographie ou d'art mobile pour décrire cette nouvelle variation dans le domaine de la photographie artistique. Depuis 2009, les applications de traitement d'images n'ont cessé de se perfectionner, ce qui a par le fait même favorisé l'évolution des possibilités artistiques.

«Au fil des ans, il y a de nouvelles applications qui sortent et qui permettent de faire évoluer le langage plastique. En 2009, c'était limité. On était dans une phase exploratoire. Les applications sont de plus en plus performantes et permettent des retouches de plus en plus précises. On peut ajuster la lumière et les contrastes de façon à révéler la photo encore plus dans ses détails», observe Miss Pixels, qui exposera 112 images au Centre des arts sous le thème Pixels fossiles.

Justement ces 112 images, croquées depuis 2009, témoignent du développement des outils permettant de travailler les photos, puisque Miss Pixels les a toutes re-traitées avec les applications les plus récentes. «Le thème de Mégapixel cette année est l'urbanité. J'ai des images d'un peu partout - de Paris, de Madrid, d'Istanbul, de Montréal, etc. - prises depuis 2009 et revisitées. C'est un peu comme des fragments de ma vie, fossilisés dans le temps», décrit l'artiste de Mirabel.

L'exposition d'Isabelle Gagné en côtoiera quatre autres au Centre des arts. Le photographe Yves Médam présentera Métropolis, dévoilant par images fragmentées les espaces urbains de Paris, New York, Montréal et Lisbonne. Dans État naïf, Étienne Boisvert proposera «une exploration visuelle de l'espace urbain et de l'humain qui en prend possession». Saisir l'essence regroupera des finalistes du concours Alumia 2012, dédié aux réalisations d'architecture et de design industriel utilisant l'aluminium d'une manière novatrice.

Le collectif eyephoneography a créé une exposition spécialement pour Mégapixel, UrbanMegaEye. La Française Nadine Benichou, l'Américain Richard «Koci» Hernandez, le Britannique Graham Preston et l'Espagnol Rafael Ricoy y dévoileront les oeuvres nées de leurs appareils mobiles.

Trois expositions extérieures pourront également être vues à la Place du Marché. Avec Cité Lumière, Xavier Proulx posera un regard esthétique sur des scènes urbaines quotidiennes, tandis que Lino Cipresso proposera une exposition en deux volets, le premier où se marieront architecture urbaine et artistes de cirque, et le deuxième ayant comme vedette le stade olympique de Montréal. Enfin, les membres du Club de photo mauricien exposeront une sélection de scènes de ville, dont certaines de Shawinigan.

Réalisée par Culture Shawinigan et ses partenaires, la deuxième édition de Mégapixel sera inaugurée ce soir à l'occasion d'un 5 à 7 au Centre des arts. Parmi les activités parallèles aux expositions, on peut noter une formation sur la photographie d'oeuvres d'art par le photographe trifluvien Gilles Roux le 13 octobre et, le même jour, un safari photo urbain en compagnie de Stéphane Daoust. Le 11, Miss Pixels partagera son processus de création et les trucs qu'elle exploite avec ses applications favorites dans une conférence-atelier.

Pour Isabelle Gagné, comparer l'iPhoneographie avec la photo traditionnelle est une erreur. «C'est un médium de la même famille, mais pas de la même catégorie. C'est un peu comme quand le polaroïd est arrivé: certains ont fait de l'art avec. Aujourd'hui, on est dans un univers où tout est en haute définition. Avec l'iPhone, il y a une texture que le HD n'a pas», remarque Miss Pixels.

L'artiste emploie une belle analogie pour illustrer ce qu'autorise l'iPhone par rapport à la photographie plus traditionnelle. «Ça me fait penser, en peinture, à l'arrivée de l'huile en tube. Avant, les peintres peignaient en atelier. Avec la peinture en tube, ils sont sortis peindre sur le vif. Moi, avec mon iPhone, je peux prendre ma photo, l'éditer et la diffuser tout de suite, du même lieu d'où je l'ai prise».

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