Il importe d'abord pour l'organisme de spécifier l'importance de la culture. «Le raccourci habituel des politiciens en campagne, c'est de dire que la culture, c'est l'identité et la langue mais il est important d'aborder la culture dans ses différentes manifestations et pas simplement du point de vue identitaire», soutient Éric Lord, directeur général de Culture Mauricie et 1er vice-président du RCRCQ.
L'organisme recommande de procéder à des investissements majeurs pour l'occupation dynamique du territoire, une préoccupation du gouvernement actuel concrétisé par la loi 34, mais qui devrait aussi impliquer des investissements en culture.
«Il faut aller au delà de ce que le gouvernement a prévu dans sa loi 34, dit Éric Lord. La préoccupation est là mais les actions sont faibles. Il faut investir en région et dans les arts et la culture qui jouent un rôle primordial dans l'occupation dynamique du territoire.»
Le RCRCQ recommande également de soutenir l'action du Conseil des arts et des lettres du Québec. «Le CALQ est un intervenant important pour la culture en région par le biais des fonds régionaux pour les arts et les lettres. Par contre, avec le temps, on a constaté un essoufflement de cette action régionale. On suggère donc au gouvernement de donner au CALQ les moyens financiers de cette action régionale.»
On propose aussi de développer une stratégie pour soutenir le développement des entreprises culturelles sur l'ensemble du territoire.
«Les programmes et les actions mis de l'avant par l'intermédiaire de la SODEC ont toujours été créés en fonction des besoins de Montréal. Dans les régions, les apports viennent par des projets jugés à la pièce. Nous pensons qu'il faut développer une véritable stratégie globale et donner des budgets supplémentaires à la SODEC pour éviter que l'argent soit pris à Montréal pour être redonné en région.»
Autre recommandation, très concrète, celle-là: établir un minimum de trois sorties culturelles obligatoires par année pour les élèves des niveaux primaires et secondaires.
«Nous possédons un réseau de bibliothèques, de salles de spectacles et de musées de grande qualité dotés d'experts reconnus mais ils sont sous-utilisés, poursuit Éric Lord. D'un côté, nous avons des lieux d'apprentissage exceptionnels. D'autre part, on a des jeunes qui ont besoin d'apprendre. Ce qu'il faut, c'est un trait d'union entre les deux. Ça exige une décision courageuse parce que ça a beaucoup d'incidences mais on pense que ce serait avantageux tant pour le milieu culturel que pour celui de l'enseignement.»
Dernière proposition du RCRCQ, c'est la reconnaissance et le soutien des organismes artistiques et culturels dans les régions.
«Les budgets dédiés aux organismes culturels sont gelés depuis dix ans ce qui, avec l'inflation, est un important recul des budgets. Dans d'autres secteurs, tout est indexé mais pas en culture. Avec le temps, ce sont les travailleurs culturels, des femmes en majorité, qui en paient le prix en voyant leurs heures de travail réduites, très souvent. On demande d'indexer les montants de soutien pour simplement maintenir le niveau d'aide.»
Même si ces recommandations approuvées plus tôt cette semaine touchent surtout les régions hors des grands centres, les conseils de la culture de Montréal et de Québec en sont solidaires. Les intervenants espèrent maintenant qu'elles puissent devenir un sujet de préoccupation des divers candidats d'ici au vote du 4 septembre.