«Le programme a été créé il y a trois ans, et était associé de façon très serrée avec Rita Lafontaine», rappelle le directeur des programmes au Département de philosophie et arts et chef de la section des arts, Aimé Zayed, avant de préciser que 23 étudiants étaient inscrits lors de la première année, tandis que la cohorte de 2011-2012 comptait 13 appentis comédiens.
Les sept inscriptions pour cette année 2012-2013 ne permettaient pas d'assurer la rentabilité de ce programme aux coûts particuliers dont ceux, élevés, liés à la production de la pièce couronnant la formation, présentée à la salle Thompson.
«Nous étions placés devant deux possibilités, soit de fermer le programme ou de le modifier. Comme aucun directeur n'aime fermer un programme, nous avons proposé de le modifier», poursuit M. Zayed.
Premier élément de changement: alors que le programme devait être suivi obligatoirement à temps plein, il s'est ouvert au temps partiel. Quand Aimé Zayed évoque les hypothèses expliquant la baisse des inscriptions, il souligne cet investissement en somme de travail et en temps de la part des étudiants.
«Cela reste un certificat. Et à temps plein, cela signifie que les étudiants hypothèquent une année au complet... pour un certificat. Ils veulent souvent aller étudier au conservatoire ou dans d'autres universités comme l'UQAM, qui offrent le bacc et même la maîtrise en art dramatique», observe-t-il.
Cet argument du niveau du diplôme justifie aussi un second changement apporté au programme, soit l'abandon du spectacle dans la plus grande salle de Trois-Rivières en fin d'année. «Il n'y aura plus de spectacle à J.-Antonio-Thompson à cause des coûts exorbitants. Pour le dernier spectacle, nous avons demandé 8000 $ à la Fondation de l'UQTR. Nous ne pourrions pas faire ça à chaque année», note M. Zayed.
«C'est un programme de certificat», répète-t-il, avant de constater: «La formation par Mme Lafontaine est une formation professionnelle, et Mme Lafontaine met l'accent sur la production d'un spectacle dans une salle professionnelle. Mais pour nous, le certificat est une entrée en matière dans le monde de la dramaturgie. Ce n'est pas comme un baccalauréat ou une maîtrise. Il y avait incompatibilité.»
Les étudiants du programme revu et adapté pourront présenter un spectacle, mais ils devront s'impliquer dans tous ses aspects et non seulement dans l'interprétation. M. Zayed énumère l'écriture, la mise en scène, les costumes et les éclairages, en valorisant l'initiation au plus d'aspects de la création théâtrale possibles.
«Pour un certificat, c'est plus formateur.»
Les cours
Un programme de certificat comprend 30 crédits, la plupart du temps compilés en dix cours de trois unités chacuns. Le certificat en interprétation théâtrale remodelé conserve deux des cours lui étant spécifiquement dédiés, soit Expression corporelle et mouvement théâtral, et Histoire du théâtre.
Les autres cours s'insèrent dans ceux d'autres programmes, dont le baccalauréat en enseignement des arts ou celui en études françaises, par exemple. Les étudiants auront accès à des cours touchant la scénographie, le langage dramatique, le théâtre québécois et la création littéraire, sans oublier le jeu et l'interprétation.
M. Zayed s'attend à recevoir quatre ou cinq nouvelles inscriptions d'ici la fin du mois, s'il se fie aux courriels qui lui ont été adressés. Lors de la création du programme, on espérait accueillir 30 étudiants, en deux groupes de 15.