Le commerce de M. Perrutel a 30 ans et s'est révélé un lieu-témoin de la progression du festival trifluvien au cours des 28 années de son existence. Cette initiative de parrainer un poète étranger dont le pays n'a pas les moyens de déléguer un des siens au Canada est survenue de manière spontanée l'an dernier au cours d'une conversation entre le restaurateur et le couple fondateur du festival, Gaston Bellemare et Maryse Baribeau.
Pour le FIP, il s'agit d'un premier mécénat culturel. On souhaite d'ailleurs que le geste de l'homme d'affaires puisse être imité au cours des années à venir pour soutenir d'autres poètes étrangers, un voeu que formule aussi M. Perrutel.
Javier Alvarado a 30 ans et est le fier récipiendaire de plusieurs prix, dont le Prix de poésie Pablo Neruda. Parmi les activités auxquelles il participera cette semaine, on note la grande soirée de poésie qui se tiendra samedi soir à la Maison de la culture. Il sera aussi aujourd'hui même, à 10 h, à l'activité «Liberté de parole et poésie dans le monde», au même endroit.
Hier, le jeune poète a livré son message en compagnie de son traducteur. «Je suis très content d'être ici, dans un festival de rayonnement international. Il est important que le Panama soit présent pour la première fois en 28 ans et je me sens vraiment porteur de la tradition de la poésie au Panama», a-t-il observé, avant de témoigner de sa reconnaissance à son mécène et de déployer spontanément, non sans fierté, le drapeau de son pays.
N'eût été de la générosité de l'homme d'affaires qui couvre tous les frais de transport et de séjour, le poète n'aurait jamais pu assister à l'événement trifluvien. En général en Amérique du Sud, on n'a pas les moyens de payer le voyage au Canada à un ou des poètes, souligne Gaston Bellemare. «L'Organisation internationale de la francophonie va soutenir les poètes d'Afrique du sud, les poètes francophones et francophiles, mais il n'existe rien pour les hispanophones», observe-t-il. «L'an prochain, on va travailler pour avoir deux poètes du Guatemala.»