Écol'Hôtel K: art et confort vont de pair

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C'est à l'Atelier Silex de Trois-Rivières que les... (Photo: François Gervais)

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C'est à l'Atelier Silex de Trois-Rivières que les promoteurs du projet de l'Écol'Hôtel K ont dévoilé le concept de leurs chambres décorées par des artistes locaux dont les oeuvres seront mises en vente. Sur la photo, de gauche à droite, on retrouve Jeanne Charbonneau, directrice générale de Vire-Vert, Camille Fumet, chargée de projet en construction durable, Guy Langevin, artiste en arts visuels et Eric Lord, directeur général de Culture-Mauricie.

Photo: François Gervais

François Houde

François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le projet de l'Écol'Hôtel K au centre-ville trifluvien a franchi une nouvelle étape de son évolution en réalisant une phase pilote pour la conception de chambres de l'hôtel mettant à contribution des artistes locaux. Les résultats ont été présentés hier en conférence de presse.

Les artistes qui ont participé au projet sont Isabelle Dumais, Annie Pelletier, Josette Villeneuve, Christian Laflamme et Guy Langevin. Chacun a conçu l'aménagement et la décoration d'une chambre dans laquelle ses propres oeuvres sont mises en valeur. On rappelle que selon le principe de cet hôtel boutique, les oeuvres des artistes qui seront dans les chambres seront offertes à la vente.

L'exercice a permis aux promoteurs du projet, en collaboration avec Culture Mauricie, de définir clairement les orientations de sa portion artistique de même que de développer le processus d'appel de projet dont on a défini les paramètres. Il y aura 50 chambres à aménager et chaque chambre sera dévolue à un artiste.

Un budget global de 500 000 $ leur sera consacré à divers tarifs en fonction de la taille de la chambre à concevoir. L'appel de projet avec une séance d'information publique sera lancé au début des travaux, quand le financement aura été bouclé.

Tous les artistes professionnels de la Mauricie et de la rive sud de Trois-Rivières, quelle que soit la sphère artistique, pourront proposer leur candidature et un jury formé d'artistes et de promoteurs du projet fera la sélection en fonction de l'univers de l'artiste, de sa capacité à l'illustrer dans une chambre, de l'originalité du concept et de la considération du développement durable dans sa conception. Également, pour favoriser l'apport de ressources locales, on offrira aux artistes un outil pour accéder à des fournisseurs et artisans locaux.

Chez Culture Mauricie, on se réjouit de l'initiative qui tombe précisément dans le mandat que s'est donné l'organisme de favoriser l'implication du milieu culturel dans le développement économique de la région. «Le projet est susceptible d'améliorer les conditions de vie des artistes dont on sait que leur revenu moyen est le plus bas au Canada à 50 % du revenu moyen général, d'indiquer Éric Lord, directeur général de l'organisme. En plus, il offre un arrimage intéressant entre la culture et le monde du tourisme. Beaucoup de questions se posent encore mais le projet nous apparaît vraiment prometteur.»

Porte-parole des artistes, Guy Langevin a insisté sur le fait qu'ils ont été bien guidés dans le projet tout en maintenant un bon niveau de liberté dans leur création.

À ce stade-ci de l'évolution du projet d'hôtel, il reste toujours aux promoteurs à obtenir du gouvernement les subsides nécessaires pour entreprendre les travaux. En plus des 500 000 $ pour les artistes, on prévoit une somme de 1,7 million $ pour la remise en état patrimonial de l'édifice Ameau, ce qui donne au projet une importante composante culturelle.

«Cette nouvelle étape, explique Jeanne Charbonneau, directrice générale de Vire-Vert, démontre combien le projet est avancé sous plusieurs aspects: plans et devis, le concept des chambres, les études de marché, les plans d'affaires et on a recruté plein de mentors autour du projet. Le projet est tellement novateur qu'il n'entre pas dans les critères habituels du gouvernement pour ses subventions et on doit donc bien expliquer à tous ce qu'on veut faire. Notre originalité fait la richesse du projet mais aussi sa complexité.»

«Comme c'est un projet de développement durable, avec des volets sociaux, culturels, d'éducation, d'économie sociale, de tourisme, ça concerne plusieurs ministères en même temps et c'est plus compliqué à ficeler. Il s'agit d'un projet de développement durable pour prouver qu'une entreprise peut contribuer à créer une société plus durable. Seulement, il nous faudrait une réponse rapide du gouvernement parce que l'attente fait forcément gonfler les coûts inutilement. Le défi qu'on lance à nos dirigeants, c'est de nous montrer qu'ils sont en mesure d'accepter l'innovation, de la soutenir et de la financer même et surtout si ce sont des entrepreneurs sociaux qui ne veulent pas en privatiser tous les bénéfices.»

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