Sur les quais d'antan

Le professeur Alain Tapps (deuxième à gauche) et... (Photo: Stéphane Lessard)

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Le professeur Alain Tapps (deuxième à gauche) et l'agente culturelle - diffusion du patrimoine au Manoir Boucher de Niverville (pour la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières) Julie Desaulniers (à droite), posent en compagnie de trois des six étudiants qui ont travaillé à la conception de l'exposition, soit Martine Baril (à gauche), Tomy Vertefeuille et Elisabeth Caron-Sergerie.

Photo: Stéphane Lessard

Marie-Josée Montminy

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les élèves du programme Histoire et civilisation du Collège Laflèche pourraient difficilement prétendre que leurs cours sont trop théoriques ou abstraits. Les six qui terminent leur première année ont récemment inauguré au Manoir Boucher de Niverville l'exposition réalisée dans le cadre de leurs études.

Attention fragile! succède aux expositions Parures et bijoux et Passion à table, toutes deux élaborées par les étudiants d'Histoire et civilisation en collaboration avec la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières, et mettant en valeur des artéfacts trouvés lors de fouilles archéologiques dans le vieux Trois-Rivières.

Cette troisième exposition transporte le visiteur sur les quais trifluviens d'antan, et le met en contact avec les métiers de ceux qui y sont débarqués. Des objets représentant le travail ou les activités de l'armurier, du forgeron, du tailleur de vêtements, du potier, du commerçant et de l'aubergiste sont étalés dans cette optique.

«Pour nos ancêtres, le fleuve était comme une autoroute. C'est par le fleuve que les artisans, les commerçants et les aubergistes arrivaient, puis importaient et exportaient leur marchandise», fait remarquer Alain Tapps, le professeur qui a encadré les jeunes dans tout le processus.

Une chevrotine, une balle de plomb ou une pierre à fusil de l'armurier Simon Chèvrefils, un inventaire manuscrit, un chaudron en fonte et la balance du commerçant Joseph Petit dit Bruno, de même que l'encrier, un fanal et des bouteilles associés à l'auberge de Marie-Anne Lemerle comptent parmi les artéfacts exposés.

Une pièce de monnaie espagnole de 1740, une alène utilisée par les autochtones, une assiette du XVIIe siècle, des lames de ciseau ou de couteau, des clous, des clés, un fer à cheval, une herminette... la liste d'objets fabriqués ou utilisés par les Trifluviens des siècles passés est longue.

Les étudiants ont aussi déniché chez des antiquaires et dans des marchés aux puces les vieux coffres de bois dans lesquels sont disposés les objets exposés.

Dès leur entrée dans le programme Histoire et civilisation du Collège Laflèche, les étudiants y étant inscrits sont tout de suite plongés dans la démarche qui mènera à la présentation de l'exposition. Dans leur cours de méthodologie, ils auront complété une recherche en lien avec le thème de l'exposition. Cette année, les recherches sur les personnages et leur métier ont servi à produire les textes explicatifs qui contextualisent les artéfacts.

À la session d'hiver, via deux autres cours, ils se sont familiarisés avec la culture matérielle (les objets comme tels), et ont abordé toutes les étapes de la conception et de la réalisation d'une exposition (l'aspect muséologie). À l'automne, le cours d'archéologie leur permettra d'effectuer des fouilles dans le vieux Trois-Rivières.

Ce sont les objets découverts par les étudiants au cours des six dernières années qui inspirent et servent de matière aux expositions.

«L'aspect terrain de notre programme permet de faire découvrir les différents métiers reliés à l'histoire», résume Alain Tapps en précisant que cette formation lancée au Collège Laflèche en 2005 est unique.

L'exposition temporaire Attention fragile! peut être vue gratuitement au Manoir Boucher de Niverville à tous les jours jusqu'en mai 2013.

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