«Pour moi, jouer dans le sous-sol ce n'était plus suffisant. Et je veux que ça marche!», résume le chanteur et guitariste du groupe, Jocelyn Auger, 29 ans. Même discours du côté du batteur, Martin Archambault, 39 ans, qui, après avoir consacré beaucoup de temps à son travail et à l'éducation de sa famille, a annoncé à sa conjointe qu'il se rachetait une batterie parce que la musique lui manquait.
Mais jouer de la batterie tout seul atteint certaines limites de satisfaction quand on a déjà joué au sein de groupes. Le batteur a donc publié des annonces de recherche de musiciens pour former un groupe. Un guitariste de Montréal récemment établi à Trois-Rivières l'a contacté. C'était Jocelyn Auger. «On s'est tout de suite trouvé une chimie musicale», raconte Martin Archambault.
Les deux hommes ont d'abord formé un trio avec Patrick Bellemare. «C'était quelque chose de ludique, pour avoir du fun et sortir du sous-sol», décrit le batteur. Le groupe est devenu le quatuor qu'il est depuis deux ans avec le départ de Patrick Bellemare remplacé par Éric Carignan à la basse, et l'ajout d'un deuxième guitariste, Michel Robichaud.
La formation a commencé en interprétant des pièces d'autres groupes, en intégrant peu à peu des compositions. Une première maquette de six chansons originales a été lancée en décembre dernier, et le groupe souhaite ajouter six autres titres pour la sortie d'un album plus «consistant» à l'automne.
No Man's Land donne entre 15 et 20 spectacles par année, majoritairement à Trois-Rivières, la ville d'adoption de Jocelyn et Martin. «Les gens ne sont pas conscients de l'effet qu'ils ont sur un groupe quand ils viennent nous voir en spectacle. Ils sont plus utiles qu'ils le pensent!», commente le chanteur et guitariste en insistant sur la motivation que procurent les assistances enthousiastes à leurs concerts.
«Nous, on a choisi de venir s'installer ici et on est fier d'être un groupe de Trois-Rivières», indique Martin, l'éducateur à la petite enfance père de trois enfants. Cette déclaration est émise lorsque l'on discute des ambitions du groupe qui désire franchir «la marche qui suit», comme le formule Martin.
Évitant de céder aux compromis (notamment en continuant de composer majoritairement en anglais), la formation espère être de plus en plus connue, de plus en plus loin, mais sans s'exiler hors de Trois-Rivières, le chez-soi que ses membres ont choisi.
Le groupe décrit sa musique sous l'étiquette du folk-rock alternatif. Quant aux thèmes abordés dans les chansons, Jocelyn en résume quelques-uns: «Mary, notre toune emblématique, parle d'une fille qui vit beaucoup de violence dans sa famille. My Miracle, je l'ai écrite pour ma fille et Never Say Goodbye, pour un ami décédé...».
Jeudi sur la scène des Voix de la relève, No Man's Land présentera 16 de ses compositions. «C'est accessible rapidement. Ce n'est pas dans le style progressif ou la grande subtilité... C'est plus acoustique. Notre public est composé de gens dans la trentaine, mais ma fille et ma mère sont venues nous voir à la Maison de la culture», précise Jocelyn.