Le concept de l'exposition est de faire le tour de quelques grandes étapes de la vie humaine selon l'optique de chacune des cinq grandes religions: le catholicisme, le judaïsme, l'islamisme, l'hindouïsme et le bouddhisme. Pour ce qui est des moments importants de la vie, on parle de la naissance, de la mort, du passage de l'enfance à l'âge adulte, du mariage et de la prière.
L'exposition se présente comme l'image de marque du Musée si bien que son directeur l'a conçue comme audacieuse, colorée, informative et susceptible d'interpeller les visiteurs.
Une des idées à la base du concept de l'exposition, c'est que les concepteurs ont retracé cinq jeunes Québécois, croyants et pratiquants de chacune des cinq grandes religions qui nous entretiennent, par des extraits vidéo, de leur foi et de comment leur religion aborde chacune des étapes de la vie.
L'exposition regorge cependant d'idées, visuelles, pour la plupart, comme la vitrine qui illustre le mariage avec des poupées, le fait que tous les éléments de l'exposition sont flottants, ce qui est particulièrement impressionnant dans la portion réservée à la célébration de la prière en groupe.
À plusieurs étapes, on interpelle les spectateurs en les amenant à situer le niveau de leur pratique religieuse ou simplement de leur foi sans poser de jugement moral.
C'est une approche qui colle tout à fait avec l'orientation prise par le Musée depuis quelques années au même titre que le dynamisme qu'on note dans cette exposition permanente nettement revampée par rapport à l'ancienne.
Déjà, la publicité diffusée depuis environ une semaine est, à ce titre, éloquente et parfaitement cohérente avec l'image de cette petite institution muséale qui se prend pour une grande.
Le vernissage de Êtes-vous près? arrive une semaine tout juste après l'ouverture d'une autre exposition, temporaire, celle-là, qui s'intitule La chapelle des fous. Il s'agit de pièces sculptées gigantesques réalisées par le Torontois Carmello Arnoldin comme éléments d'une immense cathédrale à la réalisation de laquelle l'artiste a consacré les 26 dernières années tout en sachant très bien qu'elle ne verrait jamais le jour dans sa forme ultime. Un projet de fou. Cette exposition sera présentée jusqu'au 21 octobre prochain.
Il reste que l'exposition de l'été, celle qui est susceptible de faire venir les visiteurs à Nicolet, est la nouvelle exposition permanente.
«C'est une exposition qui montre qu'on est flyé, affirme volontiers Jean-François Royal, directeur du Musée des religions du monde, et qu'on essaie de faire les choses différemment pour parler d'un sujet qui, de toutes façons, est différent et difficile à traiter. On s'est donné des défis techniques qui montrent qu'on est dans la même cour que les grands musées.»
«Même le titre est intrigant et ce n'est qu'au terme de la visite qu'on en comprend tout le sens. On s'amuse avec ça. Ça porte notre sceau. C'est notre façon de nous démarquer en tant que musée, de montrer qu'on est un trésor caché qu'il faut découvrir. Nous faisons de la muséologie sérieuse et on a de l'audace; la nouvelle exposition en témoigne. On aurait pu faire une expo plus traditionnelle mais ce n'est pas nous. On avait envie de se donner un défi et on est très heureux du résultat. Malgré l'insistance mise sur la forme, on ne laissera jamais tomber le propos. Je mets quiconque au défi de tout lire ce qui se retrouve dans l'expo et de me dire qu'il n'a rien appris. C'est aussi à ça qu'on sert.»
«L'ancienne exposition n'attirait plus tellement de visiteurs venus spécifiquement pour elle mais en plus, elle ne répondait plus vraiment aux questions du public. On se devait d'aller plus loin au plan informatif. Ça fait deux ans qu'on reçoit autour de 15 000 spectateurs annuellement et je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas autant de spectateurs cette année avec cette nouvelle exposition et nos autres projets. L'exposition a l'impact nécessaire et rien que les réactions du public à la publicité diffusée jusqu'ici vont dans ce sens. On l'a aussi conçue pour que certains éléments puissent être renouvellés en cours de route.»