Conquête et invasions: la naissance d'une nation (1755-1815) s'inscrit dans l'esprit du plan quinquennal de l'administration du musée qui a choisi d'orienter ses thèmes d'expositions autour des commémorations. En 2011, on soulignait les 140 ans du12e Régiment blindé du Canada de Trois-Rivières et cette année, on a retenu le bicentenaire de la Guerre de 1812.
L'exposition est divisée en trois parties qui élargissent le concept de conquête et invasions ayant inspiré son titre. Par ordre chronologique, la première salle évoque la Guerre de Sept ans, qui s'est soldée par la conquête de la Nouvelle-France par le régime anglais en 1763. Considéré comme le premier conflit mondial de l'ère moderne, cet affrontement entre les deux puissances coloniales qu'étaient la France et l'Angleterre s'est aussi déployé dans l'actuel Canada.
Par le biais de textes explicatifs, l'exposition évoque la prise de Louisbourg en 1758, celle de Québec l'année suivante, et la Conquête de 1760. Ces jalons historiques sont illustrés par plusieurs artéfacts dont un pilori français utilisé à Trois-Rivières au XVIIIe siècle, un canon anglais de marine et une baïonnette de mousquet, pour ne nommer que ces exemples.
La deuxième salle traite de l'invasion américaine au Canada en 1775-1776 dans le contexte de la Guerre d'Indépendance des États-Unis. On y rappelle que dans sa quête d'affranchissement de l'Angleterre, le congrès américain souhaitait, par l'envoi d'une armée, «libérer le Canada de l'occupation britannique» avec la motivation plus ou moins avouée de faire du Québec la 14e colonie des futurs États-Unis.
Cette portion de l'exposition parle notamment de la Bataille de Trois-Rivières de juin 1776, opposant les armées américaines aux troupes formées de Britanniques, de miliciens canadiens, d'autochtones et de mercenaires allemands. Est aussi mentionné le rôle des Ursulines trifluviennes qui ont soigné 21 soldats américains pour blessures, engelures ou sous-alimentation du4 décembre 1775 au 13 mai 1776. Le remboursement symbolique de la dette à la communauté religieuse, en 2009, est souligné.
Des artéfacts comme des boulets de canons, une corne à poudre et une épée d'officier anglais figurent parmi les objets associés à cette période.
La troisième salle évoque la Guerre de 1812, dans laquelle la Grande-Bretagne combattait la domination de Napoléon en Europe. Transposé en Amérique, ce conflit a opposé les États-Unis et les colonies britanniques du Canada.
Une série d'affrontements ont eu lieu à la frontière canado-américaine, dont la bataille de Châteauguay à laquelle plusieurs Trifluviens ont participé.
Une lettre manuscrite de l'empereur Napoléon 1er datant de 1806 et un uniforme d'officier de la milice d'élite incorporée de 1812 sont notamment exposés pour soutenir les textes de vulgarisation.
Coordonnée par le conservateur du musée Ghislain Raza et son directeur Daniel Robert, l'exposition a pu compter sur des prêts des musées Pierre-Boucher de Trois-Rivières, du fort Saint-Jean de Saint-Jean-sur-Richelieu et du Royal 22e Régiment de la Citadelle de Québec, en plus de prêts d'individustels Normand Dion de Boucherville, Gaétan Provencher de Trois-Rivières et Michel Grenier de Québec.
L'exposition peut être visitée jusqu'au 19 août tous les jours de 10 h à 18 h pour un coût de 3 $ (gratuit pour les enfants de 12 ans et moins, les militaires et anciens combattants, et entrée libre pour tous le dimanche).
Pour poursuivre sur sa lancée de commémorations, le Musée militaire s'intéressera au70e anniversaire du Débarquement en Sicile en 2013, au centenaire du début de la Première Guerre mondiale en 2014 et au 70e anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale en 2015.