Vincent Vallières reprend la route

Vincent Vallières sera en spectacle le 4 juillet... (Photo: La Voix de L'Est)

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Vincent Vallières sera en spectacle le 4 juillet sur la scène des Voix populaires du FestiVoix.

Photo: La Voix de L'Est

Linda Corbo

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Vincent Vallières a deux publics. Il y a ceux qui le suivent depuis ses débuts et qui ont, dans leur meuble multimédia, les cinq albums qui ont jalonné ses 12 dernières années, et il y a les nouveaux, ceux qui ont été happés par sa chanson On va s'aimer encore, qui ont adopté l'artiste à cette occasion et qui ont drôlement envie de le suivre dorénavant.

Cet été, ce sont ces deux publics que Vincent Vallières veut rallier à travers la vingtaine de spectacles de festivals qui sont à son agenda, dont celui du FestiVoix, le 4 juillet, sur la scène Loto-Québec des Voix populaires. Cette année, avec le deuxième public qui s'est ajouté, il s'impose comme tête d'affiche. Car ces nouveaux adeptes, ils sont nombreux. Très nombreux.

À preuve, l'artiste a su cette semaine qu'il avait franchi la superbe barrière des

100 000 disques vendus pour Le monde tourne fort, un album qui était pourtant sorti en 2009. «À pareille date l'an dernier, j'avais reçu un disque d'or (pour 40 000 copies vendues) et en moins d'un an, on a vendu 60 000 disques à un moment où ce n'est plus du tout quelque chose que j'espérais...», reconnaît l'artiste.

Vincent Vallières avait prévu terminer sa tournée acoustique et passer à sa prochaine étape, soit l'écriture de son nouvel album mais les choses se sont passées bien autrement. Cette année, On va s'aimer encore a été sacrée chanson de l'année à l'ADISQ. Mais encore, le vidéoclip est sorti et a fait son long bout de chemin lui aussi, tant et si bien que sur YouTube, il a fait l'objet de 1,8 million de visionnements.

«La chanson tournait partout, même dans les radios plus rock. Encore aujourd'hui, un an et demi après que l'extrait soit sorti, elle est encore la sixième la plus chantée au Québec», s'étonne l'auteur-compositeur-interprète. «Les chansons ont vraiment une vie qui leur appartient... Cette chanson-là m'a carrément dépassé.»

Vincent Vallières apprécie drôlement le phénomène qu'il a observé avec cette pièce. «C'est l'énergie qu'elle crée dans la salle qui me fait plaisir. Mais je dois avouer que je ne la chante pas nécessairement à la maison...», sourit-il.

L'artiste est d'ailleurs bien conscient que lors de l'écriture de son prochain album, il devra éviter le piège de vouloir reproduire un tel succès. «Ce serait une erreur de vouloir refaire ça. Cette chanson m'est tombée dessus et il y a beaucoup de chance là-dedans. Il y a un moment qui se passe quand je l'enregistre, un moment qui se passe quand elle sort et le fait qu'elle est arrivée en synchronicité avec son époque», considère-t-il. «Ce serait prétentieux de penser vivre ça de nouveau. Tout ce que je veux, moi, c'est de poursuivre ma route d'auteur-compositeur-interprète.»

Ceci dit, il profite actuellement de sa tournée pour revisiter ses trois derniers albums. Pour les festivals, il a d'ailleurs prévu un tout autre spectacle que celui qu'il a présenté 115 fois au cours de la dernière année et dans lequel il faisait ressortir son profil intimiste.

«Les festivals ne sont pas plus exigeants mais je trouve ça différent. On ne peut pas miser sur les mêmes cartes. Je ne peux pas me permettre des monologues de quatre minutes comme je le fais en salle. Les festivals, c'est une façon de faire parler la musique de toutes les façons. L'ordre de mes chansons va changer beaucoup pour faire monter l'énergie», prévoit-il.

L'écriture en attente

L'an dernier, en période estivale, il était porte-parole du Roseq et avait une quarantaine de spectacles à son menu de saison. Cette année, il en a une autre vingtaine, à quoi s'ajoutera cet automne une tournée dans l'est du Canada et un spectacle en compagnie de l'Orchestre symphonique de Montréal.

Sa route est belle, mais elle a connu un achalandage tel que l'auteur-compositeur-interprète s'est retrouvé devant l'heureux problème de devoir retarder la création de son prochain album. «Le fait qu'on ait tourné beaucoup cette année a fait en sorte que je n'ai pas écrit comme j'aurais dû.»

En tournée, Vincent Vallières a traîné son petit carnet avec lui partout, histoire d'y noter les réflexions et observations qui risquent de l'inspirer au moment où il reprendra l'écriture. «Tout ça ressemble plus à un journal intime, je dirais, duquel je vais pouvoir piger des phrases», explique-t-il.

Or il voit d'un très bon oeil le moment où il reprendra l'écriture. «C'est quelque chose qui me manque beaucoup. C'est même l'une des parties du métier que je trouve la plus satisfaisante. Ça me fascine toujours de partir de rien et de créer une chanson qui va voyager à sa façon et à son rythme. C'est en tournée qu'on voit le voyage que les chansons ont fait et que tout ça se concrétise. Ce cycle-là, je l'aime beaucoup et j'espère que mes meilleures années sont devant moi.»

Dans sa manière de procéder, il en écrit toujours plus que moins. Pour son dernier album, il avait créé 22 chansons pour en garder 13. À ce jour, il en a quelques-unes déjà, que le public trifluvien risque d'ailleurs de découvrir le 4 juillet.

Vincent Vallières proposera la chanson Et c'est un départ, qui est plus festive et qui parle du thème de l'éternel recommencement. Il ne sait toutefois pas encore s'il présentera Asbestos, qui traite de la grève de l'amiante en 1949, conflit qui avait affecté ses deux grands-pères qui travaillaient à la mine d'Asbestos. «Je voulais raconter cette histoire que plusieurs personnes de ma génération ne connaissent pas. L'an dernier quand je l'ai écrite, elle avait un certain poids mais aujourd'hui, avec le contexte actuel, elle en a un autre.»

Vincent Vallières fait référence au régime de Duplessis qui était en vigueur au moment de la grève de l'amiante. «Duplessis envoyait les policiers pour faire entrer les gens au travail malgré les «scabs» alors qu'aujourd'hui, on a un gouvernement qui créé une loi pour empêcher les gens de s'exprimer dans la rue», observe-t-il. Le jeune homme en retire une leçon d'histoire. «Ça nous montre qu'il faut toujours rester vigilants», note-t-il.

En 1949, cette lutte a permis au Québec de se donner un élan vers la Révolution tranquille et a permis à plusieurs intervenants d'entrer dans l'arène politique, ajoute-t-il en nommant les Chartrand, Trudeau et même René Lévesque, qui couvrait le conflit à titre de journaliste pour Radio-Canada. «Ces combats-là ne sont pas vains», commente Vallières. «Je refuse de dire que les luttes sociales que nous menons aujourd'hui n'en valent pas le prix.»

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