Saskia Jetten en visite à Trois-Rivières

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L'artiste néerlandaise d'origine Saskia Jetten, lauréate du Prix... (Photo: François Gervais)

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L'artiste néerlandaise d'origine Saskia Jetten, lauréate du Prix Banque Nationale Groupe financier de l'édition 2011 de la Biennale internationale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières, était en visite à Trois-Rivières, hier, pour venir rencontrer les dirigeants de l'événement trifluvien grâce auquel elle effectue une résidence d'artiste à l'atelier-galerie Alain-Piroir, de Montréal ces jours-ci.

Photo: François Gervais

François Houde

François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lors de la dernière édition de la Biennale internationale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières, l'artiste d'origine néerlandaise Saskia Jetten avait remporté le Prix Banque Nationale qui lui a également valu d'être sélectionnée pour effectuer une résidence à l'atelier-galerie Alain Piroir de Montréal, d'où elle s'est échappée le temps d'une courte visite à Trois-Rivières hier, histoire de rencontrer les dirigeants de l'événement qui lui a donné une belle visibilité internationale.

L'artiste semblait ravie tant de son expérience de résidence que de sa visite chez nous. Mais surtout, reconnaissante à la Biennale et ce pour plusieurs raisons.

«C'est un ami qui m'avait suggéré de présenter mon travail à Trois-Rivières et comme il s'agissait d'une nouvelle orientation, j'étais très anxieuse de voir comment ce serait reçu. Ç'a été une grande surprise et un immense plaisir que d'être primée parce que ça signifiait une reconnaissance internationale, ce qui est assez extraordinaire pour un artiste. Mon travail avait déjà été reconnu chez moi, aux Pays-Bas, mais c'était la première fois à l'étranger. Et comme c'était une orientation nouvelle, c'était un grand encouragement à poursuivre dans la direction que je m'étais donnée.»

À la Biennale, le jury avait été charmé par le côté innovateur de son travail en équilibre sur la ligne qui sépare la sculpture et l'estampe traditionnelle.

«Mon travail est toujours orienté sur la notion d'identité, plaide l'artiste. Je pose la question sur ce qu'on montre aux gens par notre image: est-ce un masque ou notre véritable personnalité? En donnant à mes dessins une forme en trois dimensions, je ressasse les mêmes thèmes mais amplifiés par l'effet de miroir que peut donner l'objet tout en les conjuguant avec ce que j'ai envie de faire. J'aime créer des objets concrets qui ont une place dans l'espace, des objets qu'on peut traîner avec soi pour les montrer aux gens mais je ne me considère pas comme une sculpteure. Je suis une artiste en arts visuels, tout simplement, peu importe le médium.»

Son passage à Trois-Rivières et, davantage, à Montréal n'est pas son premier contact avec le Canada puisqu'elle vient de s'établir dans la région de Vancouver.

«Je pense que la différence la plus frappante avec les Pays-Bas, c'est la notion d'espace. Pas seulement les grands espaces du territoire mais l'espace entre les gens. Chez nous, à cause de la densité de population, on est constamment en contact avec les autres qui viennent influencer directement notre vie alors qu'ici, les gens sont moins constamment soumis à la pression des autres. Ma visite au Québec et mon installation au Canada me sortent de ma zone de confort et me donnent l'occasion d'expérimenter concrètement des thèmes de mon art: je suis confrontée aux notions d'identité qui m'ont toujours fascinée.»

L'artiste dit apprécier la chaleur des dirigeants de la Biennale qu'elle a rencontrés hier et le côté humain que conserve l'événement malgré son importance.

«Je leur suis très reconnaissante. L'expérience que je vis avec la résidence à Montréal est extrêmement enrichissante et j'ai l'impression qu'elle va avoir un impact sur mon travail. J'aime bien Montréal mais comme j'habitais dans une petite ville aux Pays-Bas, je me sens bien à Trois-Rivières. De toute façon, quand je suis entrée dans l'atelier Presse Papier, juste à sentir l'encre, j'ai tout de suite eu l'impression d'être à la maison! Bien sûr, il y a des différences de culture mais je me sens bien ici.»

Une exposition de ses oeuvres sera présentée à l'Atelier-Galerie Alain Piroir de Montréal du 9 août au 4 septembre

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