L'APAP, soit l'Association of Performing Arts Presenters, basée à Washington DC, tient à New York en janvier son Global Performing Arts Marketplace and Conference, que l'on pourrait traduire librement par une sorte de salon-exposition-congrès des arts de la scène.
Un genre de foire artistique, pour donner une autre image reliée à la notion de marché. Le violoniste Antoine Bareil a participé à une quinzaine de ces événements au cours de la dernière année, avec l'un ou l'autre des ensembles ou artistes avec qui il est associé.
Il s'est produit en minispectacles avec la soprano Marie-Josée Lord, qu'il suit présentement en tournée, ainsi qu'avec la formation Quartango. À New York du 6 au 10 janvier, il a dû préparer deux performances de 30 minutes: l'une avec sa conjointe Valérie Milot, harpiste, pour leur projet Simon & Garfunkel classique, et l'autre avec le violoncelliste Sébastien Lépine pour leur duo qui vient de lancer un second album.
Un événement comme celui de l'APAP permet aux agents et diffuseurs de spectacles de découvrir des artistes émergents et de se tenir au courant des tendances du marché. Les agences y tiennent généralement des stands dans lesquels ils peuvent présenter les artistes qu'ils représentent, souvent par le biais de matériel audiovisuel.
Puis, dans des salles dédiées à cet effet, certains artistesse produisent devant un public composé de différents acteurs «du milieu».
Les artistes en question disposent d'un temps prédéterminé pour se faire valoir et espérer séduire un diffuseur intéressé à les produire en spectacle, ou un autre gestionnaire qui les sollicitera pour un projet quelconque.
«On joue devant plein de gens. C'est ouvert au public, mais il y a des diffuseurs, d'autres agents qui viennent tâter le pouls de nouveaux artistes et voir comment se développe le marché. Les résultats peuvent prendre diverses formes et ne sont pas nécessairement instantanés», résume Antoine Bareil qui a joué dans une salle de l'American Society à New York. Comme l'événement est majeur, les salles de performances étaient disséminées à plusieurs endroits.
Il s'agit d'un investissement, pour les artistes qui participent à ce genre de rassemblements. «Plus on va loin, plus ça coûte cher. C'est comme pour les concours de solistes auxquels on participe. On espère que nos investissements rapporteront des contrats», observe le violoniste, en ajoutant que pour ce voyage-ci, le quintette qu'il forme avec Valérie Milot pour le projet Simon & Garfunkel, ainsi que son duo avec Sébastien Lépine ont obtenu une bourse de déplacement du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Pour des musiciens classiques comme ces trois Trifluviens, la nécessité de se «mettre en marché» soi-même (aidé d'une agence), est nécessaire.
«Même les artistes populaires plus connus aujourd'hui ont commencé en faisant des showcases. Mais nous, dans le milieu classique, comme on bénéficie d'un peu moins de diffusion, on risque de rester des inconnus, sauf exceptions!» fait remarquer Antoine Bareil, sans aucune amertume.
En attendant des résultats potentiels de leur séjour àNew York, Antoine Bareil et Sébastien Lépine présenteront leur concert Brouillard à la salle Anaïs-Allard-Rousseau le vendredi 27 janvier à 20 h et au Centre des arts de Shawinigan le lundi 29 janvier à 16 h.