On ne débarque pas à Sainte-Perpétue par hasard et c'est d'autant plus flatteur pour Michel Jutras d'accueillir des visiteurs année après année, alors que ceux-ci doivent se déplacer pour se rendre à l'événement.
Bien sûr, les gens de la municipalité participent aux festivités, mais un nombre important de festivaliers roulent quelques dizaines de kilomètres pour atteindre la fête à saveur porcine. Michel Jutras mentionne qu'un sondage commandé par l'organisation révèle que 40 % des visiteurs font 40 kilomètres ou plus afin de se rendre au site.
Alors que Michel Jutras et un ami étaient moniteurs à l'adolescence, ils considéraient qu'il n'y avait pas assez de jeunes pour occuper leur temps pendant l'été. Ils ont ainsi décidé d'organiser une fête, un festival d'été, pour attirer jeunes et moins jeunes. L'événement a été un succès et il a ensuite pris la forme du rassemblement que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Festival du cochon de Sainte-Perpétue.
Déjà il y a plus de 30 ans, l'organisation souhaitait donner sa propre identité au festival. La traditionnelle course du cochon graissé, qui a traversé les années, reflète justement cette personnalité que voulait transmettre les organisateurs. «Hyo vient du grec et ça veut dire cochon», poursuit Michel Jutras en parlant de ce préfixe utilisé devant les noms de différentes installations sur le site. Cette initiative est également née de cette volonté de personnalisation.
S'adapter et innover
«On a tout le temps voulu que pour nos visiteurs qui viennent nous voir ce soit facile», soutient-il en soulignant par exemple que l'espace disponible pour stationner des voitures a augmenté au fil des ans, dans le but de faciliter la visite.
Alors que l'événement se déroulait auparavant sous un chapiteau, l'organisation a un jour pris le pari d'offrir des spectacles en plein air. «Des shows en plein air, on a bâti une scène permanente en 2002 qui est un bijou pour nous autres et pour les artistes qui viennent nous voir», note-t-il en pensant à l'évolution des installations.
«On dit souvent que les gens de la campagne sont accueillants, que c'est facile de les aborder», croit-il en constatant que cet accueil maintenu au cours des années est l'un des facteurs faisant perdurer l'événement. «C'est comme si c'était une grosse maison et que c'est la famille qui entre», explique-t-il.
Selon lui, les cinq employés permanents constituent un autre élément menant au succès de l'événement.
La motivation de poursuivre
Michel Jutras est fier de son événement, dont il considère l'organisation comme un défi, et le public lui rend bien. «Oser faire des spectacles un dimanche soir avec une population de 1000 personnes et se dire qu'il va en avoir 4000 ou 5000 qui vont venir et que oui, ça répond, ça nous rend fébriles et on est bien heureux de ça», affirme-t-il.
Ancré dans son milieu, le festival a toutes les raisons de se poursuivre. «On donne beaucoup dans la communauté, donc c'est sûr que ça aide le comité à se dire qu'on ne doit pas arrêter», dit-il alors que l'organisation redistribue de l'argent à différents organismes.
Avis aux visiteurs qui souhaitent déguster différents plats à base de porc pendant l'événement, même les pâtisseries Queues de Castor sont disponibles avec une touche porcine.
La programmation propose des spectacles de Laurent Paquin ce soir, de Jean Leloup demain, des Cowboys Fringants samedi et de Patrick Norman dimanche.