Demain, sur la scène de la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières, ils livreront une part de cette inspiration au public de leur région d'adoption, un spectacle tout simplement intitulé Sonya et Yves qui risque de rejoindre bon nombre d'adeptes du fait que les deux interprètes y présenteront une variété de genres.
Tango, swing, claquettes, jazz, danse contemporaine, c'est une courtepointe de styles que l'on découvrira au fil de cette production d'une heure, divisée en onze chorégraphies séparées par des petits textes de transition, auxquels s'ajouteront quelques vidéos où les gens devraient reconnaître certains coins familiers. «On a utilisé beaucoup la région en toile de fond», note Yves Saint-Pierre, qui a étudié en vidéos alors que sa comparse Sonya est diplômée en cinéma.
L'ensemble devrait donner un spectacle sans temps mort. «C'est un feu-roulant qui sera accessible à tout le monde. Chacun y trouvera son compte», note Yves Saint-Pierre. «On danse même sur du René Simard, sur une chorégraphie de Louise Lapierre», sourit-il, ajoutant que leurdirecteur artistique, Sylvain Poirier, était danseur sur la défunte émission «RSVP» qui était animée à l'époque par René Simard.
Dans une autre chorégraphie, le tandem évoluera sur une oeuvre de Sarah Febbraro, une dame de Chicago qui a réuni pour eux un montage de danses récupérées sur le web, pour en faire une oeuvre à part entière. «Ce sera vraiment une danse YouTube», note le tandem. «Il y aura la vidéo sur scène et on fera la danse en même temps.»
En fait, les onze danses ont été créées par onze chorégraphes différents, toutes ayant toutefois quelques dénominateurs communs, notamment celui d'aborder une réflexion sur le couple et de jeter un regard sur le métier de danseur, abordant du coup tous les clichés qui entourent ce domaine. Ce dernier aspect, ils le traitent d'ailleurs avec une pointe de dérision.
Il faut dire que Sonya Stefan et Yves Saint-Pierre en connaissent passablement sur ce métier qu'ils pratiquent depuis quelques décennies, chacun ayant dansé pour une panoplie de compagnies québécoises avant de décider, en 2009, de créer ensemble leur propre compagnie.
S'ils ne forment pas un couple dans la vie, leur amitié les lie depuis belle lurette et leur complicité les incite à poursuivre leur vie professionnelle ensemble, d'autant plus que le plaisir est toujours au rendez-vous, notent-ils dans un même souffle. «On est vraiment de grands amis dans la vie et on a le même humour. Notre complicité est organique et facile», observe Sonya.
À Trois-Rivières, on les retrouvera dans un décor aux allures d'entrepôt, garni de boîtes évoquant les souvenirs et les expériences de vie des danseurs, sans oublier la présence d'une boule disco.
Voilà quatre ans maintenant qu'ils présentent ce spectacle, ayant débuté leurs prestations davantage du côté de Montréal et ses environs. Cette année, ils ont toutefois entrepris de partager leur art à sept villes du Québec, un itinéraire qui les mènera de Sept-Îles jusqu'à Amqui en passant par Montmagny, Rivière-du-Loup, Baie-Comeau, Carleton et Trois-Rivières.