L'élève de Denise Trudel au Conservatoire de musique de Trois-Rivières se mesurera à des pianistes de plus d'une trentaine de pays, du Japon à la Belgique en passant par la Chine, l'Ukraine, l'Algérie, la Turquie, la Russie, l'Indonésie, l'Australie, les États-Unis, la Corée du Sud et le Kazakhstan, pour ne citer que ces exemples. Ouvert aux pianistes de 16 à 30 ans, le 59e concours regroupera 11 candidats de 18 ans et moins, dont Jean-Luc Therrien.
«Participer à ce concours est exceptionnel. À ma connaissance, jamais personne de la région n'y a participé. C'est déjà prestigieux d'être sélectionné, et à un si jeune âge, ça a encore plus de valeur», commente Denise Trudel, qui a accompagné son élève dans les démarches liées au concours et qui continue de le guider dans sa préparation, même l'été, hors du calendrier scolaire.
La musique est une histoire de famille chez les Therrien, de Repentigny, dont les huit enfants sont musiciens. Cadet de la fratrie, Jean-Luc compte parmi ses frères et soeurs trois pianistes, trois violonistes et une flûtiste. Élève de Mme Trudel depuis 2005, il s'est déplacé à Trois-Rivières deux à trois fois par semaine pendant tout son secondaire pour suivre ses cours.
Rendu au niveau collégial, inscrit au Collège Laflèche, il s'est établi à Trois-Rivières pour l'année scolaire. À son retour d'Italie, il entreprendra la dernière année de son programme d'études collégiales en musique, mais sa deuxième du troisième cycle en piano au conservatoire (ce qui correspond au niveau baccalauréat).
Depuis 2006, Jean-Luc Therrien atteint les finales du Concours de musique du Canada. Il a aussi accédé aux demi-finales du Concours de l'Orchestre symphonique de Montréal en 2009 et à celles du concours international Julia Crane en 2010 à Potsdam, dans l'État de New York. Il s'agira pour lui d'un premier voyage transatlantique pour participer à une compétition internationale.
Avec sa professeure, le pianiste sélectionne des concours dont le répertoire demandé correspond à celui qu'il maîtrise, et dont les prix potentiels justifient les investissements requis en énergie et en argent.
Le jury du concours Busoni a choisi les 150 participants de cette année après analyse des DVD soumis par les candidats. C'est de retour des finales du Concours de musique du Canada à Toronto, le 26 juin, que Jean-Luc Therrien a consulté ses courriels pour apprendre qu'il figurait parmi les élus. «C'était vraiment une surprise. Je ne m'y attendais pas!», confie-t-il.
En préparation pour un tel concours, le musicien peut pratiquer jusqu'à sept ou huit heures par jour. Il maîtrisait déjà l'Étude opus 10 no 1 de Chopin et les Variations sérieuses opus 57 de Mendelssohn qu'il interprétera au concours. Il a ajouté l'Étude pour les arpèges composées de Debussy pour compléter le programme d'une vingtaine de minutes.
Pour lui, la participation à de telles compétitions représente un moyen de se démarquer du lot de la multitude de pianistes. «Le piano est un instrument assez populaire... Les concours permettent de se faire un nom, de démontrer le niveau qu'on a atteint. C'est un moyen de se démarquer», analyse celui qui envisage poursuivre ses études à l'extérieur du Canada.
Libéré depuis assez longtemps du stress de jouer devant public et habitué au contexte et à la pression des concours, Jean-Luc Therrien considère que le défi de cette prochaine expérience sera celui du long voyage avec décalage horaire, à peine une journée avant sa performance.
Les 24 candidats choisis au terme de cette étape auront un an pour préparer le programme qu'ils livreront lors des rondes de finales de cette compétition devenue biennale en 2002.