Inquiétudes à Radio-Canada Mauricie

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Éric Langevin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si on ignore toujours les conséquences précises sur la programmation locale, la disparition du Fonds pour l'amélioration de la programmation locale (FAPL) n'est pas une bonne nouvelle pour les stations régionales de Radio-Canada dont celle de Trois-Rivières.

Hier, la direction locale n'était pas en mesure de réagir puisqu'elle ne connaît toujours pas quelles seront les décisions budgétaires qui viendront à la suite de la disparition des 40 millions $ en provenance de ce fonds.

Cependant, on peut croire qu'il règne certaines inquiétudes au sein du personnel de Radio-Canada Mauricie puisque la station a directement bénéficié de cet argent. Le FAPL a permis de prolonger de 30 minutes l'édition régionale quotidienne du Téléjournal Mauricie en plus de permettre la diffusion d'une édition Week-end de ce même bulletin de nouvelles.

«C'est prématuré de tirer des conclusions quant à l'impact de la disparition du fonds sur nos stations régionales. Cette nouvelle donnée s'ajoute à ce que Radio-Canada devra considérer dans ses décisions budgétaires pour les prochaines années», mentionnait, hier, un porte-parole de la société d'État, Angus McKinnon.

Dans un communiqué, le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, ajoute: «Il ne fait pas de doute que cela aura des répercussions négatives sur la programmation locale dans les marchés plus petits. Nous devrons modifier nos niveaux de service et nos modes de prestation de services, ainsi que le territoire couvert par nos journalistes. La Société accorde une attention prioritaire à l'amélioration de ses services locaux. Cette décision n'y changera rien, mais elle compliquera grandement notre tâche et pourrait limiter nos activités télévisuelles locales et notre présence dans les collectivités visées.»

Plus tôt cette année, Radio-Canada avait déjà annoncé des compressions de l'ordre de 115 millions $, conséquences des nouvelles orientations budgétaires du gouvernement fédéral. Les artisans locaux ont été touchés, notamment par la réduction des heures locales de diffusion sur la chaîne Espace musique. La salle des nouvelles a vu ses effectifs techniques réduit, mais dans une moindre mesure. Reste maintenant à voir de quelle façon se traduira en Mauricie le manque à gagner de 40 millions $ octroyés par le FAPL à l'ensemble des productions régionales de la société d'État.

Le FAPL a été créé en 2008 par le CRTC pour améliorer la programmation locale produite par les stations de télévision généralistes dans les marchés non métropolitains. Il compensait ainsi le déclin économique imposé au modèle financier de la production de la télévision locale dans les petits marchés

«Nous devons convenir qu'il s'agit d'une très mauvaise nouvelle pour les consommateurs, ajoute M. Lacroix. Au final, au lieu de servir au soutien de la programmation locale, ces sommes iront gonfler les revenus des entreprises de distribution de radiodiffusion.»

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